•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Saint-Jean-Port-Joli, capitale de la sculpture sur bois : l’héritage des frères Bourgault

Judith Jasmin micro à la main devant le sculpteur André Bourgault. Quelques personnages en bois sculpté en arrière-plan.

La journaliste Judith Jasmin s'entretient avec le sculpteur André Bourgault, Carrefour, le 26 juillet 1956.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Saint-Jean-Port-Joli dans la région de Chaudière-Appalaches revêt un caractère particulier en raison de la profusion d’artistes sculpteurs qu’elle abrite. Nos archives témoignent de l’apport et de l’influence des frères Bourgault et de leurs descendants, qui ont popularisé et propulsé la sculpture sur bois dans cette municipalité, et bien au-delà.

C’est durant les années 1920 que les frères Bourgault commencent à travailler le bois.

Lors de la crise économique des années 1930, Médard Bourgault perd son emploi de menuisier et se met à sculpter des pièces pour le plaisir. C’est Marius Barbeau du Musée national qui, de passage à Saint-Jean-Port-Joli, découvre le premier le talent des frères Bourgault.

Le célèbre anthropologue achète quelques pièces à Médard Bourgault et lui recommande de mettre ses sculptures sur le bord de la route en évidence pour les vendre aux touristes.

C’était le commencement de ce qui allait devenir la capitale de la sculpture sur bois. D’autres artisans ont joint leur talent à celui des frères Bourgault et ces derniers ont ouvert un atelier pour y enseigner les rudiments de la sculpture.

Dans l’atelier des légendaires frères Bourgault, surnommés les trois bérets, Judith Jasmin nous présente à tour de rôle les sculpteurs que sont Jean-Julien, Médard et André.

L’entretien est présenté à l’émission Carrefour le 26 juillet 1956.

La journaliste Judith Jasmin rencontre les trois frères Bourgault, sculpteurs sur bois de Saint-Jean-Port-Joli. Les artistes parlent de leur travail, de leur amour de la sculpture, de leur inspiration et des commandes reçues.

Les œuvres des frères Bourgault se retrouvent aux quatre coins du Québec, ainsi qu’à plusieurs endroits au Canada et aux États-Unis.

Alors que Jean-Julien est à confectionner une pièce, la journaliste l’interrompt pour nous le présenter. Le sculpteur dit se spécialiser davantage dans les pièces de bas-relief représentant des scènes de la vie paysanne. L’artiste s’inspire de la vie quotidienne des gens du Bas-du-Fleuve et de la Gaspésie.

Médard, lui, est davantage porté vers l’art religieux. Par exemple, les communautés religieuses et les fabriques lui commandent des scènes du chemin de croix.

La journaliste se tourne finalement vers André, qui produit des pièces différentes de celles de ses deux frères. Il s'agit de sculptures tridimensionnelles représentant des personnages québécois en action : des semeurs, des bûcherons, des cordonniers, des portageurs, etc.

Les frères Bourgault n’ont pas fait l’École des Beaux-Arts. Médard mentionne n’avoir connu un sculpteur que cinq ans après avoir commencé à sculpter le bois.

« J’ai commencé tout bonnement comme amateur, par simple goût de l’art. »

— Une citation de  Médard Bourgault

Les frères Bourgault ont également su transmettre la passion de la sculpture à certains de leurs enfants, neveux et nièces.

Jaques Vermette s’entretient avec Pierre Bourgault. Le sculpteur et fils de Jean-Julien Bourgault de St-Jean-Port-Joli se livre sans retenue sur la source de son inspiration. Selon lui, tout est sensualité, érotisme, il ne craint pas de choquer.

Le 7 février 1970, Jacques Vermette s’entretient avec le sculpteur Pierre Bourgault à l’émission Des jours et des hommes.

Le sculpteur et fils de Jean-Julien Bourgault se livre sans retenue sur la source de son inspiration.

Pierre Bourgault affirme que son père lui a appris les valeurs de la nature. Il lui a aussi légué la technique, mais artistiquement, le fils tient à se détacher du père. Dans la sculpture, je n’ai aucune parenté avec lui, dit-il. Il a même essayé dans la vingtaine de changer de nom afin de se détacher complètement de la légende des Bourgault.

En 1970, Pierre Bourgault se passionne pour les thèmes de la sensualité et de l’érotisme, mais il sera surtout connu pour ses sculptures sur le thème maritime.

L’homme a été directeur de l’école de sculpture sur bois de Saint-Jean-Port-Joli de 1967 à 1986. Avec d’autres artistes de la région, il a créé ensuite les Studios d’été, puis le Centre Est-Nord-Est en 1992.

Lauréat du prix Paul-Émile Borduas 2020, la plus haute distinction attribuée à une personne pour sa contribution remarquable aux domaines des arts visuels, Pierre Bourgault est également lauréat du Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques pour l’année 2022.

Par sa réputation artistique et la beauté de son paysage maritime, Saint-Jean-Port-Joli continue à attirer des artistes qui contribuent au rayonnement de la sculpture en renouvelant une tradition.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.