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Le Canada se prépare à jeter 13,6 millions de doses du vaccin d’AstraZeneca

Une fiole contenant le vaccin d'AstraZeneca.

Le vaccin d'AstraZeneca a cessé d'être utilisé au Canada au bout de quatre mois.

Photo : Associated Press / Christophe Ena

La Presse canadienne

Le Canada est sur le point de jeter plus de la moitié de ses doses du vaccin d'AstraZeneca-Oxford contre la COVID-19, car elles n'ont trouvé aucun preneur, ni au Canada ni à l'étranger.

Ottawa n'a pas non plus encore expliqué comment il prévoit de gérer les millions de doses des vaccins Novavax et Medicago qu'il a achetés, mais qu'il est peu probable qu'il utilise lui-même.

Une déclaration de Santé Canada indique que 13,6 millions de doses du vaccin ont expiré au printemps et seront jetées.

Le Canada avait signé un contrat avec AstraZeneca en 2020 pour obtenir 20 millions de doses, et 2,3 millions de Canadiens ont reçu au moins une dose de celui-ci, principalement entre mars et juin 2021.

Au printemps 2021, à la suite d'inquiétudes concernant des caillots sanguins rares, mais potentiellement mortels provenant d'AstraZeneca et d'un approvisionnement plus important en vaccins à ARN de Pfizer-BioNTech et Moderna, le Canada a cessé de faire appel à AstraZeneca.

Il y a un an, Ottawa avait annoncé qu'il ferait don de 17,7 millions de doses du vaccin d'AstraZeneca à des pays à faible revenu.

Dans une déclaration envoyée par courriel, Santé Canada a indiqué que « le Canada a fait tout son possible » pour tenir cette promesse, mais 13,6 millions de doses réservées à cette fin ont expiré.

Au 22 juin, près de 9 millions de doses avaient été livrées à 21 pays.

La demande pour le vaccin d'AstraZeneca est toutefois limitée selon Santé Canada, qui n'a pas été en mesure de trouver plus de preneurs pour les doses disponibles.

« En raison de la demande limitée de vaccins et des difficultés rencontrées par les pays bénéficiaires en matière de distribution et d'absorption, ils n'ont pas été acceptés. »

— Une citation de  Santé Canada

Des dons pour tenir des promesses

Le Dr Bruce Aylward, spécialiste des maladies infectieuses originaire de Saint-Jean de Terre-Neuve et maintenant conseiller principal auprès du chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a déclaré à La Presse canadienne dans une récente entrevue que le manque de confiance du Canada envers AstraZeneca a contribué à la réticence à la vaccination à l'échelle mondiale.

Il a mentionné que des pays comme le Canada avaient d'abord accumulé tous les vaccins, puis avaient rejeté AstraZeneca et l'avaient offert aux pays à faible revenu pour tenir leurs promesses de dons. Souvent, ces dons ont été effectués en grande quantité à l'approche de leur date d'expiration.

Une surabondance de doses d'un vaccin que les gens hésitaient à se procurer dans des pays ne disposant pas du personnel de santé et de l'infrastructure nécessaires pour mener une campagne de vaccination rapide et complexe était la situation parfaite pour le rejet et la péremption.

« Ils ont rendu incroyablement difficile pour les dirigeants politiques des pays à faible revenu d'obtenir une couverture vaccinale. »

— Une citation de  Dr Bruce Aylward, spécialiste des maladies infectieuses
Gros plan de Bruce Aylward qui ajuste ses lunettes.

Bruce Aylward, lors d'une conférence de presse de l'Organisation mondiale de la santé sur le virus Zika, en juin 2016. Il était alors responsable des programmes sanitaires d'urgence de l'OMS.

Photo : Getty Images / AFP/FABRICE COFFRINI

Environ 85 % des Canadiens sont considérés comme complètement vaccinés, comparativement à 61 % de la population mondiale et à seulement 16 % des personnes vivant dans les pays les plus pauvres.

Le responsable de la politique médicale et du plaidoyer pour Médecins sans frontières au Canada, Adam Houston, a dit qu' il est « extrêmement décevant » que les 75 % de doses d'AstraZeneca que le Canada a promis de donner soient jetées.

Cela souligne combien les vaccins dans les communiqués de presse ne se traduisent pas par des vaccins dans les bras, a déclaré M. Houston.

Aujourd'hui, l'approvisionnement mondial en vaccins n'est plus le principal problème, poursuit-il. Mais il y a un an, il l'était absolument.

« Si les actions des pays comme le Canada avaient été à la hauteur de leur discours sur l'équité en matière de vaccins dès le début de la pandémie, moins de vaccins auraient été gaspillés. Et plus important encore, plus de vies auraient été sauvées. »

— Une citation de  Adam Houston, Médecins sans frontières Canada

Le Canada a également promis de donner 10 millions de doses de chacun des vaccins Johnson & Johnson et Moderna. Le premier a connu des problèmes de production, et le Canada n'a pas donné de ce vaccin.

Le Canada a également fait don de 6,1 millions de doses du vaccin de Moderna sur les 10 millions de doses promises, mais il a jeté 1,2 million de doses de ce vaccin.

Mécontentement du NPD

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de santé, Don Davies, a dit qu'il était « inacceptable » que des doses expirent alors que des millions de personnes n'ont toujours pas reçu une seule injection. Il n'y a aucune excuse pour un tel gaspillage, a lancé M. Davies.

Il a demandé au gouvernement fédéral d'enfin publier tous les détails de ses contrats pour les vaccins et son plan d'utilisation des doses.

Le Canada a également signé des contrats pour obtenir 52 millions de doses du vaccin de Novavax et 20 millions de Medicago, mais compte désormais presque entièrement sur Pfizer et Moderna.

Le Canada a reçu 3,2 millions de doses de Novavax et ne prévoit pas d'autres livraisons. Il n'a rien obtenu de Medicago, mais une porte-parole a affirmé que le Canada travaille avec cette entreprise sur un calendrier de livraison.

L'OMS a autorisé le vaccin de Novavax pour une utilisation d'urgence en décembre et Santé Canada en février. Le contrat permet au Canada de faire don des doses des deux vaccins, mais il n'a pas confirmé qu'il en ferait don.

Le don de Medicago est plus complexe, car l'OMS n'approuve pas son utilisation par COVAX en raison des liens financiers de Medicago avec le géant du tabac Philip Morris.

Ni Novavax ni Medicago n'ont répondu aux demandes des médias mardi.

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