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Les Minions : le triomphe des enfants terribles de l’animation

Les Minions 2 : Il était une fois Gru sort en salle le vendredi 1er juillet en Amérique du Nord.

Des personnages jaunes entourent un petit garçon.

Une scène du film «Les Minions 2 : Il était une fois Gru»

Photo : Universal Pictures

Agence France-Presse

Ils sont complètement stupides, mais terriblement attachants. En une décennie, les Minions se sont taillé une place parmi les personnages les plus rentables du cinéma d’animation. Retour sur une histoire à succès franco-américaine, alors que Les Minions 2 : Il était une fois Gru (Minions: The Rise of Gru) sort en salle vendredi au Canada et aux États-Unis.

La sortie de ce film était attendue par des millions de fans. Depuis le premier volet en 2010 intitulé Détestable moi (Despicable Me), la série a rapporté en entrées 3,7 milliards de dollars américains (4,7 milliards de dollars canadiens), selon le site spécialisé IMDB, sans compter les multiples produits dérivés. Il s’agit d’une les plus rentables de l’histoire.

Scénario réduit au minimum, succession frénétique de blagues parfois de bas étage... L’essentiel dans ces films, c’est juste d’être stupide et de s’amuser, explique tout sourire à l’Agence France-Presse le réalisateur américain du dernier film, Kyle Balda.

Des enfants en forme de pilule qui font des niaiseries, au corps jaune habillé d’une salopette, les Minions n’étaient à l’origine que des personnages secondaires, mais ont volé la vedette à Gru, l’antihéros de Détestable moi.

Un succès incroyable

En 2015, ils sont au cœur d’un premier film qui leur est consacré, Les Minions (Minions). Pari risqué, faire tenir un film entier sur des personnages s’exprimant dans un mélange inventé et sans queue ni tête de langues latines et asiatiques. Mais pari gagné : un milliard de dollars américains (1,2 milliard de dollars canadiens) de recettes.

Bien sûr, ils parlent. Mais personne ne comprend ce qu’ils disent, mentionne Kyle Balda, qui aime s’inspirer de classiques comme Charlie Chaplin ou Jacques Tati. Faire rire sans dépendre des dialogues, pour un réalisateur d’animation, c’est comme l’ascension de l’Everest, dit-il.

Dans l’esprit burlesque et anarchique, le succès des Minions « peut être comparé à celui des Lapins crétins dans le jeu vidéo, attachants et stupides eux aussi », signale Gersende Bollut, auteur d’ouvrages sur l’animation qui collabore à la revue spécialisée Animascope.

Le nouvel opus ne change pas une formule qui a fait ses preuves, au risque de se répéter.

Le film remonte aux débuts de Gru, ce méchant raté : entouré d’une armée de Minions, l’ado espère intégrer un groupe de supervilains, les Vicious 6, mais son projet va immanquablement dérailler.

Seul le décor change : une plongée dans le San Francisco des années 1970, avec une initiation aux arts martiaux et reprise de chansons à succès, dont une version Minions des Rolling Stones : You Can't Always Get What You Want.

Universal, qui détient avec les Minions l’une des rares marques susceptibles de faire face aux autres géants de l’animation, a attendu deux ans, à cause de la pandémie, pour sortir ce nouvel opus d’une saga toujours produite des deux côtés de l'Atlantique.

Une collaboration franco-américaine

Si le Français Pierre Coffin, papa des Minions, et probablement le seul être humain à maîtriser leur langue, n’est plus coréalisateur, il veille encore de près sur sa création et enregistre toujours toutes les voix des Minions.

Et c’est dans les bureaux parisiens des studios Mac Guff que prennent vie les Minions, à l’image soignée, mais quelque peu standardisée.

Côté Hollywood, les Minions sont produits par l’Américain Christopher Meledandri, à la tête du studio Illumination. Bien moins connu du grand public que Pixar et Dreamworks, ce dernier a toujours voulu concurrencer ces studios qui ont révolutionné l’animation, selon Gersende Bollut.

Le studio fera rapidement reparler de lui : les équipes d’Illumination travaillent sur la version cinéma d’animation du légendaire jeu vidéo Super Mario Bros, attendue en 2023.

Quant aux Minions, je ne crois pas que ce soit fini. Il y a manifestement un avenir pour ces personnages, affirme Kyle Balda.

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