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Des médecins demandent l’élargissement de l’accès à la quatrième dose en Ontario

Une personne se fait vacciner.

La quatrième dose d'un vaccin contre la COVID-19 n'est réservée qu'à certains groupes pour l'instant, y compris les personnes âgées de 60 ans et plus et les adultes des communautés autochtones.

Photo : pool/afp via getty images / CARLOS OSORIO

Des médecins demandent à l’Ontario de permettre à tous les adultes de recevoir un deuxième rappel du vaccin COVID-19 cet été, dose que la province limite actuellement à une partie seulement de la population.

Environ 7,4 millions d’Ontariens ont reçu une première dose de rappel. Près de 90 % de ces vaccins ont été administrés il y a au moins cinq mois, selon les données de la Santé publique de l’Ontario.

Des études montrent que les doses de rappel contre la COVID-19 commencent à perdre de leur efficacité quatre mois après avoir été administrées. Ainsi, de plus en plus de voix s’élèvent pour que l'Ontario élargisse l'admissibilité à une deuxième dose de rappel, soit une quatrième dose du vaccin.

Nous savons que la protection offerte par ces vaccins a été efficace pour réduire les maladies graves et les décès, mais elle s’estompe, indique la Dre Nili Kaplan-Myrth, une médecin de famille basée à Ottawa.

La médecin de famille est dans une salle de clinique et regarde l'appareil photo les bras croisés.

La Dre Nili Kaplan-Myrth estime que la province devrait élargir l'accès à une deuxième dose de rappel à tous les adultes ontariens.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick / La Presse canadienne

L’Ontario ne distribue actuellement la quatrième dose qu’aux personnes âgées de plus de 60 ans ainsi qu’aux adultes issus des communautés autochtones qui vivent dans des centres de soins de longue durée ou qui sont immunodéprimés. Environ 1,4 million de personnes sont admissibles, ce qui signifie qu’environ six millions de personnes qui ont reçu une dose de rappel l’hiver passé ne peuvent pas recevoir une quatrième injection pour l’instant.

Pharmacien au centre-ville de Toronto, Alexander Mihaila dit avoir déjà accueilli des Ontariens dans la quarantaine et la cinquantaine lui demandant une quatrième dose. Ils ont reçu leur dernière dose en hiver et craignent pour leur immunité contre la COVID-19.

« Mais je suis forcé de refuser ces doses à ces gens parce qu’ils ne sont toujours pas admissibles. »

— Une citation de  Alexander Mihaila, pharmacien

Nicole Wataszko fait partie des Ontariens qui veulent une quatrième dose mais qui ne sont toujours pas admissibles.

Ça me frustre. Je veux me sentir protégée et protéger mes proches et ceux qui m’entourent, dit-elle.

La semaine dernière, CBC News a demandé au ministère de la Santé combien de doses de vaccin contre la COVID-19 l’Ontario avait en stock. Cependant, les responsables n’ont pas fourni de réponse.

Au Québec, tous les adultes peuvent recevoir une quatrième dose depuis le début de mai.

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a recommandé la semaine dernière que toutes les personnes présentant un risque élevé de maladie grave reçoivent une dose de rappel en automne, quel que soit le nombre d’injections qu'elles ont déjà reçues.

Cette recommandation s'applique notamment à toutes les personnes âgées de 65 ans et plus. Le CCNI conseille par ailleurs que cette dose soit administrée au moins six mois après une dose précédente ou une infection à la COVID-19.

Rien n'indique que l'Ontario prévoit modifier sa politique d'admissibilité à la quatrième dose cet été.

Alexander Mihaila, « Monsieur le pharmacien », dans sa pharmacie au centre-ville de Toronto.

Alexander Mihaila dit qu'il est important d'offrir cette quatrième dose maintenant « pour qu'on puisse éviter une catastrophe potentielle à l'automne ».

Photo : Alexander Mihaila “Monsieur le Pharmacien”

Nous examinons les plus récentes directives du CCNI et nous fournirons plus de détails sur notre politique concernant les doses de rappel en automne, au cours des prochaines semaines, a déclaré un porte-parole du ministère de la Santé dans un courriel adressé à CBC News.

Cette réponse ne satisfait pas la Dre Nili Kaplan-Myrth.

« L'Ontario dit en quelque sorte : ‘‘Attendez, nous vous donnerons quelque chose à l'automne.’’ Mais ce n'est pas suffisant alors que des gens devraient déjà avoir accès à une dose de rappel. »

— Une citation de  La Dre Nili Kaplan-Myrth

Une crise à venir à l'automne?

Le Dr Steve Flindall, un urgentologue de la région de Toronto, plaide également pour que la province offre le rappel supplémentaire à tous les adultes dès maintenant.

C'est maintenant qu'il faut offrir la quatrième dose pour prévenir d'autres problèmes, affirme-t-il.

Il craint notamment qu'un intervalle plus long entre les rappels fasse en sorte que les Ontariens auront une réponse immunitaire moins robuste à une possible infection à la COVID-19.

Cela laisse de nombreuses personnes vulnérables exposées à des maladies graves, alors que l’on fait toujours face à un manque de personnel dans le secteur de la santé , déclare le Dr Steve Flindall.

Le Dr Flindall et la Dre Kaplan-Myrth soulignent que les personnes de moins de 60 ans qui ne sont pas admissibles à une quatrième dose sont actuellement plus susceptibles de contracter le virus que les personnes plus âgées parce qu'elles font partie de la population active. Les personnes occupant des emplois de première ligne sont d’ailleurs les plus à risque.

Il est déraisonnable de s'attendre à ce que les médecins, les infirmières et les autres travailleurs de la santé se retrouvent dans une situation où ils ne sont plus protégés contre le virus , a déclaré Mme Kaplan-Myrth.

Le pharmacien Alexander Mihaila remarque déjà, quant à lui, une hausse des cas de COVID-19. Il dit recevoir un plus grand nombre d’appels de gens qui lui demandent de l’aide pour faire leur test de dépistage à la maison. De plus en plus de tests s’avèrent positifs, remarque-t-il.

« On voit déjà un nombre grandissant de nouveaux cas confirmés. Selon moi, si l’on n’offre pas cette deuxième dose de rappel à la population générale, nous allons avoir de gros problèmes cet automne. »

— Une citation de  Alexander Mihaila, pharmacien

La Dre Nili Kaplan-Myrth estime par ailleurs qu'une grande partie de l'approvisionnement actuel en vaccins aura dépassé sa date d'expiration avant l'automne.

Nous parlons probablement de dizaines de milliers, voire de centaines de milliers de doses qui vont tout simplement aller à la poubelle , croit la médecin.

Il n'y a aucune justification médicale de ne pas administrer ces vaccins. C'est du gaspillage.

Avec des informations de CBC News

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