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Relations canado-américaines : l’optimisme prudent de politiciens vétérans

Chrystia Freeland devant le Capitole à Washington.

Rien n'est jamais tout à fait acquis en démocratie, prévient la ministre Chrystia Freeland, vue ici lors d'une visite à Washington en 2019. (Archives)

Photo : AFP / Nicholas Kamm

Radio-Canada

Bien que le Canada et les États-Unis traversent une période d'incertitude sur des questions sociales de fond, de vieux routiers de la politique croient que les deux pays doivent faire fi de leurs divergences d'opinion pour le bien de la démocratie.

C'est le constat qu'ont fait la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, l'ambassadeur des États-Unis au Canada, David Cohen, le sénateur canadien Peter Boehm et le gouverneur du New Jersey, Phil Murphy, en entrevue à CBC.

Les États-Unis font face à un cocktail de préoccupations par rapport à leur propre démocratie, a souligné M. Murphy.

L'assaut du Capitole par des manifestants pro-Trump, le 6 janvier 2021, constitue une image frappante du mécontentement d'une partie de la population, a-t-il fait valoir.

Les manifestations qui ont suivi les récentes décisions de la Cour suprême des États-Unis illustrent aussi de manière probante les divisions sociales, d'après le gouverneur démocrate. La plus haute juridiction américaine n'est plus en phase avec la population, estime-t-il.

Les récentes décisions de la Cour suprême des États-Unis ont enflammé des débats déjà polarisés, notamment ceux sur le port d'armes et sur l'avortement. Comme une traînée de poudre, les questionnements ont franchi la frontière du Canada et relancé des réflexions sur la possession d'armes à feu et sur l'accès difficile à l'avortement, notamment au Nouveau-Brunswick.

Un portrait de David Cohen.

David Cohen, ambassadeur des États-Unis au Canada

Photo : Carolyn Kaster/The Associated Press

Les relations canado-américaines doivent surmonter de nombreux obstacles, a convenu l'ambassadeur David Cohen.

Il a dit croire à l'amitié fondamentale qui lie les deux pays, ancrée dans les liens familiaux entre de nombreux habitants des deux pays, les voyages, le commerce et plusieurs valeurs communes. Toutefois, au cours des quatre ou cinq dernières années, a-t-il ajouté, les Canadiens se sont sentis trahis et ont eu l'impression que les Américains ne leur rendaient peut-être pas leur affection.

La COVID-19, catalyseur de la grogne

Selon le sénateur canadien Peter Boehm, la pandémie a grandement contribué au mécontentement.

D'une part, le ralentissement de l'économie a provoqué de l'instabilité. D'autre part, les restrictions sanitaires ont suscité beaucoup de colère. La pandémie a entraîné la population dans un cercle vicieux de frustrations, a expliqué cet ancien ambassadeur en Allemagne et au G7, entre autres.

Les manifestations contre les mesures sanitaires qui ont paralysé le centre-ville d'Ottawa pendant plusieurs semaines l'hiver dernier – et encore ces derniers jours, à l'occasion de la fête du Canada, mais dans une bien moindre mesure – ont démontré l'étendue des écarts idéologiques entre les Canadiens.

Un homme agite un drapeau canado-américain.

La mobilisation se poursuit aux abords du pont Ambassador, à Windsor.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

En février dernier, le blocage du pont Ambassador, qui relie le Canada aux États-Unis, en signe de protestation contre les restrictions sanitaires, a sérieusement entaché l'image du Canada, estime la vice-première ministre du Canada et ministre des Finances, Chrystia Freeland.

De minute en minute, je pouvais voir s'éroder notre réputation de partenaire de confiance en matière de commerce et d'investissements, a-t-elle déploré. Et nous ne pouvons absolument pas nous permettre de nous tirer ainsi dans le pied. Notre pays n'est ni assez grand ni assez riche pour cela.

Le Canada, en tant qu'allié des États-Unis, doit faire preuve de stabilité et agir de manière responsable, a fait valoir la ministre en ajoutant qu'il doit protéger son image pour y parvenir.

Un portrait de Peter Boehm.

Peter Boehm, sénateur canadien

Photo : Radio-Canada

Ne rien tenir pour acquis

Si les États-Unis et le Canada doivent surmonter de nombreuses divergences d'opinion, Mme Freeland ainsi que MM. Cohn, Boehm et Murphy ont plaidé pour un engagement citoyen plus fort, qui permettrait de renforcer à la fois les relations entre les deux pays et la santé de leur démocratie.

Cet engagement passe par la lutte contre la désinformation, a noté le sénateur Boehm, et par le vote, a ajouté le gouverneur Murphy.

Les relations canado-américaines et les valeurs démocratiques sont des atouts précieux que nous ne devrions pas prendre à la légère, a insisté le sénateur Cohen.

La ministre Freeland abonde dans ce sens : devant la récente annulation de l'arrêt Roe c. Wade par la Cour suprême des États-Unis, la ministre dit estimer qu'il existe un danger de complaisance à l'égard de la démocratie.

« Il peut toujours y avoir un retour du balancier. Tous les droits peuvent être érodés. Il n'y a aucune garantie en matière de démocratie. Il n'y a aucune garantie en ce qui concerne les droits des femmes. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, vice-première ministre du Canada
Un portrait de Phil Murphy.

Phil Murphy, gouverneur du New Jersey

Photo : Reuters / Eduardo Munoz

J'ai bon espoir que nous puissions trouver des terrains d'entente, a dit Phil Murphy en allusion à ces débats qui divisent profondément la société américaine.

Il règne une colère certaine, qui mènera davantage de gens aux urnes, je crois, ce qui prouvera – j'en prie le Seigneur – que la démocratie est bien vivante et en santé, a-t-il déclaré.

Avec les informations de Christian Paas-Lang, de CBC

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