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L’UE approuve la classification du gaz et du nucléaire comme énergies « vertes »

Deux cheminées d'une centrale nucléaire émettent des fumées blanches.

Centrale nucléaire du Tricastin, à Bollène, en France

Photo : Getty Images / Jeff Pachoud / AFP

Agence France-Presse

Les membres de l’Union européenne (UE) ont approuvé mercredi la classification du gaz et du nucléaire comme sources d’énergies « vertes », les reconnaissant ainsi comme nécessaires dans la lutte contre les changements climatiques.

Un document controversé présenté en janvier par la Commission européenne proposait un système de classification pour définir ce qui compte comme un investissement dans l'énergie durable, comme la production d'électricité dans des centrales nucléaires – qui n'émettent pas de CO2 – ou des centrales au gaz.

Ces dernières doivent toutefois mobiliser les technologies les plus avancées, ce qui permettrait de fermer des centrales à charbon plus polluantes.

L'adoption de cette classification permet la mobilisation de fonds privés dans ces projets, jusqu'ici réservée aux énergies renouvelables. Elle s'inscrit dans l'objectif de neutralité carbone de l'UE fixée en 2050.

Réunis mercredi en session plénière à Strasbourg, les députés européens ont adopté le texte, rejetant une proposition de veto avec une majorité de 328 voix. L'objection a recueilli 278 voix. Une majorité absolue de 353 voix était requise pour bloquer le texte de la Commission.

Le feu vert des États membres étant déjà acquis, les opposants au projet ont déjà annoncé qu'ils lanceraient une procédure en justice, seul moyen désormais disponible pour bloquer l'initiative.

Je vous demande de ne pas rejeter ce fragile compromis négocié avec précaution, a toutefois demandé mercredi matin le premier ministre tchèque Petr Fiala, dont le pays vient de reprendre à la France la présidence tournante de l'UE.

« L'énergie nucléaire et le gaz provenant de pays sûrs seront les seuls moyens pour certains États membres d'atteindre nos objectifs climatiques communs dans les années à venir. »

— Une citation de  Petr Fiala, premier ministre de la République tchèque

Colère chez les écologistes

La reconnaissance de la contribution du gaz et du nucléaire à la lutte contre le changement climatique, en s'appuyant sur la base de rapports d'experts, a suscité la colère d'organisations écologistes qui dénoncent une mascarade écologique (« greenwashing »).

Lors des premiers rassemblements d'opposants au projet qui ont eu lieu mardi, le Néerlandais Bas Eickhout, membre de la gauche verte, avait alors lancé : comment pouvons-nous demander aux autres pays de réduire leur utilisation des énergies fossiles si nous les classifions comme vertes?

Mercredi matin, quelques dizaines de militants « pro » et « anti » nucléaire ont manifesté face à face afin d'interpeller les députés à leur arrivée au Parlement européen.

Les membres se prononçaient mercredi sur une proposition d'objection, précédemment adoptée le 14 juin par les commissions parlementaires Affaires économiques et Environnement, synonyme de veto contre le texte de l'exécutif européen.

Personne ne dit que le gaz et le nucléaire sont des énergies vertes, mais elles sont temporairement indispensables à la transition. Nous devons utiliser tous les outils pour nous passer en priorité du pétrole et du charbon, avait alors souligné le député français français Gilles Boyer.

La commissaire aux Services financiers Mairead McGuinness, venue défendre son texte à Strasbourg, a quant à elle soutenu que la nouvelle taxonomie de l'UE donne la priorité aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique.

L'exécutif européen concède que les énergies renouvelables ne pourront pas à elles seules répondre à la demande croissante d'électricité en raison de leur production intermittente.

D'où le besoin, au moins à titre transitoire, de favoriser aussi l'investissement dans des moyens stables et pilotables comme le gaz et le nucléaire.

Seuls huit pays, dont l'Allemagne, l'Autriche et le Luxembourg, avaient exprimé leur opposition à la classification verte donnée au gaz et au nucléaire lors de consultations menées par la présidence française du Conseil de l'UE, loin de la super-majorité de 20 pays nécessaire pour bloquer le projet.

La France, qui veut relancer sa filière nucléaire, et des pays d'Europe centrale comme la Pologne, qui doivent remplacer leurs centrales à charbon, sont derrière la Commission.

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