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Des Acadiens influents demandent une enquête sur la gestion de Vitalité

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Le Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont du Réseau de santé Vitalité à Moncton en juillet 2021.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Dans une lettre publiée dans l'Acadie Nouvelle lundi, Denis Losier, Rino Volpé, Bernard Richard et le Dr William (Bill) Laplante dénoncent la gestion du Réseau de santé Vitalité qu’ils qualifient de « repoussoir ».

Démissions de spécialistes, départs précipités à la retraite, difficulté à recruter des étudiants en médecine acadiens : les quatre signataires de la lettre estiment que notre système de santé est notre plus grand malade et il a besoin de soins urgents.

Rino Volpé est un ancien PDG du réseau Vitalité, Bernard Richard a été ombudsman du Nouveau-Brunswick, Denis Losier est un ancien PDG d’Assomption Vie et a été ministre provincial alors que le Dr Laplante est médecin à la retraite et trésorier du groupe Égalité santé en français.

Un climat malsain dénoncé

Ils sont particulièrement durs avec la direction du Réseau de santé Vitalité.

La direction semble sous-estimer le problème et ne pas voir la grogne qui s’amplifie tous les jours, pensent-ils.

Selon eux, des problèmes de gestion contribuent à la pénurie de personnel au réseau.

Vitalité doit retrouver sa crédibilité pour retenir et recruter le personnel tant nécessaire et renouer avec la qualité, écrivent-ils.

La Dre France Desrosiers.

La Dre France Desrosiers est PDG du Réseau de santé Vitalité. Selon les signataires de la lettre, la gestion du réseau doit faire l'objet d'une enquête indépendante.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

En entrevue à l’émission La matinale, Denis Losier, explique que les signataires ont parlé à plusieurs employés du réseau, incluant des infirmières et des médecins. Ceux-ci leur ont confié qu’il existe un climat de travail malsain à Vitalité.

Il y a un climat de peur qui existe, dit-il.

Selon lui, le conseil d'administration est redevable à la population et doit se pencher sur ces questions.

« Qu’est-ce qui fait que le climat de travail est aussi malsain? Est-ce que le conseil d'administration prend la situation au sérieux? On n’est pas sûrs. »

— Une citation de  Denis Losier, signataire

Les gens, les employés, les citoyens, ont perdu confiance dans la régie Vitalité. Et ce serait grand temps qu'on mette en marche des processus pour que les gens – y inclus les employés et les patients, les citoyens – reprennent confiance en Vitalité, estime un autre signataire de la lettre, Rino Volpé.

Il faudrait quand même qu'il y ait une confiance qui soit établie dans le public, au niveau des employés, qu'on va quelque part. Présentement, pendant trop longtemps, les citoyens, les employés ont l'impression qu'ils ne vont pas nulle part, ajoute-t-il.

Rino Volpé en entrevue.

Rino Volpé a été PDG du Réseau de santé Vitalité en 2013-2014 (archives).

Photo : Radio-Canada

Le ministère de la Santé a annoncé jeudi la nomination d’un nouveau président du conseil d’administration de Vitalité, soit l’avocat de Moncton Mathieu Picard.

Pour une enquête externe

Les signataires de la lettre estiment que pour le bien à tous, une enquête indépendante externe s’impose. Selon eux, une telle enquête serait un premier pas vers la transparence alors que l’opacité actuelle est un véritable danger pour notre système de santé.

Ils suggèrent aussi au conseil d’administration de se doter d’une ligne 1-800 pour que le personnel du réseau puisse partager ses inquiétudes de façon confidentielle.

Denis Losier rappelle que le réseau est un employeur majeur avec ses 9000 employés et que dans le secteur privé, une entreprise de taille comparable aurait un mécanisme d’évaluation de ses cadres.

Denis Losier.

Denis Losier dit avoir discuté avec plusieurs médecins, qui craignent de dénoncer leur employeur (archives).

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Il ne semble pas y avoir d’indicateurs de performance. Il faudrait une évaluation des pratiques de gestion au niveau des ressources humaines, estime Denis Losier.

Des armes pour une fusion

Selon les signataires, il y a des risques à ne pas régler les problèmes qui existent au sein du réseau.

Vitalité, par son incapacité évidente à gérer de façon compétente notre réseau, en particulier ses ressources humaines, donne tacitement au gouvernement le prétexte dont il a besoin pour le fusionner avec Horizon, peut-on lire dans la lettre publiée dans l'Acadie Nouvelle.

Cette idée refait surface ponctuellement dans l'actualité. Récemment, l'ancien chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, maintenant député conservateur, Kris Austin a voulu discuter de cette idée au caucus de son parti, mais la proposition a été rejetée rapidement par le chef Blaine Higgs.

Malgré tout, Denis Losier craint que les Acadiens perdent certains acquis dans la foulée de la crise des soins de santé.

Tout le monde a besoin du système hospitalier. On a travaillé tellement longtemps, la population acadienne, pour avoir un réseau qui offrait des services de qualité, on ne peut pas se permettre actuellement de perdre ces services-là pour lesquels on s’est battus pendant les 50 dernières années, déplore-t-il.

Radio-Canada a demandé aux responsables du Réseau de Santé Vitalité de répondre à cette lettre, mais n'a toujours pas reçu de réponse, lundi soir.

Avec des informations de l'émission La matinale d'ICI Acadie et du journaliste Pascal Raiche-Nogue

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