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Glacier effondré en Italie : Rome met en cause le réchauffement climatique

Un hélicoptère transportant des secouristes survole le glacier.

Le glacier de la Marmolada, surnommé « la reine des Dolomites ».

Photo : Getty Images / AFP / PIERRE TEYSSOT

Agence France-Presse

L'effondrement d'une partie du glacier de la Marmolada, le plus grand des Alpes italiennes, est bien lié au réchauffement climatique, a confirmé lundi le premier ministre italien au lendemain de la catastrophe qui a fait au moins sept morts et huit blessés.

Quatorze personnes sont également signalées manquantes par leurs proches, mais leur présence sur place au moment où le glacier s'est rompu n'est pas confirmée. Parmi les blessés, deux Allemands, un homme de 67 ans et une femme de 58 ans, se trouvent toujours dans un état grave.

La catastrophe, survenue au lendemain d'un record de température de 10 °C au sommet du glacier, en pleine vague de chaleur précoce sur la péninsule italienne, est sans aucun doute liée à la dégradation de l'environnement et de la situation climatique, a déclaré lundi sur place le premier ministre de l'Italie Mario Draghi.

Il regarde vers le bas, l'air triste. Des secouristes se tiennent derrière lui.

Le premier ministre Mario Draghi a exprimé son soutien aux familles des victimes.

Photo : La Presse canadienne / AP / Luca Bruno

Les secouristes ont déployé des drones équipés de caméras thermiques, espérant localiser d'éventuels survivants dans la masse de glace et de roches éboulées, a indiqué à l'AFP le maire de la localité de Canazei, Giovanni Bernard. Ce sont des conditions dangereuses pour les secouristes qui ne peuvent progresser à pied.

Les chances de retrouver des survivants sont presque nulles, a prévenu le responsable des services de secours en haute montagne de la région, Giorgio Gajer, à l'agence italienne AGI.

J'étais sur la terrasse du refuge, j'ai entendu un grondement, je me suis tourné vers ma gauche et j'ai vu une masse de glace qui descendait de la montagne, puis un grand nuage de poussière. Ça a duré deux ou trois minutes et le nuage de glace s'est dissous, a raconté à l'AFP Luca Medici, 54 ans, moniteur de ski vivant à Canazei.

Seules trois des sept victimes ont été identifiées, mais leur nationalité n'a pas été dévoilée par les autorités.

Le glacier s'est effondré près du lieu-dit Punta Rocca, le long de l'itinéraire normalement emprunté pour atteindre son sommet.

Changements climatiques en cause

La tragédie est la conséquence des conditions météorologiques actuelles, c'est-à-dire un épisode de chaleur précoce qui coïncide avec la problématique du réchauffement climatique, a expliqué à l'AFP le professeur Massimo Frezzotti, du Département des sciences de l'Université Roma Tre.

La fonte s'est accélérée dans les Alpes. Nous avons connu un hiver extrêmement aride, avec un déficit de précipitations de 40 à 50 %. Les conditions actuelles du glacier correspondent à la mi-août, pas à début juillet, selon le chercheur.

En raison de ces températures très élevées, une accumulation d'eau s'est malheureusement formée sous le glacier, ce qui a provoqué l'effondrement, a déclaré à l'AFP Paolo Talmon, 56 ans, propriétaire de l'auberge du glacier Marmolada. Je vis ici depuis 50 ans et c'est la première fois que je vois ça.

Des images filmées depuis un refuge voisin de la catastrophe montrent les débris du glacier mêlés de roches dévaler les pentes de la montagne dans un bruit fracassant à 300 km/h, selon les autorités locales. D'autres images prises par des touristes sur leur portable montrent de loin la langue grisâtre de l'avalanche emporter tout sur son passage, ne laissant aucune chance aux alpinistes qui se trouvaient sur sa trajectoire.

Sur des images transmises par les secours alpins, on peut voir les secouristes s'activer près du lieu du sinistre, survolé par des hélicoptères pour acheminer les victimes dans la vallée au village de Canazei, non loin de l'endroit d'où part le téléphérique qui conduit au sommet du glacier.

Selon le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) paru le 1er mars, la fonte des glaces et des neiges est l'une des dix menaces majeures causées par le réchauffement climatique, perturbant les écosystèmes et menaçant certaines infrastructures.

Le GIEC indique que les glaciers en Scandinavie, en Europe centrale et dans le Caucase pourraient perdre 60 à 80 % de leur masse d'ici à la fin du siècle.

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