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La baisse du prix de l’essence en Ontario force l’Outaouais à s’ajuster

Une station d'essence.

Depuis que l'Ontario a réduit sa taxe sur le carburant, plusieurs Québécois y traversent pour faire le plein. Or, comme l'explique Christian Milette, des stations d'essence québécoise sont maintenant forcées de réagir.

Photo : Radio-Canada / David Bates

Radio-Canada

La différence de prix de l’essence des deux côtés de la rivière de l’Outaouais oblige certaines stations d’essence de Gatineau à ajuster leurs prix. Une bouffée d’air frais, selon certaines compagnies de taxis, qui demandent une intervention du gouvernement québécois.

Mes clients sont venus, ils se sont excusés et m’ont dit : "C’est trop cher chez toi, je vais aller en Ontario gazer", raconte Georges Tadis, propriétaire d’une station d'essence Petro-Canada sur le boulevard de la Gappe, à Gatineau.

Celui-ci a donc décidé d’agir, bon gré mal gré.

J'ai été obligé de baisser le prix à 1,99 $ le litre, parce que tous mes clients qui travaillent en Ontario vont gazer là-bas et ce n'est pas bon pour notre économie, explique-t-il.

Georges Tadis dans son commerce.

Georges Tadis, propriétaire d’une station essence Petro-Canada sur le boulevard de la Gappe, à Gatineau

Photo : Radio-Canada

Mais cette décision n’est pas sans conséquence sur son commerce.

Je perds de l'argent, parce qu'avant-hier, j'ai fait une commande de gaz au prix élevé, puis j'ai été obligé de descendre [les prix]. Et donc, j'ai perdu environ 8 cents par litre, évalue M. Tadis.

Des prix plus intéressants à Ottawa

La semaine dernière, Doug Ford a annoncé une réduction de la taxe ontarienne sur l'essence de 5,7 cents par litre d’essence pour les six prochains mois. Celle-ci est entrée en vigueur le 1er juillet.

Le gouvernement ontarien entend ainsi respecter son engagement du printemps dernier d’offrir un répit aux automobilistes dans le contexte d'une hausse du coût de la vie.

Rapidement, la mesure a eu un impact sur les prix à la pompe à Ottawa et dans l’est ontarien et beaucoup d’automobilistes, comme les clients de M. Tadis, ont décidé d’en profiter.

Alexandre Rizk sourit. Derrière lui, un taxi rouge portant le logo de Taxi Lola.

Alexandre Rizk, directeur général du groupe Loyal, à Gatineau (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Certains chauffeurs de taxi de l’Outaouais, durement affectés par la hausse des coûts des carburants, font le même calcul, et privilégient le côté ontarien de la capitale, reconnaît Alexandre Rizk, directeur général du groupe Loyal, à Gatineau.

Malheureusement, on veut toujours supporter toutes les entreprises québécoises et les pompes à essence au Québec, mais quand la différence est de 35 à 40 sous le litre et qu’on fait 200 à 300 kilomètres par jour, ça fait une grosse différence à la fin de la semaine pour le chauffeur et pour l'entreprise, explique-t-il. Quand ça coûtait 200 $ pour une semaine d'essence, aujourd'hui, ça coûte 400 $ à 500 $.

Dans un contexte inflationniste, une telle différence est difficile à absorber, poursuit-il.

Quand qu'on voit qu'il y a des hausses, de l'inflation un peu partout, dans tous les secteurs, ce n'est pas le temps de perdre des revenus. C'est le temps d'en avoir un peu plus pour être capable d’y arriver, plaide M. Rizk, qui rappelle que la hausse de 18 % des tarifs des taxis québécois, annoncée récemment, n’entrera en vigueur qu’en septembre.

Le Québec doit imiter l’Ontario, selon certains

Selon le directeur général du groupe Loyal, le gouvernement de François Legault devrait en faire plus face à cette situation.

On ne voit pas assez d'actions du gouvernement [...]. On n'a pas vu vraiment rien à date.

M. Tadis acquiesce. Il espère que le Québec suivra le chemin de l’Ontario.

[Ce que je voudrais? C’est] de baisser la taxe sur l'essence, c'est tout. Donner un break aux clients, parce que c'est trop cher. C'est la première fois que je vois un camion gazer pour 250 $. Je n'ai jamais vu ça!

Jusqu’ici, le gouvernement québécois a répété ne pas vouloir toucher à la taxe sur le carburant.

Selon le professeur auxiliaire au Département de science économique à l'Université d'Ottawa, Jean-Thomas Bernard, une telle mesure ne favorise pas les consommateurs à long terme.

Lorsqu’on coupe les taxes, on ne règle pas le problème de base. De toute façon, le seul prix qui est contrôlé au niveau des usagers, à l’intérieur du Canada, ce sont les marges de distribution, explique-t-il.

Pour M. Rizk, l’autre solution, à plus long terme, serait de soutenir l’électrification des taxis.

C’est quelque chose qu'on regarde dernièrement, mais on trouve que le gouvernement du Québec ne s'implique pas assez. On aurait besoin de plus de support et il n'y a pas vraiment d’avantage à aller vers l'électrification. Les voitures ne sont pas achetables, on n'est pas capables d'en trouver. [...] Ça va prendre du support du gouvernement du Québec et du fédéral, estime-t-il.

Avec les informations de Stéphane Leclerc et de Christian Milette

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