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Des hébergements « temporaires » de la DPJ encore en place des mois plus tard

Le devant de la bâtisse où l'on peut lire le mot Madone, en été.

La Maison de la Madone, à Trois-Rivières, accueille près d'une vingtaine de jeunes âgés de 6 à 12 ans.

Photo : Radio-Canada / Maxime André

Radio-Canada

La Maison de la Madone et la base de Plein air Ville-Joie, deux foyers de groupe temporaires mis en place par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) à Trois-Rivières, sont toujours ouverts après plusieurs mois d'activité. Ces solutions constituent un handicap à la stabilité des jeunes, plaide le syndicat.

La Maison de la Madone, située dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine, accueille 17 jeunes âgés de 6 à 12 ans, alors que 5 jeunes sont logés à la base de Plein air Ville Joie, dans le secteur de Pointe-du-Lac.

La hausse des signalements à la DPJ et la forte demande en lien avec les besoins de placement des jeunes dans les centres ont poussé la DPJ à adopter cette mesure. Or, cela fait déjà plusieurs mois que les jeunes sont contraints de séjourner dans ces emplacements dits temporaires.

La représentante nationale pour l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) Mauricie et Centre-du-Québec, Pascale Leclerc-Gingras, presse les autorités d'agir.

Pourquoi le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, comme d'autres établissements, n'est pas capable d'appliquer des solutions pérennes quand on voit qu’il y a tant de besoins, s’interroge Madame Gingras, qui doute qu’un problème de budget du ministère puisse être la cause de cette situation.

Pascale Gingras constate aussi certains problèmes liés au fait de compter sur des propriétaires privés. Elle souligne qu'ils peuvent, par exemple, décider de ne plus louer leur espace, accentuant l'instabilité à laquelle font face les jeunes. C'est ce qui est arrivé à la base de Plein air Ville-Joie : des propriétaires ont décidé de louer moins de places pour l'hébergement des jeunes.

Le propriétaire n'est pas tenu de renouveler le contrat, donc des fois cela veut dire des déménagements pour les jeunes et les intervenants, explique Pascale Leclerc-Gingras, affirmant qu'il serait grand temps d'en finir avec ces solutions dites temporaires.

« Quand on parle d’enfants de 6 à 12 ans ou de 13 à 18 ans, qui des fois vivent de l'instabilité au sein même de leur famille et qui doivent encore vivre de l'instabilité, ce n’est vraiment pas l'idéal. »

— Une citation de  Pascale Leclerc-Gingras, représentante nationale de l’APTS pour les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Le CIUSSS MCQ précise que les foyers temporaires sont sécuritaires et adaptés aux besoins des jeunes.

Manque de familles d'accueil

La situation découle en partie du manque de familles d’accueil dans la région. Le CIUSSS MCQ a décidé de s'attaquer au problème en lançant une campagne de recrutement de familles d'accueil.

Jusqu'à maintenant, 94 personnes ont manifesté de l'intérêt, 10 ont été accréditées pour accueillir des jeunes.

Toutefois, la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec estime que c'est insuffisant pour endiguer le problème, déplorant le processus trop long d'évaluation des familles.

Selon la présidente de la Fédération, Geneviève Rioux, ces foyers de groupe temporaires ne répondent pas à tous les besoins des jeunes.

Il y a des jeunes qui ont besoin d'être en réadaptation [et d'aller dans ce type de ressource] va systématiquement aider, dit-elle. Par contre, est-ce qu’actuellement, dans ces foyers-là, ce sont des jeunes qui ont eu besoin d'un centre de réadaptation ou de foyers de groupes, mais qui sont maintenant prêts à partir en milieu familial et qui ne peuvent pas, par manque de disponibilité? Si c'est le cas, elle souligne que c'est un problème.

Avec les informations de Charles-Antoine Boulanger

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