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Un policier de la GRC accusé après une arrestation musclée à Campbellton

Un agent de la GRC semble frapper un homme plaqué au sol lors d'une arrestation.

Un agent de la GRC a été filmé lors d'une arrestation, en juillet 2021, à Campbellton au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : (Facebook)

Radio-Canada

Une accusation criminelle a été déposée contre un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Pierrick Caron, à la suite d’une arrestation musclée survenue à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, en juillet 2021.

Il a été accusé de voies de fait.

En juillet 2021, une vidéo montrant un agent de la GRC donner plusieurs coups de poing à un homme retenu au sol par un troisième individu a enflammé les réseaux sociaux. Quelques jours plus tard, une manifestation contre la brutalité policière avait été organisée par des citoyens en colère.

Depuis l'événement, Pierrick Caron est affecté à des tâches administratives. La GRC confirme qu'il est encore à l'emploi de la force policière.

Il devra comparaître devant la Cour provinciale à Campbellton le 25 juillet.

Le Bureau des enquêtes indépendantes du Québec (BEI) avait mené une enquête et a remis son rapport à la province environ un mois plus tard.

Les éléments de preuve recueillis lors de l’enquête ont fourni des motifs raisonnables de conclure qu’une infraction avait été commise. Après avoir étudié le rapport remis par le [BEI], la Direction des services des poursuites publiques a déterminé que la preuve justifiait une poursuite judiciaire, peut-on lire dans un communiqué de presse du ministère de la Justice et de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick mercredi après-midi.

Rare accusation contre un policier

Le professeur de criminologie et de justice pénale à l’université Saint-Thomas de Fredericton, Jean Sauvageau, rappelle qu’il y a une dizaine d’années, on ne voyait presque jamais d’accusations criminelles portées contre des policiers dans la province.

Selon lui, c’est signe qu’il y a eu une certaine évolution dans les dernières années : les autorités seraient davantage prêtes à enquêter sur le travail des policiers.

Jean Sauvageau en entrevue dans son bureau.

Jean Sauvageau, professeur de criminologie et de justice pénale à l'Université Saint-Thomas.

Photo : Radio-Canada

Je pense qu’avec le temps qui passe, les sensibilités changent, avance-t-il. On est plus prêt à enquêter de façon plus poussée et à porter un regard plus neutre sur ce qui s’est passé et d’aller jusqu’aux accusations.

Le criminologue souligne qu’il faudra néanmoins attendre de voir ce qui arrivera lors du procès.

« C’est toujours une chose d’être accusé, ça en reste toujours une autre d’être trouvé coupable. »

— Une citation de  Jean Sauvageau, professeur de criminologie et justice pénale à l’université Saint-Thomas

On a vu des policiers commettre des gestes pas mal plus sérieux […] pour lesquelles ça ne s’est terminé même parfois avec aucune accusation, dit-il en citant en exemple l’affaire Chantel Moore.

Dans le cas de l’affaire Pierrick Caron, les autorités n’en sont qu’au début des procédures.

Reste à voir […] qu’est ce qui va arriver au procès et quelles sont les chances qu’un policier soit trouvé coupable au criminel dans les circonstances qu’on connaît, conclut Jean Sauvageau.

Avec des informations de Sarah Déry

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