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La tuerie de Highland Park était planifiée de longue date

Plusieurs employés habillés d'un chandail bleu marchent de façon synchronisée dans une rue.

Des agents du FBI scrutaient la scène de crime à la loupe mardi matin.

Photo : La Presse canadienne / AP/Charles Rex Arbogast

L'auteur de la tuerie commise lundi en banlieue de Chicago à l'occasion d'un défilé de la fête de l'Indépendance américaine a planifié son attaque « pendant des semaines » et s'est déguisé en femme pour mieux se dissimuler dans la foule, a indiqué mardi la police locale.

L'attaque a été commise avec une arme automatique similaire à un AR-15 qui avait été achetée légalement, a indiqué le chef adjoint du bureau du shérif du comté de Lake, Chris Covelli, dans un point de presse donné en début d'après-midi. Plus de 70 balles ont été tirées par le tueur.

Une septième victime a succombé à ses blessures, ont aussi indiqué les autorités mardi. Une trentaine d'autres ont été blessées lorsque l'auteur présumé de la tuerie, Robert Crimo, a ouvert le feu depuis le toit d'un commerce local en direction de la foule rassemblée dans cette banlieue considérée comme paisible du nord de Chicago pour le traditionnel défilé du 4 juillet.

L'homme de 21 ans, qui a été arrêté lundi soir, a comparu mardi en fin de journée et a été accusé de sept chefs d'accusation de meurtre au premier degré. S'il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.

Aucun motif n'a encore été établi pour cette tuerie, a précisé M. Covelli. Il appert toutefois que l'homme a ouvert le feu de façon aléatoire sur la foule, sans viser particulièrement un groupe religieux ou ethnique.

Selon M. Covelli, Robert Crimo a pu grimper sur le toit d'un commerce en utilisant un escalier de secours extérieur. Après avoir tiré sur la foule, il a laissé son arme sur place et s'est fondu dans la foule. Il s'est mêlé aux personnes qui couraient partout, presque comme s'il était aussi un spectateur innocent, a-t-il décrit.

Les vêtements féminins qu'il portait lui ont permis de masquer son identité et les tatouages qu'il porte sur son visage. Il n'est pas exclu qu'il ait porté une perruque, a précisé M. Covelli, ce qui pourrait expliquer pourquoi la description initiale du suspect mentionnait des cheveux longs.

L'arme abandonnée, confiée au Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF), a joué un rôle majeur dans la traque du tueur, selon l'adjoint du shérif du comté de Lake.

Selon M. Covelli, Robert Crimo s'est rendu après la tuerie au domicile de sa mère, où il a emprunté son véhicule. Lorsque les policiers l'ont finalement intercepté quelques heures plus tard, ils ont retrouvé une autre carabine dans la voiture.

D'autres armes ont par la suite été retrouvées à l'endroit où Crimo habitait. Elles étaient enregistrées à son nom et avaient aussi été achetées en toute légalité.

Le chef adjoint Covelli a refusé de commenter le niveau de coopération de Robert Crimo dans le cadre de l'enquête, qui se poursuit. La police doit encore étudier des vidéos qu'il a mises en ligne et rencontrer des gens qui le connaissent.

Des chansons violentes qui intriguent

Sans emploi après avoir renoncé à mener des études supérieures, Robert Crimo avait publié sur YouTube sous son nom de scène Awake the Rapper des chansons ayant quelques milliers de vues et dans lesquelles il laisse entrevoir la violence qui l'habite.

Le protagoniste de l'une de ces vidéos, désormais indisponibles, tire au fusil sur des personnes, dans un style de dessin animé aux traits grossiers, avant de se trouver lui-même couché dans une flaque de sang, abattu par la police. Je veux juste crier / Que ce monde aille se faire foutre / Je vis mon rêve, y dit-il.

Dans une autre chanson publiée il y a huit mois, selon le Chicago Tribune, il lâche sombrement : J'ai besoin de tout simplement le faire [...] C'est mon destin. Tout m'a mené à cela. Rien ne peut m'arrêter, pas même moi-même.

La mairesse de Highland Park, Nancy Rotering, a raconté à la chaîne NBC l'avoir connu lorsqu'il était jeune scout et qu'elle encadrait son groupe.

« C'était juste un petit garçon. [...] Et on se demande : qu'est-ce qui s'est passé? Comment quelqu'un peut-il devenir si furieux, si haineux, pour s'en prendre à des gens innocents qui passaient juste une journée dehors en famille? »

— Une citation de  Nancy Rotering, mairesse de Highland Park

Son oncle, Paul Crimo, avec lequel il vivait dans la ville voisine de Highwood, l'a décrit comme un gamin très discret, un rappeur YouTube qui ne s'exprime pas, reste assis devant son ordinateur et avec lequel il n'avait pas d'interactions.

La nature des relations entre Robert Crimo et son père Bob, un épicier qui avait mené une infructueuse campagne électorale en 2019 pour devenir maire de Highland Park, n'était pas immédiatement claire mardi.

Un de ses amis dont il s'était récemment éloigné, Bennett Brizes, a confié au Washington Post que Robert Crimo était toujours apolitique. Je ne sais pas, mec, répondait-il invariablement lorsqu'on lui demandait son avis sur les affaires du monde.

Il avait pourtant publié sur son compte Twitter désormais bloqué une photo le montrant avec un drapeau Trump autour des épaules, ainsi qu'un dessin modifié de Pepe la grenouille, personnage devenu un symbole de ralliement de l'extrême droite américaine.

Dans un autre clip qu'il a réalisé, des images glaçantes le montrent seul dans une salle de classe, affublé d'un casque et d'un gilet pare-balle, avec d'inquiétants rires sardoniques en fond sonore.

Dans une autre vidéo, repérée par le Washington Post, il disait détester quand les autres attirent davantage l'attention que [lui] sur Internet.

Avec les informations de Agence France-Presse

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