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Deux morts à l’usine AIM de Saint-Jean : « c’est assez », déclare un député fédéral

En 7 mois, des accidents de travail ont coûté la vie à deux travailleurs.

Un homme à la pêche dans une chaloupe, souriant et tenant une bouteille de bière dans ses mains.

Darrell Richards a perdu la vie le 1er juillet 2022 dans un accident à l'usine American Iron & Metal (AIM), une usine de recyclage de fer et de métal à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

Photo : Rick Richards

Radio-Canada

Un député fédéral au Nouveau-Brunswick demande que le permis de l’usine American Iron & Metal de Saint-Jean soit suspendu, tant que l’entreprise ne pourra pas prouver qu’elle est sécuritaire.

Le 1er juillet, Darrell Richards est mort dans un accident de travail à l’usine de recyclage de métaux. En sept mois, il est le deuxième travailleur à y perdre la vie.

Depuis la dernière tragédie, l’emploi de certaines machines a été mis sur pause, mais de façon généra le travail se poursuit comme à l'habitude à l'usine AIM.

Wayne Long, le député fédéral de Saint JohnRothesay, affirme qu’il est temps que la province suspende le permis d’American Iron & Metal, jusqu’à ce que l’entreprise ait un plan pour garder les gens en sécurité.

Wayne Long entouré de caméras dans un couloir sombre du Parlement.

Le député libéral Wayne Long représente la circonscription de Saint John—Rothesay à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Assez, c’est assez. Après deux morts dans les sept derniers mois, c’est le temps qu’AIM cesse ses activités à Saint-Jean, a écrit le député libéral sur Twitter, mercredi.

À travers le monde, American Iron and Metal a plus de 90 lieux de travail et celui de Saint-Jean demeure l’un des moins sécuritaires pour les travailleurs, a-t-il poursuivi.

L’entreprise est déjà considérée comme une nuisance pour les résidents du secteur. Des explosions y surviennent régulièrement. Il y en a eu environ une quarantaine depuis 2017, selon le gouvernement provincial.

L’usine est sur un terrain qui appartient au gouvernement fédéral, mais ses activités sont soumises aux normes du gouvernement du Nouveau-Brunswick, qui a accordé un permis à AIM.

Le ministre néo-brunswickois du Travail, Trevor Holder, a indiqué qu'il a contacté Travail sécuritaire NB la semaine dernière afin d'obtenir une mise à jour et exprimer ses inquiétudes. On lui a répondu qu'une enquête était en cour et que des actions seraient prises au besoin. Il n'a pas voulu faire davantage de commentaires pour l'instant.

Travail sécuritaire NB mène les enquêtes sur tout incident en milieu de travail et est le mieux placé pour répondre à toute question liée à un incident en milieu de travail, a écrit un porte-parole du ministère, Paul Bradley, dans un courriel.

Un travailleur tué en novembre 2021

Une porte-parole de Travail sécuritaire NB, Laragh Dooley, a indiqué que les deux enquêtes en cours — sur la mort des deux travailleurs — prennent 12 mois ou plus à être complétées, et qu’aucune information ne peut être divulguée tant qu’elles ne sont pas finies.

L'usine de recyclage AIM de Saint-Jean.

L'usine AIM de Saint-Jean (archives).

Photo : CBC / Roger Cosman

Néanmoins, Laragh Dooley a donné mardi quelques détails sur l’accident mortel survenu en novembre 2021. Le travailleur qui a été tué était camionneur pour un sous-traitant venu livrer du matériel sur le site, a-t-elle écrit dans un courriel.

Il a été tué lorsqu’il a été frappé par un attachement fixé à l’extrémité du bras d’une pelle mécanique, a résumé la porte-parole. L’identité de la personne qui a perdu la vie n’a jamais été divulguée.

Un arrêt de travail n’est pas nécessaire, selon la province

Un rouleau qui sert à broyer des matières recyclables a été mis hors service après la mort de Darrell Richards, le 1er juillet. Cet engin aurait eu un rôle à jouer dans l’accident qui a coûté la vie à l’homme de 60 ans, père de trois enfants adultes.

Laragh Dooley dit que cet équipement ne sera pas utilisé tant que Travail sécuritaire NB n’aura pas déterminé qu’il est sécuritaire de le faire fonctionner. Le reste des opérations de l’usine continuent depuis.

Elle a expliqué que Travail sécuritaire n’ordonne un arrêt complet du travail lorsqu’il existe un risque partout sur les lieux, ou qu’aucun contrôle de santé et de sécurité ne sont en place. L’agence provinciale estime qu’un arrêt de travail complet à l’usine AIM n’est pas nécessaire, car ces critères ne sont pas remplis.

Lors de la mort du travailleur en novembre, le travail n’avait pas été interrompu non plus.

Manque de réponses

Shawn Gorman Wetmore, présidente du Conseil du travail du district de Saint-Jean, n’en revient pas que le travail n’ait pas été interrompu après la mort de M. Richards il y a quelques jours. Je ne comprends pas pourquoi ce bâtiment n’est pas fermé, a-t-elle déclaré.

Les travailleurs de l’usine AIM ne sont pas protégés par un syndicat. Selon Mme Wetmore, cela n’absout pas la compagnie de sa responsabilité. Elle ajoute qu’il est obligatoire d’avoir des protocoles pour protéger la santé et la sécurité sur les lieux de travail, mais que les travailleurs non syndiqués ne sont parfois pas au courant de leurs droits.

Elle estime qu’il est temps qu’AIM soit confronté à des questions sérieuses sur la sécurité à l’usine. Le public a le droit d’avoir des réponses, dit-elle.

Gerry Lowe, un conseiller municipal à Saint-Jean dans le district où l’usine est située, indique que la ville n’a pas le pouvoir d’agir, et que c’est la province qui peut faire quelque chose.

Il estime qu’il est décevant que le public ne soit informé de rien, et doive attendre la fin d’une enquête qui peut durer un an. Le public veut savoir et mérite d’avoir une réponse, a déclaré Gerry Lowe. Nous avons le droit de savoir.

Selon la porte-parole Laragh Dooley, Travail sécuritaire NB peut recommander que le ministère de la Justice dépose des accusations contre une entreprise, si elle conclut qu’elle a contrevenu à la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail, une loi provinciale.

American Iron & Metal n’a pas répondu à une demande pour commenter l’affaire.

D’après un reportage d’Hadeel Ibrahim, CBC

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