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Aucun plan d’aide d’urgence au logement dans les grandes villes d’Abitibi-Témiscamingue

Les logements à louer sont très rares à Val-d'Or.

Les logements à louer sont plutôt rares dans la région. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Malgré une bonification des programmes d’aide d’urgence au logement offerts par le gouvernement du Québec, les villes de Rouyn-Noranda, de Val-d’Or, d’Amos et de Ville-Marie ont jugé qu’il n’était pas nécessaire d’y faire appel davantage.

Depuis plusieurs années, ces municipalités de l’Abitibi-Témiscamingue, qui sont chargées d’administrer l’aide offerte par la Société de l’habitation du Québec (SHQ), estiment que la demande n’est pas assez significative pour mettre en place une aide bonifiée au logement.

Le 19 mai dernier, le gouvernement du Québec annonçait être en mesure d’allouer 75,8 millions de dollars pour aider plus de 2200 ménages dans le cadre du programme de supplément au loyer d’urgence. Ce programme d’aide permet à des ménages au revenu modique d’occuper un logement du marché privé en payant un loyer équivalent à 25 % de leurs revenus.

Des mesures largement méconnues

L’an dernier, moins de 250 suppléments au loyer d’urgence sur les 1500 annoncés ont été octroyés. Pour Véronique Laflamme, porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le faible nombre de demandes serait dû à une méconnaissance des ressources disponibles.

Aide disponible 7 jours sur 7

Les ménages éprouvant le besoin d’être accompagnés dans la recherche d’un nouveau logement peuvent contacter la Société d’habitation du Québec (SHQ) au 1 800 463-4315. Une aide téléphonique sera offerte 7 jours sur 7 jusqu’au 18 juillet.

« Quand les gens ne connaissent pas les mesures d’aide disponibles, ils tombent à travers les mailles du filet social. Nous avons constaté une importante hausse de l’itinérance cachée, c’est-à-dire des gens qui font appel à des proches ou qui vont se loger dans leur voiture, par exemple, en espérant trouver un logement. »

— Une citation de  Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU

Dans un contexte de pénurie de logements, plusieurs offices municipaux de l’habitation de la région affirment que très peu de propriétaires témoignent de l’intérêt pour le programme de suppléments au loyer d’urgence, qui les forcerait à accepter des loyers inférieurs à ce qui pourrait être demandé aux locataires sur le marché privé.

À titre d’exemple, les propriétaires acceptant d’offrir leur logement au programme de supplément au loyer d’urgence ne peuvent demander un loyer excédant 645 $ pour un trois et demi, ou 790 $ pour un quatre et demi, à Val-d’Or et à Rouyn-Noranda.

Certains offices municipaux de l’habitation craignent notamment que des propriétaires de logements déjà occupés dans le cadre du programme souhaitent en reprendre possession afin de pouvoir augmenter le loyer.

Pas de subvention demandée par les municipalités

Les grandes villes de la région n’ont pas non plus fait appel au programme de subventions aux municipalités, offert par la SHQ. Ce programme aurait permis aux villes d’obtenir du financement pour la moitié des dépenses encourues par l’offre des services d’urgence aux ménages qui se retrouvent sans logis, comme des logements ou de l’entreposage temporaire.

Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas plusieurs familles à la rue le 1er juillet que tout va bien. On est à 0,3 % de taux d’inoccupation à Rouyn-Noranda. C’est sûr qu’il y a un problème de publicisation de l’aide , mentionne Bruce Gervais, coordonnateur de l’Association des locataires de l’Abitibi-Témiscamingue (ALOCAT).

Au total, 324 ménages de la région sont d’ailleurs toujours en attente d’un hébergement à loyer modique (HLM), signalant un besoin toujours bien présent d’aide au logement.

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