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Retards en lecture au primaire : des parents demandent un plan de rattrapage au N.-B.

Seulement 60% des élèves de 2e année ont atteint les objectifs en lecture, lors de la dernière année, au Nouveau-Brunswick.

Un enfant lève la main dans une classe scolaire.

Les élèves ont fait face à d'importants défis d'apprentissage durant la pandémie.

Photo : Shutterstock

Face à des résultats scolaires plus faibles en raison de la pandémie, des parents du Nouveau-Brunswick souhaitent qu'un plan de rattrapage soit mis sur pied pour les élèves.

Les perturbations vécues en éducation depuis 2020 ont eu des conséquences sur les résultats scolaires des élèves.

Plusieurs jeunes ont éprouvé des difficultés à réussir les matières prévues au programme. À cela s’est ajoutée une bonne dose de stress, lié aux changements multiples auxquels ils ont été confrontés.

Les résultats en lecture sont faibles

Les élèves acquièrent les bases de la lecture en première et deuxième année. Chaque année, sauf en 2020 à cause de la fermeture des écoles, le ministère de l’Éducation évalue les compétences en lecture des élèves de deuxième année.

Pour 2021-2022, seulement 61,5 % des élèves ont obtenu les résultats attendus. Cela signifie que près de deux élèves sur cinq (38,5 %) n'ont pas atteint les objectifs.

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe.

L'apprentissage a été plus difficile durant la pandémie, pour de nombreux élèves.

Photo : iStock / dolgachov

Dans les années précédant la pandémie, de 2012 à 2019, au moins 75 % des élèves obtenaient les résultats attendus pour le test de lecture en deuxième année.

Déjà, à cette époque et avec ces résultats bien meilleurs que ceux de la dernière année, le gouvernement avait fait de l’amélioration des résultats en lecture une priorité.

Dans le plan d’éducation de 10 ans, publié en 2016, on prévoyait atteindre un taux de réussite de 90 % en 2025-2026. Différentes actions étaient prévues pour y parvenir. Évidemment, c’était avant la pandémie.

Il importe de souligner que les résultats pour l’année scolaire qui vient de s’achever sont déjà meilleurs que ceux de l'année d'avant. En 2020-2021, 56 % des élèves seulement avaient réussi le test de lecture en deuxième année.

Les parents demandent un plan de rattrapage

Face à ce défi, et à plusieurs autres que vivent les élèves de tous les niveaux scolaires, les parents souhaitent que des moyens soient mis en place pour s’assurer que tous les élèves acquièrent les bases nécessaires à leur développement scolaire.

« Les parents sont conscients qu’il y a des retards, "qu’est-ce que ça va vouloir dire dans le cheminement scolaire de mon enfant". »

— Une citation de  Chantal Varin, directrice générale de l’Association francophone des parents du N.-B.

Chantal Varin, la directrice générale de l’Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, dit avoir entendu plusieurs parents s’inquiéter. C’est clair pour les parents qu’il y a du retard qui a été engendré par cette pandémie, ce qu’ils demandent, c’est de connaître le plan de rattrapage, est-ce qu’il y a un plan de rattrapage?

Chantal Varin le 2 février 2019.

Chantal Varin, directrice générale de l'Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

En ce moment, après deux années de pandémie, la question du rattrapage est devenue la grande priorité pour les parents. Les comités de parents en appui à l’école l’ont d’ailleurs exprimé au ministère de l’Éducation, lorsqu’il a été question de revoir la gouvernance scolaire.

Pourquoi se pencher sur une réforme en gouvernance scolaire quand, pour nous, la priorité devrait être davantage l’appui à nos jeunes, et s’assurer qu’on rattrape ce qui a été perdu pendant cette période de pandémie, se demande Chantal Varin.

Les enseignants ont besoin d’aide

Pour aider les élèves qui devront faire du rattrapage, les enseignants auront besoin de soutien, soutient la présidente de l’Association des enseignantes et enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Nathalie Brideau.

On ne veut perdre personne dans les craques, on veut aider tous les élèves, puis ça prend peut-être des personnes de plus pour nous aider dans notre mission, estime Nathalie Brideau.

Une femme souriant à la caméra.

Nathalie Brideau, présidente de l'Association des enseignantes et enseignants du N.-B.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Plus d’aide-enseignants en salle de classe pourraient permettre de soutenir davantage ceux qui ont accumulé du retard en lecture, par exemple.

« Il n’y a pas eu de surprise face aux résultats, on s’y attendait, on savait que les taux seraient plus bas que ceux des années passées. »

— Une citation de  Nathalie Brideau, présidente de l’Association des enseignantes et enseignants francophones du Nouveau-Brunswick

Selon la présidente de l’AEEFNB, il faudra maintenant regarder au-delà des données brutes sur les résultats scolaires, afin de bien cibler les besoins. Cela peut varier d’une région à l’autre, d’une école à l’autre, et même à l’intérieur d’une classe. Ce que nos résultats du ministère ne disent pas encore, c’est, où sont les lacunes, précise-t-elle.

Une fois cette analyse faite, les enseignants pourront, de concert avec les districts scolaires et le ministère de l’Éducation, prendre les moyens appropriés pour relever les défis.

Je pense qu'il ne faut pas paniquer, on a un portrait d'où les jeunes sont rendus, en 2022, dans un an le portrait sera probablement autre chose, et c’est ce qu’on souhaite, dit Nathalie Brideau.

Selon elle, les évaluations en lecture ne disent pas tout. Nos élèves ont d'autres compétences, il ne faut pas juste les juger sur ce qui va mal, il y a des choses qui vont bien, et il n’y a peut-être pas d’évaluation du ministère sur ce qui va bien, et les enfants ont appris durant la pandémie.

Le ministre évoque du rattrapage après la rentrée

Dans une entrevue le 24 juin à l’émission La matinale de Radio-Canada Acadie , le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, a reconnu les défis qui se posent.

« On a besoin de faire le rattrapage, clairement. »

— Une citation de  Dominic Cardy, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance
Le ministre Cardy répond aux questions des journalistes, devant une murale dessinée par des enfants.

Le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy.

Photo : Radio-Canada

Selon le ministre, il importe que le personnel enseignant se repose durant l’été, après deux années difficiles. Il faudra, ensuite, clairement identifier les besoins, et cela ne pourra se faire qu’en septembre, selon lui.

On va commencer le travail dans cette direction en septembre, si on a encore un retour assez normal, dépendant de la pandémie, mais si on la chance d’avoir cette période de rattrapage, on va prendre l’avis des enseignants et enseignantes, en septembre, et après ça on va faire des plans basés sur l’évidence qu’ils nous donnent, explique-t-il.

D'ici là, Dominic Cardy rappelle que des ressources existent pour aider les enfants durant la période estivale.

Sur les sites web de chaque district il y a la liste des programmes qui sont offerts, il y a aussi les autres programmes qui sont gratuits, ou pour un frais assez minime, par les organisations sans but lucratif, dit-il.

Des programmes offerts durant l’été

Il existe des programmes d’aide aux élèves, durant l’été, dans toutes les régions de la province.

Les districts scolaires francophones Sud et Nord-Ouest offrent des programmes de lecture estivale. L’organisme Codac NB offre des activités de francisation et de littératie dans toutes les régions. Les bibliothèques publiques ont aussi des services liés à la lecture.

Joanie.

Joanie Guignard, gestionnaire des programmes CLEF pour l'organisme Littératie au primaire.

Photo : Gracieuseté de Joanie Guignard

L’organisme Littératie au primaire présente un programme de littératie pour les enfants, dans certaines régions de la province. Joanie Guignard est gestionnaire des programmes CLEF, qu’offre Littératie au primaire. Première et deuxième années, c’est des années très importantes pour l’apprentissage de la lecture, c’est avec ça qu’ils commencent à l'école, à apprendre à lire, dit-elle.

Une dame et un enfant devant une tablette.

Une tutrice de Littératie au primaire aide un jeune élève.

Photo : Radio-Canada / Sarah Déry

Dans certaines régions, explique Joanie Guignard, il a été difficile pour les enfants qui sont restés à la maison durant la pandémie de poursuivre leur apprentissage de la lecture en français.

Souvent les familles qui fréquentent les écoles francophones, plus dans le sud du Nouveau-Brunswick, c’est des familles exogames, ou qui parlent un autre langage que le français à la maison, donc si ces enfants-là ont pas nécessairement baigné dans l’environnement francophone, parfois c’est dur à la maison pour ces parents-là de faire la lecture, dit-elle.

Avec des informations d'Alix Villeneuve

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