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Un tir israélien a vraisemblablement tué la journaliste Abu Akleh, dit Washington

La conclusion américaine a donné lieu à des réactions contrastées de la part d’Israël et de l’Autorité palestinienne.

Shireen Abu Akleh, photographiée près de la vieille ville de Jérusalem.

Shireen Abu Akleh, journaliste américano-palestinienne et correspondante vedette d'Al-Jazira, a été tuée le 11 mai, en Cisjordanie occupée, par un tir des forces de défense israéliennes.

Photo : Associated Press

Agence France-Presse

Les États-Unis ont jugé lundi que la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh avait « vraisemblablement » été tuée par un tir provenant d'une position israélienne, sans raison de croire que sa mort ait été intentionnelle.

Les experts américains, à qui l'Autorité palestinienne avait confié la balle ayant tué la correspondante vedette d'Al-Jazira alors qu'elle couvrait le 13 mai une opération militaire israélienne à Jénine, en Cisjordanie occupée, n'ont toutefois pas pu atteindre de conclusion définitive quant à l'origine du projectile, précise le porte-parole du département d'État, Ned Price, dans un communiqué.

Ces conclusions ont immédiatement donné lieu à des réactions contrastées côté israélien et palestinien : l'État hébreu a insisté sur le fait qu'il avait lui-même mené un examen de la fameuse balle, en présence de responsables sécuritaires américains, alors même que l'Autorité palestinienne s'était toujours refusée à lui confier la balle, tandis que Ramallah a dénoncé une tentative de cacher la vérité.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a appelé à une enquête internationale et accusé les États-Unis d'être complices de la mort de la journaliste.

Le premier ministre israélien Yaïr Lapid a, lui, regretté dans un communiqué la mort tragique de Mme Abu Akleh et a indiqué que l'enquête de l'État hébreu avait conclu qu'il n'y avait eu aucune intention de lui nuire.

La mort de cette journaliste très appréciée et reconnue d'Al-Jazira a secoué le Proche-Orient.

Équipée d'un gilet pare-balles clairement marqué de la mention presse et d'un casque, elle avait été victime d'un tir à la tête et un autre journaliste avait été blessé par balle alors qu'ils s'étaient rendus aux abords du camp de réfugiés de Jénine, bastion des factions armées palestiniennes où les forces israéliennes menaient ce jour-là un raid.

Tant l'Autorité palestinienne qu'Al-Jazira, ainsi que le pays finançant la chaîne, le Qatar, ont immédiatement accusé l'armée israélienne de l'avoir tuée.

Israël n'a cessé de rejeter ces accusations, affirmant qu'il est impossible de connaître l'origine exacte du tir, israélienne ou palestinienne, et continue d'exclure en tout état de cause un tir délibéré.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a quant à lui conclu le 24 juin à une responsabilité de l'armée israélienne tout en excluant, à l'instar des États-Unis, un tir délibéré, une enquête néanmoins rejetée comme sans fondement par le ministre israélien de la Défense Benny Gantz.

De son côté, la famille de la journaliste s'est dite atterrée de l'absence de conclusion formelle quant à l'origine du tir, dans un communiqué partagé sur Twitter.

« Nous continuerons de réclamer justice pour Shireen et que soient tenus pour responsables l'armée et le gouvernement israéliens, en dépit des tentatives de masquer la réalité de ce qui s'est passé le 11 mai. »

— Une citation de  La famille de la journaliste tuée

Les autorités palestiniennes avaient toujours refusé de remettre le projectile fatal à l'armée israélienne et l'avaient finalement confié aux Américains dans l'espoir d'une expertise indépendante.

Mais l'armée israélienne a dit lundi avoir elle-même mené un examen balistique du projectile – de calibre 5,56 mm et tiré par un fusil semi-automatique Ruger Mini-14, selon le procureur palestinien – en présence de responsables sécuritaires américains.

Dans son communiqué, le département d'État américain indique simplement que l'analyse scientifique extrêmement détaillée a été menée par des experts indépendants et d'une tierce partie, dans le cadre d'un processus supervisé par les États-Unis.

Un responsable palestinien avait indiqué dimanche à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que la possibilité qu'Israël examine la balle confiée aux États-Unis soulevait des questions quant à savoir si l'on pouvait faire confiance aux Américains.

Pour le reste de leur analyse, les autorités américaines disent avoir eu ces dernières semaines un plein accès aux enquêtes des forces israéliennes et de l'Autorité palestinienne.

Les États-Unis [...] continuent d'encourager la coopération entre Israël et l'Autorité palestinienne dans cette affaire importante et exhortent à ce que des comptes soient rendus en la matière, a ajouté Ned Price.

Ces derniers développements interviennent moins de dix jours avant une visite du président américain Joe Biden en Israël et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, dans le cadre de sa première tournée au Moyen-Orient depuis son accession à la Maison-Blanche.

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