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Réactions mitigées dans la région après l’achat de Résolu

L'usine de Produits forestiers Résolu à Saint-Félicien

L'usine de Produits forestiers Résolu à Saint-Félicien.

Photo : Radio-Canada / MIreille Chayer

Radio-Canada

Les réactions se multiplient au Saguenay-Lac-Saint-Jean à la suite de l'achat de Produits forestiers Résolu (PFR) par Domtar dont la transaction évaluée à 3,5 milliards de dollars canadiens a été dévoilée mardi matin.

La moitié des employés de PFR au Québec, soit environ 2000, sont basés dans les installations du Saguenay-Lac-Saint-Jean où l’industrie forestière occupe une place importante dans l’économie. L’entreprise compte six scieries, quatre usines de pâtes et papiers et sept barrages hydroélectriques dans la région.

Le directeur principal des affaires publiques et des relations gouvernementales chez Résolu, Louis Bouchard, soutient que l’entreprise poursuivra sa croissance sous la même entité et qu’elle continuera d’opérer dans les régions où elle est déjà présente, ce qui signifie que les employés n’ont pas à s’inquiéter pour leur avenir au sein de l’entreprise. L’équipe de direction demeurera également en place.

« On va poursuivre les opérations comme elles le sont actuellement. Résolu va continuer d’opérer sous la bannière Résolu, alors c’est un changement dans la continuité. »

— Une citation de  Louis Bouchard, directeur principal des affaires publiques et des relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu

Vice-président du conseil et chef de la stratégie du Groupe Papier Excellence, qui est propriétaire de Domtar, Patrick Loulou a d'ailleurs confirmé que le nouvel acquéreur conservera les acquis de Résolu dans la province. Les actionnaires de PFR devront voter cet automne pour autoriser la transaction. Selon M. Loulou, l'approvisionnement en bois d'œuvre au Québec et en Ontario est plus facile qu'en Colombie-Britannique à l'heure actuelle.

Pour nous, c'est une opportunité en or de se diversifier dans le segment du bois d'œuvre. On croit fortement dans les perspectives à moyen et long terme du bois d'œuvre. On croit qu'il y a présentement un déficit de résidences en Amérique du Nord de l'ordre de 4,5 millions, juste pour rencontrer la demande actuelle. On croit que les perspectives du futur du bois d'œuvre vont être très bonnes, a assuré Patrick Loulou en entrevue à RDI.

Louis Bouchard.

Louis Bouchard est directeur des affaires publiques et des relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu.

Photo : Produits forestiers Résolu

Le directeur économique au Conseil de l'industrie forestière du Québec, Michel Vincent, a été surpris, mais il voit la nouvelle comme positive. Selon lui, ce rachat cadre parfaitement avec la stratégie de développement de Domtar.

On doit se réjouir autant pour l’industrie que pour les travailleurs. Vous savez, ces actifs-là de Résolu, présentement, ils sont en opération et le fait qu’une autre entreprise s’y intéresse, ce n'est pas pour les fermer, mais pour les faire fonctionner et pour investir dedans. Éventuellement, des produits pourraient être convertis vers d’autres choses qui sont plus dans leur activité principale, a-t-il indiqué.

Inquiétudes à Dolbeau-Mistassini et à Jonquière

La transaction ne fait cependant pas que des heureux dans la région. Le maire de Dolbeau-Mistassini, André Guy, où PFR a une usine et une scierie, craint l'éloignement du pouvoir décisionnel. Le siège social de Groupe Papier Excellence est situé à Richmond, en banlieue de Vancouver.

Le grand boss de toute cette transaction-là , c’est le Groupe Papier Excellence dont le siège social est à Vancouver. C’est donc plutôt ma crainte de voir qu’on s’éloigne du poste décisionnel, a soutenu le maire de Dolbeau-Mistassini.

Une usine vue de l'autre rive d'une rivière.

La scierie de Produits forestiers Résolu (PFR) à Dolbeau-Mistassini est située le long de la rivière Mistassini.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, partage des inquiétudes semblables et accueille cette vente avec méfiance. L’usine de Kénogami se trouve dans sa circonscription.

Sylvain Gaudreault rappelle que PFR s'est engagé à investir 100 millions de dollars d'ici 2031 et à produire des études pour moderniser ses usines de Kénogami et d'Alma en 2023 lorsqu'elle a signé un nouveau bail pour ses centrales hydroélectriques de la rivière Shipshaw.

Portrait de Sylvain Gaudreault.

Sylvain Gaudreault, député de Jonquière

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

S'il apprécie que le Groupe Papier Excellence et sa filiale Domtar s'engagent à respecter ces engagements, Sylvain Gaudreault demande au gouvernement du Québec de surveiller la situation de près.

À l’usine de Kénogami, on a assisté à la fermeture d’une machine à papier, la numéro six, en 2011. Il nous reste une machine à papier. Si on regarde, depuis les 20 dernières années, c’est une diminution sans cesse des emplois et pourtant la compagnie dispose d’un privilège, soit celui d’utiliser les ressources hydrauliques de la rivière Shisphaw, a noté le député péquiste.

Un syndicat se réjouit

Pour le vice-président du Syndicat national des travailleurs et travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami, François Gagnon, cette transaction semble, à première vue, être un pas dans la bonne direction pour l’avenir.

Ça a l’air très positif. Chez les travailleurs, on voit les investissements qu’ils veulent faire très positivement. C’est une stratégie d’agrandissement rapide. Ils veulent des investissements et garder nos emplois, a réagi le représentant du syndicat.

Avec des informations de Louis Martineau et de Gilles Munger

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