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Des frappes aériennes sur des immeubles près d’Odessa ont fait 21 morts

Une femme de dos s'approche d'un immeuble éventré et carbonisé. Des débris jonchent le sol.

Cette frappe est intervenue après que l'OTAN a promis son soutien indéfectible à l'Ukraine, jeudi lors d'un sommet à Madrid.

Photo : Getty Images / AFP/OLEKSANDR GIMANOV

Agence France-Presse

Au moins 21 personnes ont été tuées lors de frappes sur des immeubles de la région d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, une attaque dont s'est déresponsabilisé Moscou.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, deux missiles ont été tirés par un avion stratégique depuis la mer Noire, frappant deux immeubles, dont l'un résidentiel et le second touristique, selon les services d'urgence ukrainiens.

Selon le dernier bilan, la frappe sur le bâtiment résidentiel a fait 16 morts et 38 blessés et celle sur l'immeuble touristique a fait 5 morts et un blessé.

Il s'agit d'un nouvel acte de terreur russe, selon le président Volodymyr Zelensky.

La première frappe a touché un immeuble résidentiel de neuf étages, dans la région de Bilgorod-Dniester, à environ 80 km au sud d'Odessa, selon le porte-parole de l'administration de la région d'Odessa, Serguiï Bratchouk.

Le ministre des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a lancé un appel à l'aide sur Twitter : J'appelle nos partenaires à fournir à l'Ukraine des systèmes de défense antimissiles aussi tôt que possible. Aidez-nous à sauver des vies.

À Berlin, le gouvernement a condamné l'attaque.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a assuré que les forces armées de Russie n'opèrent pas sur des cibles civiles en Ukraine.

Selon le commandement ukrainien du front sud, ce sont des appareils de type Tupolev Tu-22, des bombardiers stratégiques, datant de la guerre froide et conçus pour emporter des charges nucléaires, qui ont lâché des missiles Kh-22.

Des missiles du même type avaient frappé un centre commercial en pleine journée, lundi, à Krementchouk, dans le centre de l'Ukraine, à 20  km du front, y faisant au moins 19 morts selon les derniers bilans de l'armée ukrainienne.

« La partie russe, qui parle une nouvelle fois de dommages collatéraux, est inhumaine et cynique. »

— Une citation de  Steffen Hebestreit, porte-parole du gouvernement allemand

L'Ukraine s'est d'autre part félicitée du départ des forces russes de l'île aux Serpents, qu'elles avaient prise dès les premières heures de leur offensive, une victoire hautement symbolique pour Kiev.

Cet îlot militarisé est situé au sud-ouest d'Odessa, le plus grand port ukrainien où ont été amassées des millions de tonnes de grains, et face à l'embouchure du Danube.

L'île aux Serpents est un point stratégique et cela change considérablement la situation en mer Noire, a estimé le président Voldymyr Zelensky.

Selon les militaires ukrainiens, les Russes ont abandonné l'île aux Serpents parce qu'ils se sont retrouvés dans l'incapacité de résister au feu de notre artillerie, de nos missiles et de nos frappes aériennes.

Moscou affirme plutôt avoir retiré ses troupes en signe de bonne volonté, ses objectifs ayant été atteints, ajoutant que ce retrait allait faciliter les exportations de céréales ukrainiennes par la mer Noire.

Cependant, le ministère britannique de la Défense a jugé ce retrait probablement motivé par l'isolement de la troupe et sa vulnérabilité croissante [face] aux frappes ukrainiennes et non pas en signe de bonne volonté.

Le président ukrainien a admis que la situation demeurait extrêmement difficile à Lyssytchansk, ville du bassin industriel du Donbass, région de l'Est ukrainien où se concentre la majeure partie des combats.

Les forces [russes] sont arrivées aux portes de Lyssytchansk. L'armée ukrainienne subit de lourdes pertes, a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué vendredi.

L'évacuation de Lyssytchansk n'est pas possible pour le moment, car les Russes tentent d'encercler notre armée par le sud et l'ouest près de la ville, a indiqué sur Telegram Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Lougansk.

Lyssytchansk est la dernière grande cité à ne pas être encore aux mains des Russes dans la région de Lougansk, l'une des deux provinces du Donbass, que Moscou entend entièrement contrôler.

Dans la région de Kharkiv, le gouverneur Oleg Sinegoubov a signalé vendredi quatre morts et trois blessés au courant des dernières 24 heures, dont trois morts et deux blessés à Izioum et un mort et un blessé à Tchouhouiv.

À Kherson, dans le sud, des hélicoptères ukrainiens ont frappé une concentration de troupes et équipement militaires de l'ennemi près de Bilozerka, a déclaré vendredi l'armée ukrainienne, faisant état de 35 morts parmi les soldats russes et de blindés ennemis détruits.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Bilan des décès

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales estiment désormais le nombre de soldats russes tués entre 15 000 et 20 000 .

Quant à elles, les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kiev.

Aucun chiffre indépendant n'est disponible.

Plus de six millions d'Ukrainiens sont déplacés à l'intérieur de leur pays, selon un nouveau décompte mardi de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU.

Ils s'ajoutent aux plus de 5,2 millions d'Ukrainiens enregistrés comme réfugiés dans d'autres États européens depuis le début du conflit, le 24 février dernier.

Par ailleurs, près de 16 millions de personnes en Ukraine ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire en eau, nourriture [et] services de santé, a estimé jeudi Osnat Lubrani, la coordinatrice humanitaire de l'ONU dans le pays.

Sur le front diplomatique, la présidente de la Commission européenne Ursula van der Leyen, s'adressant vendredi par vidéo au parlement ukrainien, a appelé celui-ci à accélérer ses réformes contre la corruption, dans le cadre de sa candidature à l'Union européenne acceptée la semaine dernière par les dirigeants des 27 États membres de l'Union.

L'OTAN avait promis son soutien indéfectible à l'Ukraine, jeudi, lors d'un sommet à Madrid.

Plusieurs États membres de l'OTAN ont annoncé de nouvelles aides militaires à l'Ukraine. Le premier ministre britannique Boris Johnson s'est engagé sur une rallonge de 1 milliard de livres (1,56 milliard de dollars canadiens), et Joe Biden a annoncé 800 millions de dollars supplémentaires (1,2 milliard de dollars canadiens).

La Norvège a annoncé, à son tour, vendredi, une aide de 10 milliards de couronnes (1,2 milliard de dollars canadiens) à l'Ukraine, notamment pour des armes.

Toute l'Alliance restera aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra pour assurer qu'elle ne soit pas battue par la Russie, a déclaré le président américain Joe Biden. Cela ne se finira pas par une défaite de l'Ukraine.

Moscou a rétorqué par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Le rideau de fer, en fait, il est déjà en train de s'abattre, a dit Sergueï Lavrov, reprenant cette expression née avec la Guerre froide et tombée en désuétude après la chute du mur de Berlin en 1989.

Il réagissait à la feuille de route stratégique que venait d'adopter l'Alliance atlantique, qui désigne désormais la Russie comme la menace la plus significative et directe pour la sécurité des membres de l'OTAN.

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