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Matthieu Dugal a construit son double numérique pour une série documentaire sur l’IA

Matthieu Dugal porte casquette et lunettes.

Pour sa nouvelle série «Être ou ne pas être», le journaliste Matthieu Dugal a eu accès aux technologies de Microsoft Azure OpenAI.

Photo : Radio-Canada

Stéphanie Dupuis

« Être ou ne pas être, telle est la question », a écrit William Shakespeare dans Hamlet. C’est aussi l’interrogation qui habite Matthieu Dugal dans sa nouvelle série documentaire sur l’éthique et l’intelligence artificielle (IA) du même nom, Être ou ne pas être.

L’animateur et journaliste a eu un accès exclusif aux technologies de Microsoft Azure OpenAI, avec laquelle il a pu créer son double numérique.

Je me suis construit mon double numérique avec des données que j’ai laissées en ligne, notamment avec ma présence sur les réseaux sociaux depuis 10 ans, indique Matthieu Dugal.

Ces données – presque entièrement publiques, à l’exception notamment de courriels – ont été transmises à Microsoft Azure qui en a fait un clone virtuel de l’animateur, une espèce de marionnette, comme il l’appelle.

Tu peux littéralement animer ces algorithmes dans un texte, à l’audio ou encore en vidéo, souligne-t-il, ce qui peut donner lieu à des moments loufoques. En juin 2021, par exemple, Matthieu Dugal s’est entretenu avec son double numérique en ondes lors de son émission de radio Moteur de recherche sur ICI Première.

L'animateur travaille à l'ordinateur.

Matthieu Dugal dans le premier épisode de la série «Être ou ne pas être»

Photo : magasingeneralmedia

Un accès exclusif

La série documentaire a nécessité un travail laborieux qui s’est échelonné sur cinq années, selon le mordu des sciences et technologies. Il a notamment réalisé de 35 à 40 heures d’entrevues avec une poignée de spécialistes, des sommités dans leur domaine, allant de l’IA à la philosophie, en passant par la psychologie.

L’accès à la technologie de Microsoft Azure n’a pas été de tout repos : J’ai dû les convaincre.

Ils ont des programmes qui sont extrêmement avancés pour simuler des voix. C’est tellement difficile d’avoir accès à ces algorithmes, car c’est sensible, explique-t-il.

Après leur avoir présenté le projet et ce qu’il comptait en faire, il a finalement reçu le feu vert du géant du web.

La tête illustrée de Matthieu Dugal rappelant des codes informatiques.

Le visuel de la série «Être ou ne pas être».

Photo : Vali Fugulin

À chacun son double numérique

L’animateur a certes poussé l’exercice très loin, avec des technologies peu accessibles, mais il précise qu’un double numérique, nous en avons tous un en ligne sur les grandes plateformes.

C’est avec ça que les compagnies font du ciblage publicitaire. Actuellement, la valeur des géants comme Facebook et Google vient du fait que ces entreprises ont un ensemble de données précises et granulaires sur leurs utilisateurs, qu’ils vendent à des annonceurs, précise-t-il.

D’après le journaliste, nous sommes à la veille d’une accélération dans le domaine de l’apprentissage profond qui va nous pousser à nous poser des questions éthiques très fortes.

À commencer par le deuil : choisiriez-vous de transformer votre proche en train de mourir en robot conversationnel?

« La série Black Mirror, on n’est pas loin de ça. »

— Une citation de  Matthieu Dugal

Les trois épisodes d’une heure de la série documentaire Être ou ne pas être seront diffusés à Doc humanité sur ICI Télé les samedis à 22 h 30, du 23 juillet au 6 août.

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