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Des trajets d’autobus annulés par manque de chauffeurs dans le Grand Montréal

D'avril à juin, le transporteur exo a été forcé d'annuler quotidiennement 90 voyages, ce qui représente 2,6 % des trajets.

Des gens sortent d'un autobus.

D'avril à juin, exo a annulé quotidiennement 90 départs d'autobus.

Photo : Radio-Canada

Les usagers qui empruntent les autobus d'exo voient parfois leurs trajets annulés en raison d'un manque de chauffeurs. L'organisme, qui gère le transport en commun dans les couronnes nord et sud de Montréal, ne parvient pas à atteindre ses propres cibles de performance.

Selon les données fournies par exo, le taux de bris de service a atteint en moyenne 2,6 % d'avril à juin. C'est donc environ 90 voyages d'autobus qui sont annulés chaque jour. Dans la majorité des cas, c'est parce qu'on ne trouve personne pour s'installer derrière le volant.

Ça atteint vraiment la qualité de vie des gens qui utilisent nos services, et ce n'est pas de gaieté de cœur qu'on vit cette situation-là d'annuler des départs au quotidien, dit la directrice exécutive engagement clients, partenaires et innovation en mobilité chez exo, Marie Hélène Cloutier.

En raison de la situation actuelle, l'organisme n'arrive pas à atteindre le taux de service de 99,6 % qu'il s'est fixé. Il a plutôt oscillé entre 97,35 % et 98,37 % au cours des derniers mois.

Des usagers rencontrés au terminus Mansfield, au centre-ville de Montréal, racontent avoir attendu l'autobus pour rien. Ce matin, il y a un trajet qui a été annulé pour moi, il a fallu que j'attende 10 minutes de plus. Ça arrive souvent, dit l'un d'entre eux.

Souvent, il faut que je me rende jusqu'à Sainte-Martine, et là, il n'y avait pas d'autobus. Ma blonde a dû venir me chercher à Châteauguay, raconte un autre.

exo tente d'avertir ses clients la veille quand un voyage est annulé par manque d'effectifs, en envoyant des alertes sur l'application mobile Chrono.

L'organisme fait affaire avec 10 sous-traitants qui exploitent 240 lignes d'autobus dans la région métropolitaine, surtout en banlieue. Chaque fois qu'ils annulent un voyage, ils doivent payer à exo une pénalité pouvant atteindre 1000 $.

Une personne consulte son téléphone mobile.

Exo tente d'avertir ses clients la veille quand un voyage est annulé par manque d'effectifs, en envoyant des alertes sur l'application mobile Chrono.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, exo tente également de les aider à recruter des chauffeurs. On leur a offert de reprendre leurs campagnes de recrutement sur nos différents sites web, et on fait également de l'affichage sur nos autobus. Ils font énormément d'efforts eux aussi, avec des primes à l'embauche, affirme Marie Hélène Cloutier.

Les conditions de travail en cause, selon les Teamsters

Selon exo, la pénurie de chauffeurs d'autobus qui commençait déjà à prendre forme avant la pandémie s'est accentuée pendant celle-ci. Alors que l'offre de transport en commun était réduite, certains chauffeurs se seraient notamment réorientés vers d'autres secteurs, comme le camionnage.

Le Syndicat des Teamsters, qui représente les chauffeurs de certains sous-traitants d'exo, estime que ce sont surtout les conditions de travail qui expliquent les difficultés de recrutement. De nombreux chauffeurs partiraient pour occuper des emplois dans les grandes sociétés de transport, comme la Société de transport de Montréal.

Ils s'en vont parce qu'ils ont des horaires coupés avec lesquels il est de plus en plus difficile de composer. Ils s'en vont évidemment parce que les salaires sont moins élevés que ce qui est payé ailleurs, dit le porte-parole des Teamsters, Stéphane Lacroix.

Les autres sociétés de transport en commun ont des conventions collectives historiques vraiment en vigueur depuis longtemps qui leur donnent des moyens que nos opérateurs n'ont pas, convient Marie Hélène Cloutier.

Faudrait-il que les sous-traitants offrent de meilleurs salaires aux chauffeurs pour concurrencer les grandes sociétés de transport? Pour nous, l'important, c'est de donner le service, donc il faut qu'on soit capables de recruter suffisamment de conducteurs pour le faire, dit-elle.

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