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L’urgence de l’hôpital de Red Lake évite une deuxième fermeture de justesse

Des panneaux à l'entrée d'un hôpital.

L'entrée de l'hôpital Margaret Cochenour de Red Lake

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Radio-Canada

L'hôpital Margaret Cochenour de Red Lake, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, a trouvé un moyen d’éviter de fermer sa salle d'urgence pour la deuxième fois cette année en raison d'une pénurie de médecins.

C’est sérieux parce que nous sommes dans une zone assez isolée, à plus de deux heures du prochain hôpital, avait déclaré en matinée la PDG de l’hôpital, Sue LeBeau, alors que la fermeture était toujours prévue, au micro de Frédéric Projean à l'émission Le matin du Nord.

Elle est venue à bout de trouver un médecin mercredi après-midi pour remplir le quart de travail de 20 h jeudi soir à 8 h vendredi matin. Sans cette solution de dernière minute, l’hôpital n’aurait eu d’autre choix que de fermer l’urgence pour la soirée. 

Une femme sourit.

Sue LeBeau, PDG de l'hôpital de Red Lake

Photo : Radio-Canada

Mme LeBeau indique cependant qu’il y aura des risques de fermeture dans quelques semaines et durant tout le mois d’août.

L’hôpital avait fermé sa salle d’urgence pendant une période de 24 heures au mois de mars.

Les urgences touchées à plusieurs niveaux

Mme Lebeau est d’avis que cette pénurie va causer d’autres fermetures de salles d’urgence et que celle de Red Lake pourrait devoir fermer à nouveau au cours de l’été. Elle souligne que les hôpitaux ruraux ou éloignés font face à certains défis supplémentaires pour attirer des médecins suppléants.

Ce n’est pas facile de voyager à des endroits comme Red Lake. C’est loin, ça prend du temps et on n’est pas rémunéré comme médecin [pour les journées de voyage], souligne-t-elle.

À Hearst, l’urgence de l’hôpital Notre-Dame a presque fermé en raison des délais dans les aéroports des grands centres, qui ralentissent les déplacements des médecins qui l’appuient. Un médecin de l’extérieur qui devait quitter la région le 30 juin a accepté de travailler une journée de plus en attendant l'arrivée de son remplaçant.

Mélanie Goulet en entrevue.

Mélanie Goulet a elle-même été victime des retards dans les aéroports au cours de la dernière semaine.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

C’est ce qui est arrivé la fin de semaine passée. Des vols ont été annulés à Toronto, donc un médecin de Montréal n' a pu se rendre à Hearst à temps pour le quart de travail, raconte la coordonnatrice du recrutement des professionnels de la santé à l’Hôpital Notre-Dame, Mélanie Goulet.

L’hôpital s’attendait à de tels problèmes cet été et fait de son mieux pour assurer la présence d’un médecin chaque jour. Mme Goulet indique que, pour l’instant, il y a seulement une semaine complète à la fin d'août qui n’est pas remplie.

La pression de la pénurie

Faute de pouvoir assurer la présence d’un médecin avec suffisamment de préavis, l’hôpital de Red Lake va explorer la possibilité de travailler de façon virtuelle avec un médecin de salle d’urgence d’ailleurs pour donner une pause à ses médecins.

« Ils se sentent coupables de prendre congé. Pourtant, ils ont besoin de repos eux aussi. C’est une source de stress pour notre communauté et notre personnel. »

— Une citation de  Sue LeBeau, PDG de l’hôpital de Red Lake

La PDG ajoute que l’hôpital envisage la mise en place d’infirmières-praticiennes pour tenter de réduire la tâche des médecins, afin de leur permettre de couvrir des quarts de travail supplémentaires.

Selon Mélanie Goulet, la pénurie de professionnels de la santé impose un énorme stress à un hôpital. Ceux qui travaillent à l’urgence et les médecins locaux le ressentent.

J’ai fait quelques conférences; on se déplace pour aller rencontrer des médecins. On envoie des courriels aux nouveaux diplômés pour les inviter dans notre communauté, mais on est en compétition contre tous les autres hôpitaux et même toutes les autres communautés au Canada, explique Mme Goulet.

Elle affirme que le programme du ministère de la Santé visant à remplir des quarts de travail dans les hôpitaux qui en ont besoin nous sauve en l’absence de solutions plus permanentes.

Avec les informations de Frédéric Projean et d'Aya Dufour

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