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Trop nombreuses, les bernaches du Canada menacent les écosystèmes, prévient un chercheur

Une bernache et deux de ses petits se promènent les pattes dans l'eau.

Les bernaches détruisent le carex, une plante herbacée qui fournit un habitat aux saumons juvéniles qui migrent dans le fleuve Fraser. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

La croissance de la population de bernaches du Canada a des répercussions sur les écosystèmes et sur les espèces en péril, alerte un étudiant à la maîtrise de l’Université de la Colombie-Britannique.

Dominic Janus étudie l’impact des bernaches sur le carex, une plante herbacée qui pousse dans les sols humides.

Selon lui, l’habitat fourni par le carex est essentiel aux saumons juvéniles lors de leur migration dans le fleuve Fraser.

Toutefois, le carex est abondamment consommé par les bernaches, explique M. Janus. Selon lui, la digestion inefficace de ce gros oiseau l'amène à consommer de grandes quantités de végétation.

En outre, plus les bernaches mangent d'herbe, plus elles laissent de traces derrière eux.

Il y a des excréments juste à côté des tiges de carex, constate M. Janus.

Par ailleurs, ce candidat à la maîtrise affirme que les saumons et les autres espèces qui vivent dans la rivière et qui dépendent du carex souffrent de la surconsommation des oiseaux.

Nous devons garder l'œil ouvert. Cela nous concerne vraiment. Nous mangeons du poisson, il y a des pêcheries, nous récoltons des plantes et des animaux.

Selon le Service canadien de la faune, on estime à au moins sept millions d'individus la population de bernaches du Canada en Amérique du Nord.

Historiquement, les bernaches du Canada restaient dans certaines régions du sud du Canada. Cependant, l’agriculture céréalière à grande échelle et l’urbanisation leur ont rendu la nourriture plus facilement accessible. Par ailleurs, elles ont eu droit à des habitats urbains à l'abri des prédateurs et de la chasse.

Cette situation a créé des explosions de populations d’oies dans des zones où elles sont indésirables, selon Beth Clawson, experte en ressources naturelles et en qualité de l’eau à l'Université d'État du Michigan.

Aujourd'hui, comme le changement climatique crée des zones plus chaudes, [la bernache du Canada] passe l'hiver dans cette région au lieu d'aller plus au sud pour ses aires d'hivernage, alors qu'on prévoit que l'ensemble de la population se déplacera plus au nord, explique Mme Clawson.

Dominic Janus pense qu’il est possible de remédier aux torts causés par les grosses populations de bernaches du Canada.

Je pense que cela va créer des occasions pour nous de restaurer les habitats et de créer un meilleur endroit pour les poissons afin que les saumons puissent se développer.

Récemment, la commission des parcs de Vancouver a demandé à la population de l'aider à localiser les nids de bernaches afin de limiter leur multiplication. La présence d'un trop grand nombre de bernaches cause des dommages aux parcs de la ville.

À Vancouver, la commission des parcs a estimé, en avril 2022, à 2500 le nombre de bernaches qui fréquentent les parcs.

Avec les informations de Eva Uguen-Csenge 

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