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Les hôteliers surchargés de la Côte-Nord

La pénurie de main-d'œuvre les force à s’adapter, c’est-à-dire à travailler beaucoup et à chercher des travailleurs à de nouveaux endroits.

Hôtel Le Voyageur de Sept-Îles.

Hôtel Le Voyageur de Sept-Îles

Photo : Hôtel Le Voyageur

Radio-Canada

Hôtels, motels et restaurants de la Côte-Nord peinent à trouver des employés, tandis que la saison touristique bat son plein.

Quelque 1500 employés manqueraient à l’appel dans l’hôtellerie et la restauration au Québec, et les secteurs de la Côte-Nord ne font pas exception. Leurs propriétaires font des pieds et des mains pour pallier ce manque.

De la flexibilité

Martin Lamothe, directeur général de l’hôtel Le Voyageur, doit prêter main-forte à l’équipe en place pour pallier le manque de deux employés. Pour attirer ce nouveau personnel, la flexibilité est son outil de prédilection.

Les travailleurs saisonniers, explique-t-il, notamment les étudiants, ont énormément de choix en ce qui a trait à l’emploi. Cela force les employeurs à faire des concessions par rapport à leurs demandes, selon lui.

« Ils désirent moins travailler le week-end, ils désirent moins travailler le soir. Nous, en hôtellerie, c’est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, donc c’est peut-être moins attractif. »

— Une citation de  Martin Lamothe, directeur général de l’hôtel Le Voyageur

Plus question de demander une disponibilité six jours par semaine, comme il le faisait autrefois. L’employeur doit être ingénieux au niveau des horaires. Des fois, quelqu’un qui vient juste faire un quatre heures, ça nous permet d’avoir quelques chambres de plus.

Surcharge et multitâche

Richard Beaudry est propriétaire de l’Auberge La Cache, à Natashquan, ainsi que du Marché Natashquan. Habitué à enfiler plusieurs chapeaux, il est forcé à s’éparpiller encore davantage par la pénurie de main-d'œuvre.

Une vue du village de Natashquan.

Le village de Natashquan

Photo : Radio-Canada

Je vais vous dire, monsieur, hier, je tondais la pelouse, s’exclame au téléphone le propriétaire qui, aujourd’hui, était aussi plongeur pour le restaurant de l’Auberge. Pour garder toutes ses chambres ouvertes cet été, il a dû demander à trois retraités de venir travailler.

Juana Montero, elle, est propriétaire du Motel du Havre, à Havre-Saint-Pierre. Elle prévoit beaucoup travailler cet été. Cette année devrait être comme la dernière, alors qu'elle a enchaîné 181 jours sans congé. 

De 6 h à 21 h, elle assure le bon fonctionnement de son établissement. Malgré ce travail incessant, elle doit fermer 10 à 12 de ses 77 chambres.

Le futur de la main-d'œuvre

Afin de trouver des solutions à la pénurie de personnel, les propriétaires d'établissements d’hôtellerie sur la Côte-Nord se tournent désormais vers la formation et l’arrivée de travailleurs étrangers.

« C’est sûr qu'ici, ça va prendre l’immigration. C’est vraiment difficile en ce moment. »

— Une citation de  Juana Montero, propriétaire du Motel du Havre

Richard Beaudry, de l’Auberge La Cache, à Natashquan, croit pour sa part qu’une relève pourrait venir de la région. Il fait d'ailleurs partie d’un groupe d'hôteliers cherchant à instaurer des formations en Basse-Côte-Nord. Un processus qui comprend bien des obstacles administratifs, se plaint-il.

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