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Afghanistan : des leaders religieux appellent à une reconnaissance internationale

Les femmes n'étaient pas autorisées à assister au rassemblement.

Zabiullah Mujahid, à gauche, porte-parole du gouvernement taliban, s'exprime lors d'une conférence de presse à Kaboul, en Afghanistan, le jeudi 30 juin 2022.

Photo : AP / Ebrahim Noroozi

Radio-Canada

À l'issue d'un vaste rassemblement organisé par les talibans à Kaboul, en Afghanistan, des milliers de leaders religieux et ethniques ont demandé samedi à la communauté internationale de reconnaître officiellement leur administration, sans toutefois changer de cap en matière de droits des femmes.

Nous demandons aux pays, en particulier aux pays islamiques, de reconnaître l'Émirat islamique d'Afghanistan, de lever toutes les sanctions, de dégeler les fonds [de la banque centrale] et de soutenir le développement de l'Afghanistan, ont déclaré les quelque 4000 participants au rassemblement dans un communiqué.

Cette assemblée, réservée aux hommes et qui avait débuté jeudi, avait été convoquée par les talibans afin de consolider leur régime.

Aucun pays n'a pour l'instant reconnu le gouvernement mis en place par les talibans.

Les participants étaient autorisés à critiquer le régime et à aborder des sujets épineux, tels que l'éducation des filles, mais la déclaration finale samedi n'a fait que répéter la doctrine des talibans.

Depuis leur retour à la tête du pays, les talibans sont largement revenus à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam qui avait marqué leur premier passage au pouvoir (1996-2001), restreignant très fortement les droits des femmes.

Les femmes sous le voile

Ils les ont presque complètement exclues des emplois publics, ont limité leur droit de se déplacer et ont interdit l'accès des filles aux écoles secondaires. Les femmes se sont vu imposer le port du voile intégral, couvrant le visage, pour toute sortie en public.

Les talibans ont aussi interdit la musique non religieuse, la représentation de visages humains sur des publicités, la diffusion à la télévision de films ou de séries montrant des femmes non voilées, et ont demandé aux hommes de porter le vêtement traditionnel et de se laisser pousser la barbe.

La déclaration de samedi ne fait aucune mention de la scolarisation des filles, mais appelle le gouvernement à accorder une attention particulière à l'éducation moderne, à la justice et aux droits des minorités, le tout à la lumière de la loi islamique

Le point culminant du rassemblement à Kaboul a été l'apparition vendredi d'Hibatullah Akhundzada, qui vit reclus à Kandahar, le centre spirituel des talibans.

Crise économique

Depuis le retour des talibans, le pays est plongé dans une profonde crise économique et humanitaire, la communauté internationale ayant fermé les vannes de l'aide financière.

Les États-Unis et les talibans ont poursuivi cette semaine des discussions à Doha sur le déblocage d'aide après un tremblement de terre qui a fait plus de 1000 morts dans l'est de l'Afghanistan, Washington voulant s'assurer que ces fonds seront utilisés à des fins humanitaires.

Appel de l'ONU

Vendredi à Genève, la haute-commissaire de l'ONU chargée des droits de la personne, Michelle Bachelet, a dénoncé l'oppression systémique exercée par le régime sur les femmes et les filles afghanes.

« Depuis la prise du pouvoir par les talibans, les femmes et les filles connaissent le recul le plus important et le plus rapide de la jouissance de leurs droits [...] depuis des décennies. »

— Une citation de  Michelle Bachelet, haute-commissaire de l'ONU chargée des droits de la personne

Mme Bachelet a fait cette déclaration lors d'un débat urgent au Conseil des droits de l'homme sur cette question.

Elle a encouragé vivement les talibans à nouer le dialogue avec les pays à prédominance musulmane ayant une expérience en matière de promotion des droits des femmes et des filles tels qu'ils sont garantis par le droit international.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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