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L’Université Laurentienne gèlera les droits de scolarité des étudiants internationaux

Le Centre étudiant de l'Université Laurentienne.

En septembre 2020, l’Université Laurentienne comptait 597 étudiants internationaux. Ce nombre a baissé à 563 en 2021.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

L’Université Laurentienne, à Sudbury, a indiqué la semaine dernière qu’elle n’augmentera pas les frais de scolarité pour les étudiants internationaux, dans l’espoir d’en attirer davantage et de faire concurrence aux autres universités ontariennes.

Historiquement, la Laurentienne n'a pas eu un grand nombre ou une grande proportion d'étudiants internationaux sur le campus, lorsque nous comparons avec d'autres universités, a déclaré Serge Demers, vice-recteur aux affaires étudiantes et secrétaire général.

Il estime que l’Université est en mesure d’en attirer plus.

Même si les étudiants internationaux ne représentent que 8,6 % des étudiants de la Laurentienne, ils devraient fournir 22,5 % des revenus liés aux droits de scolarité pour l’année scolaire 2022-2023, selon Michel Piché, vice-recteur aux finances et à l’administration.

Nous pensons qu'à l'heure actuelle, nous ne voulons pas augmenter les frais internationaux pour inciter les étudiants internationaux à venir sur le campus, à venir à la Laurentienne, a-t-il affirmé lors d’une rencontre du Conseil des gouverneurs de l’Université le 24 juin.

En 2019-2020, l’Ontario a réduit de 10 % les droits de scolarité pour les étudiants ontariens, et ces droits sont gelés depuis.

En comparaison, il n’y a pas de limite au montant qui peut être demandé aux étudiants internationaux.

M. Demers explique que les frais de scolarité payés par les étudiants internationaux à la Laurentienne se situent autour de la moyenne provinciale.

Les étudiants internationaux au premier cycle payent en moyenne 26 000 $ par année.

Le vice-recteur aux affaires étudiantes et secrétaire général est convaincu que les étudiants internationaux ont un important rôle à jouer pour assurer la stabilité financière de l’Université Laurentienne, qui est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis le 1er février 2021.

Efforts de recrutement en Asie et en Afrique

En plus de geler les droits de scolarité, l’Université Laurentienne intensifiera ses campagnes de communication à l’étranger.

Les marchés clés incluent l’Inde, la Chine, le Bangladesh, le Vietnam et le Nigeria, selon Serge Demers.

L’université sudburoise déploiera un ou deux contacts principaux dans chaque pays, qui seront responsables d’une équipe d'agents de recrutement.

Ceux-ci auront pour tâche de faire la promotion d’une petite université dans une ville plutôt méconnue.

M. Demers avance que la proximité de la nature et de grands espaces verts est l’un des principaux arguments de vente.

Un équilibre à trouver

La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants-Ontario estime que les universités de la province dépendent trop des étudiants internationaux.

C'est un problème particulièrement important à la Laurentienne à cause de l'insolvabilité et tout le reste, souligne Camille Duhaime, trésorière de la fédération et récente diplômée de la Laurentienne.

Un portrait de Camille Duhaime.

Camille Duhaime croit qu'il y a de bonnes raisons de vouloir attirer des étudiants internationaux et que l'argent ne devrait pas être la principale motivation.

Photo : Avec la permission de Camille Duhaime

Mais tous les établissements postsecondaires ont la même stratégie qui consiste à compter sur les étudiants étrangers pour subventionner la réduction du financement qui se poursuit dans la province, déplore-t-elle.

La fédération demande davantage de financement provincial pour les universités et une diminution des frais de scolarité pour les étudiants, voire la gratuité.

« C'est presque comme si, pour les institutions universitaires ou postsecondaires, les étudiants internationaux étaient des vaches à lait avant d'être des êtres humains. »

— Une citation de  Camille Duhaime, trésorière de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants-Ontario

Mme Dumaine croit aussi que de trop dépendre des étudiants internationaux rend les universités vulnérables aux aléas de la politique internationale.

Elle donne en exemple l’Arabie Saoudite, qui a suspendu en 2018 les bourses d’études de 16 000 étudiants inscrits dans une université canadienne, dont 130 qui se trouvait à l’Université Laurentienne.

Le vice-recteur aux affaires étudiantes de la Laurentienne assure que l’Université veut maintenir un équilibre entre les étudiants internationaux et les étudiants canadiens.

Tout doit être fait avec modération, a déclaré Serge Demers. Je pense donc qu'en tant que campus, il faut déterminer quelle est la répartition optimale entre les étudiants canadiens et les étudiants internationaux.

Avec les informations de Jonathan Migneault de CBC

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