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Collision de l’Apollo à Matane : des lacunes dans la gestion de la sécurité

Le traversier Apollo, endommagé, au quai de Matane alors qu'on voit un panneau d'arrêt en avant-plan.

Le traversier Apollo quelques jours après sa collision au quai de Matane (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel-Félix Tremblay

Un fil électrique cassé est à l'origine de la collision du navire Apollo avec le quai de Matane survenue le 16 mars 2019. C'est ce que conclut le Bureau de la sécurité des transports (BST) dans un rapport qui révèle également d'importantes lacunes de sécurité.

Selon le BST, les manœuvres qu'a tenté de faire le capitaine pour accoster au quai se sont avérées infructueuses puisque le propulseur d'étrave du navire ne répondait pas aux commandes en raison du fil brisé.

Lorsque le navire a embouti le quai, 94 personnes étaient à bord.

Le rapport souligne que l'Apollo était un navire vieillissant et que la Société des traversiers du Québec (STQ) en a fait l'acquisition sans effectuer d'inspection au préalable.

La coque d'un navire perforée.

Le navire Apollo a subi d'importants dommages lors de l'accident survenu au quai de Matane.

Photo : Bureau de la sécurité des transports

Lorsqu'ils ont pris possession du navire, les officiers de la STQ ont cependant signalé à leur employeur qu'ils avaient des préoccupations quant à l’état du navire, indiquant que ce dernier n’était pas en bon état de navigabilité et que son exploitation représentait un danger. Ils ont également signalé que les systèmes de détection, d’alarme et d’extinction d’incendie du navire n’étaient pas fiables, peut-on lire dans le rapport du BST.

Un certain nombre de réparations ont ensuite été faites, mais, poussée par les pressions pour rétablir le service de traversier, la STQ a choisi d'utiliser le navire, même si ces réparations n'étaient pas achevées.

« Aucune évaluation des risques n’a été entreprise; par conséquent, l’Apollo a été mis en service sans effectuer un repérage adéquat des dangers ni une évaluation des risques connexes. »

— Une citation de  Extrait du rapport d'enquête du Bureau de la sécurité des transports

Le navire avait toutefois été inspecté par Bureau Veritas, un organisme reconnu par Transports Canada. Le Ministère avait la responsabilité de surveiller la conformité du navire et de superviser le travail de Bureau Veritas, mais la surveillance n’a pas été suffisante. Le rapport fait bien mention que Transports Canada et l'organisme reconnu n'ont pas fait leur travail, affirme la gestionnaire aux opérations régionales du BST, Line Laroche.

« Ce qui n'était pas normal, c'était la quantité de choses qui n'étaient pas correctes sur ce navire-là, qui était certifié et classé. [...] Les enquêteurs sont restés surpris, lorsqu'ils sont embarqués, de voir l'état du navire. »

— Une citation de  Line Laroche, gestionnaire aux opérations régionales du BST

Un dossier qui a fait mûrir la Société des traversiers du Québec

De son côté, la STQ affirme avoir lu le rapport du Bureau de la sécurité des transports et précise que plusieurs des éléments qui s'y trouvent avaient été identifiés au terme de l'enquête menée par ses propres employés. La STQ rappelle que l'Apollo a été retiré de sa flotte à la suite de l'accident du 16 mars.

Il est assuré que ce dossier a fait mûrir notre organisation et les leçons apprises font maintenant partie de la culture de la STQ. L’achat du NM Saaremaa I cité dans le rapport est un bon exemple, peut-on lire dans un courriel de l'organisation, qui n'a pas souhaité commenter davantage.

La sécurité, une « priorité absolue » de Transports Canada

Transports Canada a également réagi par courriel. Le ministère indique qu’il a procédé aux inspections requises et s’est assuré que les déficiences étaient corrigées avant de permettre la mise en service initiale du navire NM Apollo.

Transports Canada rappelle que la sécurité des transports est sa priorité.

L'Apollo a effectué les traversées entre Matane et la Côte-Nord pendant environ un mois, soit du 14 février au 16 mars 2019, en l'absence du F.-A.-Gauthier. Son acquisition et sa réparation ont coûté 3,8 millions de dollars aux contribuables québécois. Le navire a percuté des quais à deux reprises, soit une fois à Godbout et une fois à Matane.

Avec la collaboration d'Isabelle Damphousse

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