•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crise politique à Londres : deux ministres claquent la porte, Johnson s’accroche

Boris Johnson est assis, les bras croisés, entouré de membres de son cabinet.

De nombreux scandales secouent l'administration de Boris Johnson ces derniers mois.

Photo : Reuters

Reuters

La survie politique du premier ministre britannique Boris Johnson est en jeu après les démissions soudaines mardi de ses ministres des Finances et de la Santé, à la suite d'un nouveau scandale ayant éclaboussé l'administration britannique, pour lequel Johnson a tenté de s'excuser dans la journée.

Rishi Sunak et Sajid Javid ont présenté leurs démissions dans des lettres adressées à Boris Johnson, à quelques minutes d'intervalle, dans lesquelles ils ont remis en question la capacité de l'ancien maire de Londres à diriger une administration répondant à des standards.

Ces annonces ont été effectuées juste après que Boris Johnson se fut exprimé à la télévision pour présenter ses excuses pour n'avoir pas réalisé qu'un ancien membre de son administration n'était pas un choix adéquat, alors que celui-ci était visé par des accusations d'inconduite sexuelle.

Signalant son intention de se maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible, Boris Johnson a rapidement nommé l'ancien homme d'affaires et actuel secrétaire à l'Éducation, Nadhim Zahawi, à la tête du ministère des Finances. Steve Barclay a lui hérité du portefeuille de la Santé.

Pour l'heure, Rishi Sunak et Sajid Javid sont les seuls membres de haut rang du gouvernement à partir, d'autres ayant exprimé leur soutien à Boris Johnson. Quatre élus occupant des rôles mineurs au sein du gouvernement ont aussi démissionné.

Rishi Sunak parle au Parlement.

L'ancien ministre britannique des Finances, Rishi Sunak (archives)

Photo : Reuters / UK PARLIAMENT/JESSICA TAYLOR

La ministre des Affaires étrangères, Liz Truss, considérée comme un potentiel recours pour remplacer Boris Johnson, a assuré qu'elle restait à 100 % derrière ce dernier. Le ministre de la Défense, Ben Wallace, continuerait aussi de soutenir le dirigeant conservateur, selon les médias locaux.

« Vous avez perdu ma confiance »

Pendant des mois, Rishi Sunak et Sajid Javid avaient publiquement soutenu Boris Johnson face aux scandales ayant éclaboussé son administration, dont le Partygate – les fêtes alcoolisées organisées à Downing Street en dépit alors des restrictions sanitaires pour contrer la pandémie de COVID-19.

Il est aussi reproché par les détracteurs du premier ministre un certain laxisme face à la hausse du coût de la vie, de nombreux Britanniques ayant des difficultés financières dans le contexte de la flambée des prix du carburant et des produits alimentaires.

Dans leurs lettres, Rishi Sunak et Sajid Javid ont laissé apparaître leur ras-le-bol.

« Le public attend à juste titre que le gouvernement se conduise de la bonne façon, avec compétence et sérieux. Je pense que ces standards méritent d'être défendus et c'est pour cela que je démissionne. »

— Une citation de  Rishi Sunak, ancien ministre des Finances du cabinet de Boris Johnson

Rishi Sunak, qui aurait eu en privé d'importants désaccords avec Boris Johnson sur les dépenses publiques, a dit n'avoir pas pris sa décision à la légère, dans un contexte économique délicat à la suite de la crise sanitaire, de la guerre en Ukraine et d'autres défis importants.

Sajid Javid a, lui, déploré que l'opinion publique et les parlementaires aient perdu confiance dans la capacité de Boris Johnson à gouverner dans l'intérêt national.

Sajid Javid

L'ancien ministre de la Santé britannique, Sajid Javid (archives)

Photo : AP / Kirsty Wigglesworth

Je regrette de devoir vous dire [...] qu'il me paraît évident que la situation ne changera pas sous votre direction et que vous avez aussi perdu ma confiance, a-t-il écrit à Boris Johnson, lequel a surmonté de peu le mois dernier une procédure lancée par des députés de son Parti conservateur en vue de le destituer.

« Il est fini »

La démission la semaine dernière de l'éminent député conservateur Christopher Pincher a donné lieu à plusieurs jours d'un récit fluctuant de la part de Downing Street sur ce que savait, ou non, Boris Johnson à propos du comportement de M. Pincher.

Nombreux sont ceux au Parti conservateur à être exaspérés par la nouvelle accusation de mensonge visant Boris Johnson et le recours par Downing Street à l'argument de la perte de mémoire. Certains députés estiment que l'administration britannique est paralysée par la gestion de scandales.

Des voix s'élèvent à nouveau dans les rangs conservateurs pour tenter d'engager des démarches visant à chasser Boris Johnson du pouvoir, tandis que d'autres ont exhorté plus tôt les principaux ministres à agir.

Il est fini, avait dit dans la journée un élu conservateur à propos de Boris Johnson sous le couvert de l'anonymat. Il ne devrait pas prolonger l'agonie. C'est irrespectueux envers ses collègues, son parti et son pays. Un autre député conservateur avait tenu des propos similaires : C'est fini. Je serais étonné qu'il passe l'été.

Cependant, des vétérans du Parti conservateur considèrent que Boris Johnson, par goût pour le combat, pourrait rester en poste et tenter une nouvelle fois de relancer son administration.

Le chef de file de l'opposition travailliste a déclaré que ceux qui soutiennent Boris Johnson étaient complices de la manière dont celui-ci tenait son rôle de premier ministre. Il est désormais clair que ce gouvernement s'effondre, a dit Keir Starmer, ajoutant qu'il soutiendrait la tenue d'élections anticipées.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !