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Les syndiqués d’Algoma Steel approuvent un mandat de grève à la quasi-unanimité

Des rouleaux d'acier dans une usine.

Algoma Steel est l'un des plus grands employeurs de la région de Sault-Sainte-Marie.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Selon le président de la section locale 2251 du Syndicat des Métallos, les membres ont voté dans une proportion de 99 % en faveur de donner un mandat de déclenchement d’une grève au leadership syndical.

Les quelque 2000 travailleurs de l’aciérie Algoma Steel de Sault-Sainte-Marie représentés par ce syndicat ont voté toute la journée lundi.

Le vote s'est terminé à 21 h 30 lundi soir.

Le syndicat a procédé à une série de séances d’information au cours de la journée pour informer les membres de l’état des négociations alors que la convention collective des travailleurs de l’acier expire le 31 juillet.

Le syndicat ne sera pas en mesure de mettre en place des moyens de pression pour cette date.

Signe que le syndicat s’attendait à un vote de grève, celui-ci a déposé lundi matin un avis de non-constitution d'une commission, une étape juridique qui signale que les efforts de conciliation n’ont pas mené à une nouvelle convention collective.

Cette étape juridique fait partie du processus encadré par la province pour le déclenchement d’une grève.

Selon Mark Molinaro, vice-président du syndicat, un vote en faveur d'un mandat de grève et l’avis de non-constitution d'une commission font en sorte que le syndicat est positionné pour mettre en place des moyens de pression.

Les profits de l'entreprise dans la mire des travailleurs

Le syndicat souhaite mettre de la pression sur l'entreprise qui a plus que doublé ses profits au quatrième trimestre, qui sont passés de 100 millions à 243 millions en un an.

Selon Mike Da Prat, président du syndicat, le présent système de partage des profits avec les travailleurs est aussi dans la mire du syndicat, qui affirme que celui-ci est moins généreux que l’ancien système.

Cette année, les salariés qui ont travaillé le maximum de 2000 heures ont chacun reçu plus de 36 000 $ en boni grâce au programme de partage des profits.

Avec un autre paiement reçu en décembre, les travailleurs d’Algoma Steel ont reçu en tout plus de 57 000 $ avec ce programme depuis un an.

D’autres enjeux comme celui des horaires, des formations et le rapatriement d’emplois donnés à des sous-traitants font aussi partie des enjeux qui séparent les travailleurs de la partie patronale.

Un portrait de Gilles Levasseur vêtu d’un habit devant l’Université d’Ottawa.

Le professeur de gestion et de droit de l’Université d’Ottawa Gilles Levasseur

Photo : Radio-Canada

Selon Gilles Levasseur, professeur de gestion et de droit à l’Université d’Ottawa, la profitabilité de l'entreprise pourrait dissuader les syndiqués de tomber en grève.

C’est peu probable, parce que les deux partis ont trop à perdre, on regarde les profits d’Algoma [Steel], on voit qu’ils ont donné 151 millions de dollars à leurs employés en partage de profits, indique-t-il.

Selon lui, le syndicat n’ira pas jusqu’à influer sur la productivité de l'entreprise par une grève.

Avec la chaîne d'approvisionnement qui est brisée, le fait qu’on ait pu fabriquer de l’acier de bonne qualité rapidement dans la région a contribué à faire augmenter les profits, mais si on commence à faire chuter l’efficacité avec une récession qui se pointe le nez, on pourrait se retrouver avec des mises à pied si la demande chute, ajoute M. Levasseur.

Selon lui, le syndicat et le patronat vont trouver une solution sans que la production de l’entreprise soit touchée.

Algoma Steel n'a pas répondu à nos demandes d'entrevue.

Avec des informations de CBC

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