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Comment une excursion en canoë a mené au maintien d’une langue autochtone

Un canoë sur une rivière.

L'auteur Ian McCallum profite d'un voyage en canoë pour enseigner une langue autochtone.

Photo : offerte par Ian McCallum

Radio-Canada

Lorsque Ian McCallum a mis un canoë à l'eau dans la rivière Thames, près de London, en Ontario, pour la première fois en août dernier, il recherchait plus qu'une aventure : il espérait que cela l'aiderait à voir la rivière à travers le prisme culturel et historique de ses ancêtres.

Aujourd'hui, ce voyage de deux jours entre London et Munsee, en Ontario, a inspiré un livre dans le contexte d'un effort plus vaste destiné à revitaliser la langue lunaape, également appelée munsee. Celle-ci est en voie de disparition, selon l’expert.

La nouvelle ressource linguistique s'intitule Asiiskusiipuw wiichkuneew Munsiiwak, qui se traduit par Voyage en canot sur la rivière Thames. Elle permet d'apprendre le vocabulaire de base du munsee.

Cette langue subit de fortes pressions qui menacent sa survie, a déclaré M. McCallum, éducateur linguistique pour la nation Munsee-Delaware, située à environ 20 km au sud-ouest de London, à la frontière des Chippewas de la communauté de la rivière Thames.

Il est un des deux locuteurs intermédiaires de la langue lanaape dans cette communauté linguistique qui, selon l'UNESCO, est en grave danger d'extinction. L'organisation affirme que moins de 10 personnes parlent couramment cette langue.

L’objectif de M. McCallum consiste à aider les lecteurs de tous les âges à comprendre la rivière dans le vocabulaire traditionnel.

Ian McCallum tient un exemplaire de son livre.

Ian McCallum est l'auteur du livre « Asiiskusiipuw wiichkuneew Munsiiwak ».

Photo : offerte par Ian McCallum

L'histoire de la communauté

Ce voyage en canoë est une merveilleuse façon de voir ce que mes ancêtres ont pu voir lorsqu'ils sont arrivés sur la Thames au début des années 1780, a déclaré M. McCallum.

Le défunt chef Munsee-Delaware Mark Peters a participé à l'excursion en canoë et a décrit l'histoire de la terre, y compris l'emplacement des villages dans les années 1800. M. Peters est décédé en juin.

M. McCallum s'estime chanceux d'avoir pu apprendre autant de M. Peters au cours de ce voyage.

Nous avons perdu quelqu'un qui connaissait très bien l'histoire, a déclaré M. McCallum. Il a été un mentor pour moi.

M. McCallum a grandi en entendant la langue lunaape dans sa communauté quand il était enfant. Son arrière-grand-père parlait cette langue avec sa famille. Nous avons eu la chance d'entendre ces locuteurs. C'est à nous de partager ce que nous savons et de transmettre la langue, dit-il.

Lorsque M. McCallum est entré à l'université, il a eu la possibilité de suivre d'autres cours de langues autochtones, mais pas le munsee. Il a alors décidé d'apprendre la langue du mieux qu'il le pouvait.

Aujourd'hui, il s'efforce de transmettre ses connaissances avec la communauté. En plus de son travail auprès de la Nation Munsee-Delaware, il effectue des recherches sur la revitalisation de la langue dans le cadre d'un programme de doctorat à l'Université de Toronto et il travaille au bureau de l'éducation autochtone du ministère de l'Éducation dans la région de Barrie.

Les ateliers traditionnels comme le perlage, la vannerie et la plantation sont une autre façon de faire connaître cette langue, dit-il.

Il s'est associé à sa voisine Karen Mosko, une autre locutrice de la langue lunaape, pour donner des cours, organiser des ateliers et créer des ressources pédagogiques. Ils se sont même tournés vers Internet en produisant des vidéos et des ressources pour les médias sociaux.

L'intérêt pour l'apprentissage de la langue ne fait que croître, explique-t-il. Pendant la pandémie, il a vu environ 170 personnes assister à des cours de langue virtuels.

La réponse est extraordinaire, a-t-il déclaré. Des gens sont venus de toute l'Amérique du Nord.

En août, il prévoit pagayer de Muncey à Moraviantown, une Première Nation située à environ 50 km au sud-ouest de Chatham-Kent. Il s'attend à ce que le voyage dure au moins deux jours.

C'est là que vit le seul locuteur vivant de la première langue lunaape.

M. McCallum estime qu'il s'agit là de la pointe de l'iceberg de la recherche, a-t-il déclaré. Il a déjà prévu d'autres ressources d'apprentissage pour continuer à transmettre les connaissances qu'il a acquises.

Avec les informations de CBC

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