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Conflit de travail chez Agropur : des producteurs de la région forcés de jeter du lait

Vaches laitières de la ferme Hector Claveau et fils à Saint-Gabriel-de-Rimouski.

Des vaches laitières (archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

Radio-Canada

Des producteurs laitiers du Kamouraska, du Témiscouata et de La Mitis ont été contraints de jeter du lait dans les derniers jours. C'est un conflit de travail dans une usine d'Agropur à Granby qui a obligé des producteurs laitiers du Québec à jeter deux millions de litres de lait devant l'impasse.

Le syndicat, qui représente les 250 grévistes d'Agropur, s'attriste du gaspillage du lait, alors que la direction de l'entreprise, elle aussi déçue de ce gaspillage, soutient souhaiter en arriver rapidement à un règlement avec les syndiqués.

En entrevue au Téléjournal Est-du-Québec, le président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, Gabriel Belzile, a confirmé que quelques voyages de lait ont dû être disposés à la ferme.

Gabriel Belzile devant un silo de ferme à Saint-Clément.

Gabriel Belzile, président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Selon lui, ces déversements ne représentent pas de gros volumes, mais que ça demeure considérable puisque les producteurs laitiers s'affairent dans leurs champs à ce temps-ci de l'année et que ce n'est jamais plaisant pour eux de jeter le fruit de leur travail.

« Jeter [le lait] aux égouts, ce n'est jamais plaisant. »

— Une citation de  Gabriel Belzile, président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent

Gabriel Belzile explique que les producteurs qui sont contraints de disposer d'une partie de leur production ne subissent pas de lourdes pertes financières.

Il y a un pool où tout l'argent issu de la vente de produits laitiers est partagé entre les producteurs laitiers. Donc, ce volume-là est quand même comptabilisé, mais n'apporte pas de revenus aux producteurs. Il faut comprendre que c'est l'ensemble des producteurs qui ont à supporter la perte, mais par contre, le producteur qui jette chez eux, c'est lui qui se ramasse avec l'odieux de jeter son travail à l'eau, précise-t-il.

Le président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent a aussi expliqué que l'usine d'Agropur de Granby est importante pour les producteurs laitiers de la région, même si elle est située à près de 350 kilomètres de l'entrée ouest du Bas-Saint-Laurent.

Il faut comprendre que l'ensemble de la production de lait est livrée dans des usines à la grandeur du Québec, souligne Gabriel Belzile.

« Même s'il n'y a pas beaucoup de lait du Bas-Saint-Laurent qui s'en va à Granby, c'est 800 000 litres de lait par jour qui sont transformés là. Ça représente 10 % de la production du Québec. »

— Une citation de  Gabriel Belzile, président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent

Il ajoute que la province produit 70 millions de litres de lait et que lorsqu'une usine d'une telle ampleur cesse de transformer le lait, cela crée bien des soucis. L'impact paraît peut-être loin du Bas-Saint-Laurent, mais étant donné que tout est partagé, ça a un impact direct sur les producteurs de la région, poursuit-il.

Une solution pour éviter le gaspillage du lait?

Selon Gabriel Belzile, il aurait été difficilement possible de ne pas gaspiller de lait parce que les usines de transformation travaillent déjà au maximum de leur capacité.

Il aurait donc été difficile d'envoyer le lait d'une usine de l'ampleur de celle de Granby vers une autre usine.

En même temps, on a eu des bris dans d'autres usines. [...] Ce qui a posé problème en fin de semaine, c'est que c'était la fête du Canada. Beaucoup d'usines étaient déjà en perte de vitesse avec des employés en vacances. Donc, c'était difficile de virer à plein régime pour certaines usines, Gabriel Belzile.

Il ajoute que moins de lait devrait être jeté dans les jours à venir puisque les usines ont repris leur rythme normal après la longue fin de semaine.

Le président régional des Producteurs de lait souhaite que les deux parties commencent à négocier sérieusement pour régler le conflit le plus rapidement possible.

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