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Des projets municipaux de 72 M$ d’ici 2024 aux Îles-de-la-Madeleine

Des voitures circulent près de feux de circulation à Cap-aux-Meules.

Plus de 23 millions de dollars, soit 32 % des sommes inscrites au programme triennal d'immobilisations, serviront à améliorer le réseau routier, l'aqueduc et les égouts (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La Municipalité des Îles-de-la-Madeleine a adopté mardi son tout premier programme triennal d'immobilisations (PTI). L'administration municipale réserve ainsi 72 millions de dollars pour réaliser 52 projets d'ici 2024.

Plus de 25 millions de dollars, soit 35 % des investissements totaux projetés dans le PTI, serviront à contrer l'érosion des berges.

Cette somme inclut le chantier de 11,6 millions de dollars pour protéger les falaises de Cap-aux-Meules ainsi que 8 millions de dollars pour planifier et réaliser de futures interventions sur d'autres sites menacés par l'érosion.

Photo aérienne du centre-ville de Cap-aux-Meules l'érosion de la côte.

Un vaste chantier de recharge de plage devrait s'amorcer cet automne pour freiner l'érosion des falaises du centre-ville (archives).

Photo : Collection Municipalité des Îles-de-la-Madeleine

Le programme triennal d'immobilisation inclut également des investissements de 6,6 millions de dollars pour l’entretien routier et 16,5 millions de dollars pour améliorer le réseau d’aqueduc et d’égout.

De plus, la Municipalité réserve 2,1 millions de dollars d’ici 2024 pour décontaminer le site de l’ancien aréna Wendell-Chiasson afin d'y développer l'écoquartier, 1,3 million de dollars pour rénover la piscine et 6,6 millions de dollars pour rénover les casernes de Cap-aux-Meules, Havre-aux-Maisons et Grosse-Île.

Le programme triennal d’immobilisation vise à planifier les investissements prioritaires et à évaluer l’impact financier des projets sur les prochains budgets annuels.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine précise que le PTI démontre le coût global des projets, mais que la part réelle versée par la Municipalité sera moindre en raison des subventions gouvernementales attendues.

Oui, 72 millions sur trois ans ça peut faire peur, mais ce n’est pas ce que la Municipalité va investir au net, explique le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre. Il y a des projets où on pourra aller chercher 80 % du financement, d’autres 60 %, ça va dépendre des programmes, mais globalement c’est rare qu’on réalise des projets avec moins de 50 % de subvention.

Il cite en exemple le projet de protection des falaises de Cap-aux-Meules qui sera financé à plus de 90 % par Ottawa et Québec. Pourtant, les 11,6 millions de dollars du projet sont comptabilisés dans le plan d'investissement, bien que la part municipale ne soit que de 1,1 million.

Jonathan Lapierre discute avec le premier ministre.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, et la directrice générale de la Municipalité, Ariane Cummings, ont présenté les projets prioritaires d'ici 2024 (archives).

Photo : Emilie Nadeau

Le maire indique qu’il va aussi miser sur le décret de l’insularité qui octroie aux Îles-de-la-Madeleine un statut particulier pour augmenter au maximum le financement gouvernemental.

Hausse de la dette

Selon les investissements projetés dans le plan triennal d’immobilisation, 12 % du budget municipal seront consacrés au remboursement de la dette en 2024, alors que ce pourcentage s'établit aujourd'hui à 8 %.

Les municipalités de même taille ont en moyenne un ratio de 12 % de service de dettes, explique Jonathan Lapierre. C’est une cible qu’on s’est fixée comme conseil municipal pour avoir des objectifs réalistes qui correspondent à la capacité de payer du milieu.

Le maire précise vouloir éviter de répéter les erreurs du passé causées par des déficits d’entretien des infrastructures municipales et estime que les finances municipales demeurent saines malgré l'augmentation du poids de la dette.

« Une municipalité qui n'investit pas, c'est une municipalité qui n'est pas responsable. Si on veut des infrastructures durables dans le temps et qu'on ne soit pas obligé de les démolir et de recommencer à zéro chaque fois, il faut investir. »

— Une citation de  Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine
L'hôtel de ville des Îles-de-la-Madeleine.

«Une dette municipale, lorsqu’elle est bien gérée et que ce sont des bons choix qui sont faits, ça devient relatif», soutient le maire Lapierre (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Un PTI adopté hors délai

Même s'il s'agit d'une exigence légale en vertu du Code municipal du Québec et sur la Loi sur les cités et villes, la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine n'avait jamais adopté officiellement un programme triennal d’immobilisation, bien qu’un exercice de priorisation des projets se faisait annuellement.

De surcroît, l’adoption de ce premier PTI survient plus de six mois après la date limite fixée au 31 décembre.

La Municipalité des Îles-de-la-Madeleine n’est toutefois pas la seule à ne pas répondre aux exigences légales attendues en lien avec l’adoption des PTI.

En 2021, la Commission municipale du Québec a procédé à un audit portant sur le programme triennal d’immobilisations auprès de 1074 municipalités. La Commission a conclu que 56 % d'entre elles n'étaient pas conformes aux exigences légales attendues, dont la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine.

Le maire soutient que l’adoption du programme triennal d'immobilisations a été retardée, notamment en raison de l’arrivée d’une nouvelle directrice générale et des élections municipales de l’automne, mais aussi de la COVID-19 qui empêchait les rencontres en présentiel à certains moments.

On a conclu avec le gouvernement du Québec que, dans l’échelle des problèmes de l’humanité, le retard de l’adoption de notre PTI était assez bas, donc [les fonctionnaires] ont convenu avec nous que l’important c’était de le faire, lance M. Lapierre.

C’est 52 projets à mener de front avec l’équipe municipale, il fallait s’assurer, avec l’enjeu de pénurie de main-d’œuvre, d’avoir la capacité de réaliser ce qu’on allait mettre dans le PTI, ajoute la directrice générale de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Ariane Cummings. Pour chaque projet, il fallait se demander si on avait les effectifs pour le réaliser. On n’est pas à l’abri de la pénurie de main-d’œuvre, il y a beaucoup de postes non pourvus en ce moment.

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