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Géorgie : des dizaines de milliers de manifestants pro-européens à Tbilissi

Des citoyens se sont rassemblées dans la capitale géorgienne le 3 juillet pour demander la démission du gouvernement.

Des manifestants brandissent un drapeau de l'Union européenne lors d'un rassemblement en faveur de l'adhésion de la Géorgie à l'UE à Tbilissi le 3 juillet 2022.

Photo : afp via getty images / VANO SHLAMOV

Agence France-Presse

Des dizaines de milliers de militants pro-européens ont de nouveau manifesté dimanche à Tbilissi, la capitale de la Géorgie, pour demander la démission du gouvernement, accusé d'avoir échoué à obtenir le statut de candidat à l'Union européenne.

Les manifestants, qui ont bloqué la circulation de la principale artère de la capitale, agitaient des drapeaux européens et géorgiens ainsi que des pancartes sur lesquelles était écrite la mention Nous sommes l'Europe, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'ensemble des formations d'opposition et plusieurs organisations pro-européennes avaient appelé à manifester pour accentuer la pression sur le parti au pouvoir, Rêve géorgien, accusé de dérive autoritaire et d'avoir détérioré les relations avec Bruxelles.

« Nous demandons que l'oligarque Bidzina Ivanichvili [fondateur du Rêve géorgien, NDLR] renonce au pouvoir exécutif et le transfère, en respectant la Constitution, à un gouvernement d'union nationale. »

— Une citation de  Les formations d'opposition dans un message sur Facebook

Un nouveau gouvernement doit mener les réformes demandées par l'UE, qui nous conféreront automatiquement le statut de candidat à une adhésion à l'UE, poursuit le texte.

Nous entamons aujourd'hui une nouvelle phase de nos manifestations : nous resterons unis, ont martelé les organisateurs.

Le 23 juin, les dirigeants européens se sont dits prêts à accorder le statut de candidat à la Géorgie, cible en 2008 d'une offensive armée russe, mais une fois que de profondes réformes auront été menées.

Cette décision a été suivie par des manifestations contre le Rêve géorgien, lors desquelles il a été exigé que Bidzina Ivanichvili – considéré comme l'homme fort du pays, même s'il n'a plus de fonction politique officielle – lâche le pouvoir.

La Géorgie, l'Ukraine et la Moldavie

La Géorgie, qui borde la mer Noire, a demandé à adhérer à l'UE en même temps que l'Ukraine et la Moldavie, deux autres ex-républiques soviétiques, quelques jours après l'attaque du Kremlin contre l'Ukraine, le 24 février.

Le 23 juin, les dirigeants européens ont accordé ce statut à Kiev et à Chisinau mais pas à Tbilissi tout en reconnaissant la perspective européenne de la Géorgie.

L'avenir de la Géorgie est au sein de l'UE, a assuré le président du Conseil européen, Charles Michel.

Cette annonce avait été saluée comme étant historique par la présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili. Nous sommes prêts à travailler avec détermination au cours des prochains mois pour obtenir le statut de candidat, a-t-elle écrit sur Twitter.

Plusieurs réformes demandées

Cependant, Bruxelles demande à Tbilissi des réformes pour renforcer la justice, la liberté de la presse, le système électoral, et pour lutter contre les oligarques dans un pays régulièrement secoué par des crises politiques.

Le premier ministre Irakli Garibachvili, du parti Rêve géorgien, a assuré que son gouvernement était mobilisé pour accomplir ces réformes et pour obtenir le statut de candidat le plus vite possible.

La Géorgie veut rejoindre l'UE et l'OTAN depuis des années. Sur fond de ces ambitions, une courte guerre l'a opposée en 2008 à la Russie, qui a reconnu dans la foulée l'indépendance de deux territoires séparatistes géorgiens.

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