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Une saison difficile pour les crabiers gaspésiens et madelinots

Crabiers au quai de Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

Les crabiers attendaient impatiemment le lancement de la pêche le 13 avril en matinée (archives).

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Les acteurs de l’industrie de la pêche au crabe ont conclu, le 30 juin, une saison qui leur a causé bien des maux de tête. Baleines noires, effondrement du marché américain et embargo tardif des États-Unis sur le crabe russe : les pêcheurs ont eu droit à une saison difficile à oublier, mais pas pour les bonnes raisons.

Si une hausse importante des quotas laissait présager une excellente saison, les crabiers ont ensuite été rattrapés par la réalité. La situation ne s’est pas améliorée au cours de la saison, au contraire.

Le grand départ des crabiers du sud du golfe, au Québec, et de l'Atlantique a eu lieu le 13 avril, après quatre jours d’attente. Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) avait repoussé la rencontre sur la date de départ pour la pêche, indiquant que la Garde côtière n’était pas prête. Le début de la pêche est fixé avant chaque saison, au printemps.

La pêche, qui a débuté tardivement, a ensuite été perturbée dans plusieurs cas. Les baleines [noires] sont arrivées très tôt dans la saison. Il y a eu beaucoup de fermetures, déplore Paul Boudreau, représentant des crabiers traditionnels des Îles-de-la-Madeleine.

Paul Boudreau.

Paul Boudreau est le représentant des crabiers traditionnels des Îles-de-la-Madeleine. Il représente les crabiers de la zone 12.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

La demande quant au crabe canadien a littéralement chuté, notamment sur le marché américain, faisant baisser le prix à la livre qu’obtiennent les pêcheurs. Ça a commencé très fort, rappelle M. Boudreau, mentionnant que le prix est toutefois passé de 8,50 $ à 6 $ la livre.

« Il y a encore énormément de crabe d’entreposé sur le marché. On peut dire qu’il s’est quasi effondré. »

— Une citation de  Paul Boudreau, représentant des crabiers traditionnels des Îles-de-la-Madeleine

Représentant la trentaine de crabiers gaspésiens, Daniel Desbois confirme les observations de son confrère madelinot. C’est quand même assez rare, renchérit-il en parlant de la quantité de crabe toujours en stock et de son écoulement, fort difficile.

Daniel Desbois, président de l'Association des crabiers de la Gaspésie.

Daniel Desbois, président de l'Association des crabiers de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada

C’est la première fois [qu’on voit ça]. Normalement, les acheteurs appelaient pour faire des commandes, mais là, les usines ont dû se mettre sur le téléphone pour essayer de le vendre, ajoute Paul Boudreau.

« On s’attendait à une meilleure réponse du marché cet été. L’Alaska n’avait presque pas de quotas. »

— Une citation de  Daniel Desbois, président de l’Association des crabiers gaspésiens

Daniel Desbois est catégorique : les pêcheurs vivent toujours, quelques jours après la fin de la saison, de la frustration. Le marché, on ne le contrôle pas, indique-t-il, impuissant.

M. Boudreau constate que les crabiers semblent subir les soubresauts de la hausse des prix enregistrée l’an dernier. Le crabe, notamment destiné au monde des croisières et des casinos, a été mis de côté.

Trop peu, trop tard

L’embargo des États-Unis sur le crabe russe, entré en vigueur le 23 juin, est arrivé trop tard pour changer quoique ce soit à la situation des crabiers canadiens. C'est du moins ce qu'estiment les représentants des pêcheurs gaspésiens et madelinots.

Le crabe, produit marin phare de nos régions

La pêche au crabe des neiges est l'une des plus lucratives au pays.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

C’est très désolant que ça ait pris autant de temps. Finalement, on a attendu qu’ils passent tout le crabe russe avant qu’il y ait un embargo sur le marché, ce qui n’est pas vraiment logique, M. Boudreau.

Le crabier Daniel Desbois estime pour sa part que cette décision a été prise par les Américains afin de bien paraître. À la fin juin, le crabe est fini. C’est comme s’il n’y avait rien eu de fait, dit-il, catégorique.

Et l’an prochain?

Paul Boudreau croit que la prochaine saison sera bonne en fait de ressources, mais pour le reste, le Madelinot ne se fait pas trop d’espoirs. À mon avis, le marché ne se rétablira pas dans l’année qui vient et ce sera encore difficile l’année prochaine.

Quant à Daniel Desbois, il estime qu’il est trop tôt pour faire des prévisions. La dernière saison a démontré, à son avis, que les attentes peuvent être rapidement déçues. On avait tellement d’espoir cette année et ça a chaviré en un mois. C’est tellement loin, l’année prochaine, au niveau du marché, qu’on ne sait pas.

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