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Un nouveau balado sur Africville ravive la lutte pour la reconquête des terres

Les deux jeunes hommes sont assis dans un studio d'enregistrement.

Les co-animateurs Alfred Burgesson et Edward Carvery III ont créé le balado Africville Forever.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Radio-Canada

Un nouveau balado sur l'une des anciennes communautés noires d'Halifax s'intéresse aux gens qui se battent pour que les terres d'Africville reviennent à ses descendants.

Alfred Burgesson et Eddy Carvery III sont à l’origine de la série en cinq parties, intitulée Africville Forever.

La série raconte l'histoire d'Africville et fait découvrir aux auditeurs quelques-unes des personnalités qui se sont battues pour la reconnaissance de la communauté au cours des dernières décennies.

On s'est dit qu'en tant que nouvelle génération, il fallait trouver un moyen de transformer cette histoire en quelque chose de pertinent pour les auditeurs d’aujourd’hui, explique Eddy Carvery III.

L'histoire de la communauté

Africville était une communauté à prédominance noire d'environ 400 habitants, située à l'extrémité nord de la péninsule d'Halifax.

Selon les données de la ville, la communauté a été officiellement colonisée par William Brown et William Arnold lorsqu'ils ont acheté le terrain dans les années 1840.

Une image d'archives de la communauté détruite.

Africville était considéré comme une communauté prospère avec une école, une église et des magasins. Par contre, la communauté n'avait pas d'accès à l'eau potable ni de système d'égouts.

Photo : Gracieuseté : Université Mount Saint Vincent

Africville avait son école, son église et plusieurs commerces. Mais la communauté n’avait pas de systèmes d'égouts et d'accès à l'eau potable. À la fin des années 1940, le secteur a été désigné comme terrain industriel, ce qui a mené à la construction d'un hôpital pour maladies infectieuses et d'une prison dans la communauté. La décharge municipale a également été déplacée près d'Africville dans les années 1950.

Au milieu des années 60, la ville a acheté le terrain, et déplacé les résidents d'Africville vers des endroits à Halifax. Elle a ensuite détruit ce qui restait d’Africville.

Aujourd’hui, Africville est un grand parc et un musée dans une réplique d'église.

Ravivez la flamme

Au cours de la série, les deux animateurs parlent à des militants, dont le grand-père de Eddie Carvery III, Eddie Carvery, un militant des droits civiques qui continue de manifester aujourd’hui de son autocaravane sur les anciennes terres d'Africville.

L'illustration du balado a été créée par une artiste basée à Halifax, dont la grand-mère vivait à Africville. Vanessa Thomas a voulu montrer la lutte de la communauté dans le passé et l'espoir pour l'avenir à travers son art.

L'artiste tient une image de son oeuvre colorée.

L'artiste Vanessa Thomas, a créée l'œuvre pour le balado.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

L'église d'Africville est le point central de la pièce.

J'ai l'impression que pour la plupart des communautés noires de la Nouvelle-Écosse, l'église est le centre des communautés, dit-elle. C’est là que les gens vivent leurs joies et leurs chagrins.

Puis de chaque côté de l'église, il y a des illustrations abstraites. Un côté représente la lutte pour la justice tandis que l'autre représente la force de la communauté.

Vanessa Thomas est honorée de faire partie du projet. Elle croit que le balado va permettre de diffuser l'histoire d'Africville au-delà de la Nouvelle-Écosse et même du Canada.

Alfred Burgesson est du même avis.

Les gens ont souvent tendance à parler d'Africville comme quelque chose du passé, et nous voulions avoir ce balado pour en parler dans le passé, mais aussi dans le présent et le futur, dit-il.

Inspirer à l'action

En plus du balado, les deux jeunes animateurs veulent lancer un processus de vision communautaire pour Africville qui permettra aux anciens résidents et descendants de partager leurs réflexions sur ce à quoi pourrait ressembler un nouvel Africville.

Affiche à l'entrée du quartier d'Africville.

Les deux animateurs du balado souhaitent que les descendants de la communauté partagent leur vision pour l'avenir d'Africville.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

En attendant, ils espèrent que beaucoup de gens vont prendre la peine d’écouter et que ça va encourager les Haligoniens à tenir Halifax responsable d'apporter de réels changements dans la vie des descendants de la communauté.

J'espère que les gens comprendront qu'il est possible d'entendre ces histoires pour que chaque individu soit un catalyseur de changement, dit Eddie Carvery III.

Alfred Burgesson croit aussi que l'histoire d'Africville et de ses défenseurs reflète une histoire plus large de racisme auquel les Noirs au Canada continuent de faire face.

Les Afro-Néo-Écossais et les Noirs d'Africville ont été privés de leurs terres et ça a eu des impacts sur des générations d'Afro-Néo-Écossais, dit-il.

Ce n'est pas une histoire qui appartient au passé, c'est quelque chose que nous pouvons encore changer.

Avec les informations de Danielle Edwards·de CBC

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