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Avortement : des médecins demandent la levée de « restrictions injustifiées » au Québec

Un médecin assis à son bureau.

Lundi matin, environ 300 professionnels de la santé avaient déjà signé la lettre ouverte.

Photo : iStock / Squaredpixels

Radio-Canada

Des professionnels de la santé demandent au Collège des médecins du Québec (CMQ) la levée de la formation spécifique pour prescrire la pilule abortive, une obligation unique au pays et qui ralentit l'accès à l'avortement.

La solution est simple : il faut que le CMQ retire ses restrictions – injustifiées – autour de l’accès à l’avortement, plaident-ils.

Dans une lettre ouverte adressée à leur ordre professionnel signée par plus de 300 spécialistes, l'annulation de l'échographie obligatoire était aussi demandée, ce qui a été obtenu.

Ces exigences nuisent à l'accès à l'avortement, estiment les signataires de la lettre ouverte : C’est sans surprise qu’il y ait peu de prescripteurs au Québec et qu’un grand nombre de patientes font face à des délais importants.

Au Canada, il existe deux moyens d'interrompre une grossesse, par instruments médicaux et par médicament. La seconde solution représente environ 10 % des interventions au Québec, une statistique inférieure à des juridictions similaires, indique la Dre Geneviève Bois.

Le Québec est un des endroits dans le monde qui est le plus pro-choix. Effectivement, nous sommes dans une posture qui peut être jugée comme enviable par rapport à plusieurs juridictions, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’obstacles, dit la médecin de famille.

« L’important, c’est qu’il n’y ait pas de barrières indues. »

— Une citation de  Dre Geneviève Bois

Tandis que la distance séparant les patientes d'un point de service peut constituer un obstacle pour l'intervention à l'aide d'instruments, les conditions en vigueur pour obtenir l'avortement par médicament rendent la procédure inutilement lente et complexe, disent les experts.

La pilule abortive (Mifegymiso au Canada) permet de mettre fin à une grossesse non désirée jusqu’à neuf ou dix semaines. Elle ne doit pas être confondue avec la pilule du lendemain, qui est une contraception d’urgence et pas un médicament abortif.

Les restrictions en vigueur au Québec existent depuis que le médicament a été autorisé par Santé Canada il y a cinq ans.

Depuis, Santé Canada a révisé ses exigences par rapport à la formation obligatoire et à l'échographie systématique pour obtenir le médicament, mais le Collège des médecins avait jusqu'ici maintenu le statu quo avant d'annuler l'échographie obligatoire un peu moins d'une semaine après avoir reçu la lettre ouverte.

En ce moment au Canada, seule la province du Québec oblige les médecins à suivre une formation obligatoire et en personne. Il s'agit d'une exception à la règle, puisque les médecins suivent le principe de l'autoformation.

On a déjà une obligation déontologique comme médecin de fournir des soins de qualité, il n’y a pas d’autres procédures pour d’autres médicaments pour lesquels on nous demande de faire une formation spécifique sanctionnée par le Collège, même pas l'aide médicale à mourir, déplore la Dre Geneviève Bois.

Réponse du Collège

À la lumière des recommandations de Santé Canada, le CMQ étudiait déjà la possibilité d'assouplir ses règles en matière de pilule abortive, a-t-il fait savoir dans sa réponse aux 300 médecins.

Aussi, l'annulation de l'arrêt Roe c. Wade aux États-Unis a motivé les deux parties d'accélérer ces modifications.

La décision de la Cour suprême américaine bouscule les choses et le Collège est à l’écoute des changements sociaux, agile et prêt à s’adapter, lit-on dans la réponse du CMQ.

La permission de prescrire la pilule abortive sans échographie constitue un pas en avant, mais la Dre Geneviève Bois presse le CMQ de mettre fin à la formation obligatoire et en personne.

Alors que la pandémie a permis d’augmenter l’accès à l’avortement médical ailleurs au Canada, en facilitant l'envoi de la pilule abortive par la poste, par exemple, la situation stagne au Québec, déplorent les signataires de la missive.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette et d'Elyse Allard.

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