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Production locale : solidarité entre producteurs agroalimentaires de l’est ontarien

Un agriculteur montre une poignée de camerises.

Robert Poirier, producteur de petits fruits de St-Eugène.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Radio-Canada

Face à une concurrence féroce en provenance des États-Unis et du Mexique, des producteurs agroalimentaires de l’est ontarien ont décidé de s’aider mutuellement pour conserver, voire augmenter leur pénétration du marché.

Notre compétition, elle n’est pas d’ici. Ça vient de la Californie, du Mexique, des États-Unis. Ils viennent faire du dumping ici, lance Robert Poirier, propriétaire de la ferme Les fruits du Poirier.

On essaie tous de s’entraider. Si tu es fermier et tu fais un produit, tu es mon partenaire. On a tous les mêmes problèmes, ajoute-t-il.

Robert Poirier participe à un nouveau modèle développé par le Réseau agroalimentaire de l’Est ontarien (RAEO), modèle par lequel il a ouvert un comptoir de produits locaux directement sur sa terre.

N’importe quel produit que tu achètes ici, je peux mettre un nom, je peux mettre une face et un numéro de téléphone et je peux te dire où c’est fait, ajoute celui qui compte maintenant 12 partenaires.

Le producteur ajoute ainsi deux à trois produits par semaine à son catalogue, et son magasin est ouvert cinq jours par semaine.

« Des fois on a beaucoup de produits, mais on n’est pas capable de les écouler. [...] Si quelqu’un veut acheter quelque chose d’un producteur dans un marché, il n’a que quatre heures par semaine. Ici, tu peux acheter de la même personne cinq jours par semaine. »

— Une citation de  Robert Poirier, propriétaire, Les fruits du Poirier

C’est une façon d’aller à un endroit unique où plusieurs produits locaux sont offerts, indique pour sa part Michel Villeneuve, président du RAEO et lui-même producteur.

Un agriculteur pose dans son champ.

Michel Villeneuve est propriétaire des Vergers Villeneuve, à Saint-Pascal-Baylon, et président du Réseau agroalimentaire de l'est ontarien (RAEO).

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

La pandémie de COVID-19 aura eu certains bénéfices pour l’industrie agroalimentaire. La COVID a ralenti les choses, mais ça a fait augmenter la visibilité du local. Les gens recherchent la qualité et la saveur, poursuit M. Villeneuve.

Produits locaux : économies en vue ?

Pour l’économiste Sylvain Charlebois, la dernière étude qu’il a menée sur la production locale contient des données encourageantes. Il devait ainsi analyser le prix de 500 produits certifiés Aliments du Québec.

Dans 70 % des cas, le produit certifié Aliments du Québec était soit aussi cher ou moins cher que le comparatif, explique celui qui enseigne à l’Université Dalhousie.

Le professeur est assis à un bureau et avec une plante derrière lui.

Sylvain Charlebois, le professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Même que M. Charlebois a changé d’avis concernant la promotion des produits locaux.

Je pense que c’est nécessaire. [...] Il faut qu’il y ait un programme de promotions, mais surtout, il faut qu’il y ait un consensus autour d’un produit local. C’est ce qu’Aliments du Québec a créé avec les années. On ne se pose plus vraiment la question au Québec : "qu’est-ce qu’un produit local?", soulève-t-il.

M. Charlebois évoque d’ailleurs une idée qu’il recommande actuellement à la Nouvelle-Écosse dans le cadre d’un mandat. C’est la première fois qu’on a un gouvernement provincial depuis un an qui veut valoriser les produits locaux. [...] On veut que d’ici 2030, 20 % des produits vendus en Nouvelle-Écosse proviennent de Nouvelle-Écosse, explique l’économiste.

La province compte ainsi créer un programme de loyauté.

Si vous achetez un produit de la Nouvelle-Écosse, vous allez obtenir des crédits pour des rabais pour votre permis de conduire, pour des rabais sur des services gouvernementaux. On crée un incitatif financier pour les citoyens d’encourager les produits alimentaires qui viennent de la province, conclut Sylvain Charlebois, qui croit qu'il s'agit d'un concept unique au Canada.

Avec les informations de Denis Babin

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