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Les fermes verticales, une solution à la perte de terres agricoles en Ontario?

Lenny Louis regarde une rangée de pousses dans sa ferme.

Lenny Louis est le PDG de Vision Greens, qui gère une installation agricole verticale à Welland, en Ontario, et envisage de s'étendre dans tout le pays.

Photo : CBC/Laura Pedersen

Radio-Canada

Alors que l’Ontario perd des terres arables à un rythme effréné, des producteurs agricoles en méthode verticale et un expert discutent de la valeur qu’offre cette technique et de l’ampleur qu’elle est capable ou non de prendre.

L'agriculture verticale est définie comme la culture de végétaux en intérieur dans une formation empilée et un environnement contrôlé.

La ferme Vision Greens, située à Welland, surprend les visiteurs par la quantité de produits qui sort de ce bâtiment condensé de deux étages, selon son propriétaire Lenny Louis.

À l’intérieur, les rangées empilées de laitue, de roquette et de basilic poussent 365 jours par an et, selon M. Louis, les produits parcourent moins de 200 km jusqu'aux consommateurs.

Nous utilisons 5 % des terres de l'agriculture traditionnelle, déclare-t-il.

Vision Greens est équipée pour cultiver 700 000 livres (environ 315 tonnes) de nourriture par an et ses produits peuvent être sur les étals dans les 24 heures suivant la récolte.

Lenny Louis admet qu'il existe encore des produits que les fermes verticales ne peuvent pas cultiver, mais il pense que cette technique représente une bonne partie de l'avenir de l'industrie alimentaire.

C'est l'évolution de l'agriculture, expose-t-il.

Il s'agit de sécurité et de durabilité alimentaires, ce dont nous avons besoin en tant que Canadiens, décrit-il, ajoutant que ses plantes sont cultivées sans pesticides ni herbicides. Ce ne sont pas non plus des organismes génétiquement modifiés, dit-il.

Les données du Recensement de l'agriculture de 2021 montrent que l'Ontario perd 319 acres de terres agricoles par jour, ce qui équivaut à la perte d'une ferme familiale moyenne. La province dit qu'elle encourage les municipalités à travailler avec le gouvernement de l'Ontario pour protéger les terres agricoles vitales.

La Fédération de l'agriculture de l'Ontario fait pression pour une plus grande protection des terres agricoles et affirme que les bâtiments ne peuvent pas remplacer la production et les avantages environnementaux des fermes traditionnelles. Ceux qui exploitent des fermes verticales disent qu'ils pourraient faire partie de la solution.

C'est efficace, non seulement parce que nous pouvons prendre un espace minimal et le rendre plus productif qu'une seule assise de ferme, mais aussi parce que nous sommes capables de contrôler l'environnement pour maximiser le potentiel de croissance de n'importe quelle plante, affirme Shane Jones, gestionnaire de ferme au Centre Barrett d’innovation en agriculture durable urbaine au Collège Durham à Oshawa, à l'est de Toronto.

Shane Jones fixe l'objectif.

Shane Jones est le gestionnaire agricole du Centre Barrett d’innovation en agriculture durable urbaine au Collège Durham.

Photo : CBC/Laura Pedersen

Selon lui, les agriculteurs verticaux donnent aux cultures la recette exacte de la lumière du soleil, les nutriments exacts et élèvent le dioxyde de carbone à un point où les plantes peuvent être super efficaces.

Bien que les coûts et la technologie dans cette industrie ont encore du chemin à parcourir, il y a des avantages à ramener l'agriculture dans les espaces urbains, assure-t-il.

En une semaine, nous pouvons produire 700 laitues qui entrent dans notre production, notre programme culinaire et nos programmes de boîtes alimentaires, a-t-il déclaré.

Derrik Stevenson, qui dirige une ferme verticale à Oshawa appelée Mighty Harvest, affirme que la pandémie a mis en lumière la dépendance du Canada aux produits importés.

Au milieu de la COVID, il y avait évidemment beaucoup de défis avec les chaînes d'approvisionnement, a déclaré M. Stevenson. Il dit qu'il a fondé Mighty Harvest pour faire pousser des légumes plus près de chez lui.

Les légumes en feuille ont une durée de conservation très courte, donc le produit expédié de Californie, au moment où il arrive ici, ne peut rester que quelques jours dans votre réfrigérateur.

Des rangées de légumes verts sous une lumière violette.

Une sélection de légumes verts poussent à la ferme verticale de Mighty Harvest, à Oshawa.

Photo : CBC/Laura Pedersen

M. Stevenson dit qu'il s'agit d'une entreprise énergivore utilisant la technologie LED pour reproduire la lumière du soleil. C'est là que le coût entre en jeu. Des subventions gouvernementales, à l’image de certaines qui existent pour les secteurs agricoles, pourraient rendre les produits issus de fermes verticales compétitifs, pense-t-il.

Dans une déclaration écrite, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales indique qu'il travaille avec le secteur de l'agriculture verticale pour apporter un soutien dans des domaines tels que les problèmes de production et de lutte antiparasitaire, la diversification des cultures et les nouvelles technologies.

Le ministère affirme qu'il finance également des recherches conçues pour fournir aux agriculteurs verticaux une meilleure compréhension des cultures qui seraient les meilleures pour le marché intérieur.

La Fédération de l'agriculture de l'Ontario dit être très préoccupée par le grignotage progressif des terres agricoles, mais son directeur général, Crispin Colvin, refuse de voir l’agriculture verticale comme une solution viable, principalement à cause de son aspect énergivore.

Portrait de Crispin Colvin.
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Crispin Colvin, directeur général de la Fédération de l'agriculture de l'Ontario, affirme que les fermes verticales ne peuvent pas remplacer les terres agricoles traditionnelles.

Photo : Photo soumise par la Fédération de l'agriculture de l'Ontario

C'est à petite échelle en ce moment. La technologie n'a pas évolué. Il faut aussi tenir compte des municipalités urbaines qui exigent des règlements de zonage.

Selon lui, les fermes verticales présentent certains avantages en matière de croissance locale, mais elles ne peuvent pas atteindre l’échelle de ce que fait l'agriculture classique.

Ça ne remplacera jamais la perte de terres agricoles. La solution est de protéger nos terres. C'est la solution ultime.

Lenny Louis, de Vision Greens, croit pourtant que les deux méthodes ont une place dans l'avenir de l'alimentation.

Il y aura toujours des occasions pour les serres et l'agriculture traditionnelle, avance-t-il.

Je ne pense pas que l'agriculture verticale est la seule chose sur laquelle nous devrions compter, mais je crois que vous verrez une grande transition vers ce type d'agriculture, car nous perdons beaucoup de terres arables.

Avec les informations de Talia Ricci et Laura Pedersen, CBC

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