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Une journée et un sentier en l’honneur du chef Pinesi

Des gens participent à un cercle de tambours à la New Edinburgh Fieldhouse, à Ottawa.

Cette journée a pour but d'attirer l'attention sur la vie et sur l'importance historique du grand chef Constant Pinesi, dont bien peu de gens se souviennent.

Photo : Dan Taekema/CBC

Radio-Canada

À quelques kilomètres de la colline du Parlement, une autre célébration avait lieu en ce premier jour de juillet. L'inauguration du sentier du chef Pinesi, dans le quartier Rockcliffe, a réuni plusieurs dizaines de personnes venues rendre hommage à ce grand chef algonquin qui a notamment été très actif pendant la guerre de 1812.

La Première Nation algonquine de Pikwakanagan a célébré vendredi la toute première Journée du chef Pinesi. Les membres de cette communauté ont profité de l'occasion pour réfléchir à la vie de ce dernier grand chef des Algonquins à avoir vécu sur ses terres près des chutes Rideau.

Le chef Pinesi a joué un rôle crucial pendant la guerre de 1812 contre les États-Unis. Il a entre autres permis d'assurer la survie des colonies britanniques, plus tard devenues le Canada que nous connaissons aujourd'hui.

Vendredi, plusieurs de ses descendants se sont réunis sur le site à Ottawa pour la première fois en près de 200 ans.

Nous récupérons les terres, si vous voulez, et les titres que le chef Pinesi a détenus au début des années 1800 jusqu'à son décès, en 1834, a déclaré Merv Sarazin, descendant de la septième génération du chef Pinesi et maître de cérémonie lors de cette activité de commémoration.

M. Sarazin, un conseiller de cette Première Nation, a déclaré que le grand chef avait perdu des fils pendant la guerre de 1812 et combattu lors de batailles déterminantes dans la région de Niagara. Sans ses efforts et sans les luttes d'autres combattants autochtones, il n'y aurait peut-être pas de fête du Canada à célébrer aujourd'hui, a-t-il fait valoir.

Une tombe devenue un stationnement

Au début des années 1800, Constant Pinesi dirigeait une nation d'environ 264 familles en tant que grand chef des Algonquins. Son territoire de chasse se trouvait au confluent de la rivière Rideau et de la rivière des Outaouais, une voie de circulation qu'utilisaient tous ceux qui se dirigeaient vers le fleuve Saint-Laurent et vers le sud jusqu'au golfe du Mexique.

Toutefois, malgré son rôle important dans la région, le chef Pinesi est tombé dans l'oubli, a déclaré Wendy Jocko, chef de la Première Nation algonquine de Pikwakanagan et autre descendante de Constant Pinesi.

« Je suppose que peu de gens savent qu'Ottawa était son territoire de chasse. En fait, c'est là que se trouvent les édifices du Parlement, au confluent de la rivière Rideau et de la rivière des Outaouais. »

— Une citation de  Wendy Jocko, cheffe de la Première Nation algonquine de Pikwakanagan

La cheffe Jocko a décrit son ancêtre comme un grand guerrier qui a souvent demandé à la Couronne britannique de lui rendre ses terres. Mais ses demandes n'ont jamais été honorées, a-t-elle dit. Son ancêtre a fini ses jours dans l'ombre et dans la pauvreté.

Il a été essentiellement chassé de son territoire lorsque la colonisation s'est produite, malheureusement, a-t-elle déclaré. Et même dans la mort, sa tombe à Oka, [près du] lac des Deux-Montagnes [au Québec], a été recouverte par un stationnement.

Wendy Jocko.

Wendy Jocko, cheffe de la Première Nation algonquine de Pikwakanagan

Photo :  (Dan Taekema/CBC)

En plus de rendre hommage au chef Pinesi, l'activité de vendredi avait pour but de reconnaître la présence et la résilience du peuple algonquin et d'offrir une occasion de réconciliation.

Lors de la cérémonie, les participants ont pu danser et chanter au son des tambours. Des promenades guidées sur le territoire et d'autres activités ont été organisées. Cela a également coïncidé avec l'ouverture du sentier de portage du chef Pinesi, un sentier autochtone vieux de 8000 ans qui sillonne les quartiers de Rockcliffe et de New Edinburgh.

Ce sentier d'environ trois kilomètres comporte sept arrêts d'interprétation qui marquent le chemin. Bien avant la colonisation, les Autochtones qui l'empruntaient évitaient ainsi de devoir passer par les chutes impraticables de la rivière Rideau.

M. Sarazin a déclaré que les descendants de Constant Pinesi espèrent faire un événement annuel de ce rassemblement afin de se souvenir correctement de lui et de son rôle dans l'histoire. Ses descendants souhaitent témoigner à son nom le respect qu'il mérite depuis longtemps.

Nous sommes ici pour le faire revivre et pour poursuivre son œuvre, a-t-il déclaré. C'est une belle histoire.

Avec les informations de Julien David-Pelletier et de CBC

Avec les informations de CBC

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