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Une mère poursuit Santé Sud et des employés pour négligence envers son bébé en 2017

L'enseigne de l'hôpital de Portage la prairie.

Une mère allègue que son fils, aujourd’hui âgé de 5 ans, n'a pas reçu les soins médicaux et les traitements adéquats en 2017 après le long saignement qui a suivi sa circoncision dans une clinique à Portage la Prairie. L'enfant âgé maintenant de 5 ans a subi des lésions cérébrales.

Photo :  CBC / Lyzaville Sale

Radio-Canada

En 2017, un bébé a subi des lésions cérébrales à la suite d’un saignement consécutif à une opération de circoncision, et sa mère poursuit aujourd’hui la région sanitaire de Santé Sud, car le bébé a été renvoyé à plusieurs reprises d'une clinique de l'hôpital de Portage la Prairie.

La mère allègue que son fils, aujourd’hui âgé de 5 ans, n'a pas reçu de soins médicaux et de traitements adéquats à l’époque.

Sa plainte a été déposée le 22 juin devant la Cour du Banc de la Reine du Manitoba.

L'enfant, dont CBC ne dévoile pas l’identité en raison de renseignements médicaux privés, est né en bonne santé en 2017, selon la déclaration de la mère.

Deux médecins et une infirmière sont cités pour ne pas avoir correctement pratiqué la circoncision et assuré le suivi des soins du bébé. 

La poursuite allègue également que l’hôpital où le bébé a été emmené et Santé Sud ont été négligents en ne fournissant pas à la famille des interprètes pour l'aider à surmonter une importante barrière linguistique. Elle indique aussi qu’ils n'ont pas offert au personnel une formation de sensibilisation aux différences culturelles.

Aucune des allégations n’a été prouvée devant un tribunal.

Les faits

En août 2017, le bébé âgé d’un mois a été emmené à Portage Clinic pour être circoncis par un médecin, une exigence de la foi musulmane de sa famille.

Environ quatre heures après la circoncision, les parents ont ouvert sa couche et l'ont trouvée tachée de sang.

Alors les parents ont ramené le bébé à la clinique pour voir le médecin qui a assuré l’intervention. Ce dernier a examiné le bébé, lui a mis de la vaseline et l'a renvoyé chez lui avec ses parents, selon la plainte.

Trois heures après, la situation ne s’est guère améliorée et les parents ont emmené le bébé à l’hôpital. Mais une heure plus tard, il a reçu son congé sans changement de traitement.

Les parents sont retournés à l'hôpital à 21 h 30, où le bébé a été pris en charge par une infirmière.

L'employée a eu du mal à communiquer avec la famille, qui ne parlait pas très bien l'anglais, mais elle leur a dit que la situation n'était pas urgente, selon la plainte. Ils ont été renvoyés dans la salle d'attente, car il n'y avait pas de salle d'examen disponible.

La famille a attendu, mais vers 22 h 30, le père a approché l'infirmière, lui disant à nouveau que le bébé saignait depuis le matin. Elle a répondu qu'il y avait des patients qui avaient besoin de soins plus urgents, et a répété que la situation n'était pas une urgence.

Le père de l'enfant a estimé que s'il n'y avait aucune gravité, ils devaient alors rentrer chez eux. L'infirmière a répondu qu'ils pouvaient le faire, sans chercher à regarder la couche du bébé ou à inspecter la circoncision avant qu'ils ne quittent l'hôpital, selon la déclaration.

Elle a apporté le dossier du bébé à un autre médecin de la salle d’urgence. Ce dernier a signé le dossier sans examiner le bébé et n'a donné aucune instruction pour que l'enfant soit ramené à l'hôpital afin d'y être traité, selon la plainte.

Complications

Ramené chez lui, le bébé est devenu pâle la nuit et a commencé à avoir des difficultés respiratoires. Selon la déclaration, ils l'ont ramené d'urgence à l'hôpital vers 2 h 40 du matin, selon la plainte. 

La même infirmière a vu le bébé et a remarqué qu'il était très pâle et léthargique. Elle l'a donc admis comme cas d'urgence.

Selon la plainte, le bébé a reçu immédiatement une transfusion sanguine et a été classé comme étant hémodynamiquement instable à un niveau catastrophique. Cet état se produit lorsque la pression sanguine est anormale et qui peut entraîner un flux sanguin inadéquat vers les organes. Une telle situation nécessite des mesures de sauvetage critiques.

Transporté par ambulance aérienne au Centre des sciences de la santé de Winnipeg, à environ 80 kilomètres à l'est de Portage la Prairie, le bébé a été admis à l'unité de soins intensifs néonatals pour un choc hémorragique. Il se produit lorsque le corps commence à s'éteindre en raison d'une perte de sang.

Une IRM a montré que le bébé souffrait d'une grave lésion cérébrale et il est resté dans l'unité de soins intensifs pendant deux semaines.

Séquelles graves

Aujourd'hui âgé de cinq ans, l'enfant vit avec un handicap moteur, des lésions cérébrales irréversibles, des troubles de la vision et de la parole, et un retard de développement. Il continuera à souffrir des effets de ses handicaps pour le reste de sa vie, indique la plainte.

L'action en justice vise à obtenir des dommages et intérêts pour les blessures de l'enfant, ainsi qu'une indemnisation pour les parents, qui doivent lui fournir des soins extraordinaires.

L’avocat de la mère, Martin Pollock souligne le choc ressenti par les parents au moment des faits.

Vous pouvez imaginer que lorsque les gens sont émotifs et que cela affecte la santé de leur nouveau-né... la difficulté [de l'anglais] est amplifiée, affirme-t-il.

Mercredi, Santé Sud a indiqué que ses centres de santé offrent des services d'accès linguistique par l'intermédiaire de Soins communs Manitoba. Ce service fournit aux patients des services d'interprétation par téléphone, par vidéo ou en personne, précise l'autorité sanitaire.

Des services d'interprétation d'urgence sont également disponibles sur demande 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans plus de 200 langues, selon l'autorité sanitaire.

Avec les informations de Rachel Bergen

 

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