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Les récentes pluies ne dissipent pas les craintes de sécheresse dans les Prairies

Photo d'une agricultrice dans un champ prise le 27 juin 2022 à Acme en Alberta.

Malgré les fortes pluies qui ont récemment réjoui les agriculteurs des Prairies, la région reste à risque du fait qu'elle sort à peine d'une sécheresse, prévient un spécialiste.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après la chaleur et le temps sec record de l'an dernier, le ciel a ouvert ses vannes ce printemps et en ce début d'été en Alberta et en Saskatchewan, au grand bonheur des agriculteurs. Ces précipitations risquent cependant de ne pas suffire à mettre fin aux conditions persistantes de sécheresse dans la région.

Le mois de juin a été particulièrement pluvieux en Alberta. Edmonton, par exemple, a reçu presque deux fois plus de précipitations en juin que d’habitude, et Calgary a dû déclarer l’état d’urgence local face notamment aux risques de débordement de la rivière Bow.

La Saskatchewan a, elle aussi, été bien arrosée en juin. Des tempêtes intenses, accompagnées de pluies torrentielles, y ont transformé des stationnements en piscines à ciel ouvert.

Les pluies, qui sont venues s'ajouter aux accumulations de neige qui ont été plus importantes que l'hiver dernier, ont soulagé de nombreuses régions paralysées par la sécheresse.

Sont-elles pour autant suffisantes pour dissiper les craintes de revivre le même scénario de sécheresse de l'été dernier? Celle-ci a été, par ailleurs, selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, la pire en 70 ans du point de vue de l'étendue et de la gravité.

Pour Trevor Hadwen, spécialiste de l'agroclimat à Agriculture et Agroalimentaire Canada, la situation s’est beaucoup améliorée. Nous constatons une certaine amélioration en matière de sévérité de la sécheresse dans toute l'Alberta, dit-il, ajoutant que des progrès ont également été constatés dans l'ouest de la Saskatchewan.

Cela n’est cependant pas suffisant pour compenser, par exemple, la perte d'humidité. Ce n'est pas parce que les conditions se sont améliorées que tous les impacts de la sécheresse de l'année dernière sont résolus, prévient-il, en faisant remarquer que la région centrale autour de Rosetown, Kindersley et Leader, en Saskatchewan, est encore assez sèche.

Outre la question de la perte de l’humidité, il note également que la production de tous les pâturages de la région est sous les niveaux normaux, et qu’il y a aussi des problèmes de pénurie de foin et d'autres aliments destinés au bétail.

Plusieurs facteurs en cause

Continuer à craindre une possible nouvelle sécheresse, alors que des pluies torrentielles ont arrosé la région, peut paraître exagéré, mais pas pour Trevor Hadwen. Selon lui, plusieurs facteurs sont à considérer.

L'un concerne la rapidité avec laquelle une partie de la pluie de ce mois-ci est tombée et l'abondance de celle-ci. Cela permet de résoudre le problème de l'approvisionnement en eau, mais pas forcément celui de l'humidité du sol et de la recharge de la nappe phréatique, car ces fortes pluies ont tendance à ruisseler beaucoup plus [et ne pas] profiter aux réserves en eau souterraine, affirme-t-il.

La variation des quantités de pluie est également un facteur. Par exemple, certaines parties de Saskatoon ont reçu jusqu'à 100 millimètres de pluie le 20 juin, alors que l'aéroport de la ville n'en a enregistré qu'un seul millimètre.

En outre, il est difficile pour le sol et les plantes de récupérer d'une sécheresse. Les végétaux mettent plus de temps à se reconstituer et à revenir à ce qu'ils devraient être à un état mature, explique Trevor Hadwen.

Il note par ailleurs que les zones qui sont encore dans des conditions de sécheresse ont un déficit d'humidité d'environ 60 à 80 millimètres. C'est-à-dire que le sol pourrait absorber de 60 à 80 millimètres d'eau avant d'être saturé. Mais, dit-il, à mesure que les saisons sèches s'accumulent, regagner ce déficit ne résout pas complètement le problème.

Il en arrive donc à la conclusion que du fait que les Prairies sortent à peine de la sécheresse, la région se trouve sur une pente glissante.

En attendant, pour Charlotte Wasylik, une agricultrice de Vermilion, en Alberta, nous allons toujours croiser les doigts [...].

Avec les informations de Christy Climenhaga

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