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Mort de Richard Genest : la fermeture du CLSC la nuit n’est pas en cause, selon la coroner

Richard Genest, dehors, devant une maison.

Richard Genest est mort après avoir subi un malaise dans la nuit du 29 au 30 novembre 2021.

Photo : Famille

Selon le rapport d’investigation de la coroner, la fermeture partielle du CLSC de Senneterre n'aurait pas été la cause principale de la mort de Richard Genest, un homme de Senneterre décédé le 30 novembre dernier.

Selon la coroner, Me Geneviève Thériault, le facteur le plus important dans les circonstances du décès de M. Genest est le fait qu'il ait attendu 19 heures entre le début de ses douleurs et la recherche d'aide médicale.

D'octobre 2021 à mars 2022, le CLSC de Senneterre était fermé 12 heures par jour en raison d'un plan de contingence pour gérer la pénurie de main-d'œuvre.

Richard Genest a appelé le 911 dans la nuit du 29 au 30 novembre, puis il a été transporté à l'hôpital de Val-d'Or, et ensuite transféré à l'hôpital d'Amos, où son décès a été constaté.

La coroner doute que, si le CLSC de Senneterre avait été ouvert la nuit, et que M. Genest s’y était rendu, cela l’ait sauvé.

« Je conclus que la fermeture partielle du CLSC de Senneterre, les services d’appel d’urgence, les services ambulanciers, les protocoles préhospitaliers et les corridors de transport ne sont pas en jeu dans ce décès. C’est plutôt le fait que M. Genest ait attendu si longtemps avant de recourir à de l’aide qui lui a été fatal étant donné la condition médicale en jeu dont il n’était malheureusement pas conscient. »

— Une citation de  Me Geneviève Thériault, coroner

La coroner doute également que, si le CLSC de Senneterre avait été ouvert la nuit, cela ait augmenté les chances de survie de M. Genest.

La coroner écrit qu'on ne peut pas être certain qu'un examen clinique au CLSC de Senneterre aurait permis au médecin de suspecter un anévrisme de l'aorte abdominale et il n’y avait aucun équipement sur place pour poser un diagnostic ferme.

Le CLSC de Senneterre possède un appareil de rayons X simple, mais ce type d’appareil s'avère moins efficace pour détecter les anévrismes et évaluer leur taille.

L'édifice du centre de santé, avec le garage pour l'ambulance.

Le centre de santé de Senneterre.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

L’échographie abdominale, la tomodensitométrie et l’imagerie par résonance magnétique sont plus utiles, écrit-on dans le rapport.

Par ailleurs, Me Geneviève Thériault rappelle que M. Genest avait plusieurs facteurs de risque pour un anévrisme de l’aorte abdominale, notamment le tabagisme, l’hypertension artérielle, son âge et son sexe masculin.

Retour sur les faits

Le matin du 29 novembre 2021, Richard Genest aurait commencé à ressentir des douleurs dans le bas du ventre et l’abdomen, qui se sont intensifiées au cours de la journée et de la soirée.

Quelques-uns de ses proches lui ont recommandé d'aller au CLSC, mais M. Genest a répondu que la douleur passerait.

Le soir, la douleur a augmenté de façon importante. On explique qu'il voulait attendre la réouverture du CLSC de Senneterre, le lendemain matin à 8 h, plutôt que d'appeler une ambulance.

Par contre, vers 2 h 30 du matin, il appelle le 911.

Un délai de plus d'une heure s'est écoulé entre l'appel et l'arrivée de l'ambulance, notamment parce que lors du premier appel, son état n’a pas été considéré comme la plus haute priorité.

Par contre, une demi-heure plus tard, son état se détériore. L'ambulance de Senneterre n’était pas disponible et on a appelé celle de Barraute.

Une carte du trajet de Senneterre à l'hôpital de Val-d'Or.

La distance entre Senneterre et l'hôpital de Val-d'Or est d'environ 67 kilomètres de transport en voiture.

Photo : Capture d'écran de Google maps

Les ambulanciers ont transporté M. Genest à l'hôpital de Val-d'Or, où il arrive à 4 h 50. C’est lors d’une échographie de chevet que l’on constate un anévrisme de l’aorte abdominale.

La coroner estime que si M. Genest était arrivé à l'hôpital de Val-d'Or une heure plus tôt, ses chances de survie auraient été meilleures, mais trop de facteurs sont en jeu pour conclure qu'il aurait survécu.

Me Thériault en arrive à la même conclusion sur la question de savoir si le fait d'être transporté directement à Amos plutôt qu’à Val-d’Or aurait sauvé Richard Genest. D’autres éléments sont à prendre en compte, comme le moment du diagnostic et la disponibilité du chirurgien vasculaire sans délai.

Il y serait arrivé de justesse avant son arrêt cardiaque [...] M. Genest aurait possiblement eu de meilleures chances de survie, mais il y a beaucoup trop de facteurs en jeu pour conclure que M. Genest aurait pu être sauvé, peut-on lire.

M. Genest est mort à l'hôpital d'Amos, après un second arrêt cardiorespiratoire.

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