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Opioïdes : les 150 M$ versés aux gouvernements, « une goutte d’eau dans l’océan »?

Des bouteilles contenant des pilules d'OxyContin de concentrations variées.

L’opiacé OxyContin a été commercialisé par Purdue Pharma à la fin des années 1990.

Photo : Reuters / George Frey

Radio-Canada

Les 150 millions de dollars que devra verser la pharmaceutique Purdue aux provinces et au fédéral, en marge d’un recours collectif entrepris par ces derniers pour récupérer les coûts occasionnés par la crise des opioïdes, sont-ils « une goutte d’eau dans l’océan »?

C’est ce qu’affirment certaines personnes à l’avant-plan de la lutte contre cette crise en Colombie-Britannique, dont la militante Leslie McBain, du réseau de familles touchées par les surdoses mortelles Moms Stop the Harm.

Ça envoie le message que Purdue Pharma est coupable, dit la mère de Jordan, mort en 2014 d’une surdose d’une version générique de l’OxyContin, le médicament fabriqué par la compagnie. Mais le montant est, je dirais, risible.

Nous sommes toujours contents d’obtenir de l’argent, il n’y a pas de doute, ajoute-t-elle. Mais répartie à travers l’ensemble du Canada, ça [cette somme] n’aura pas d’impact sur l’urgence que nous vivons.

Faillite de Purdue aux États-Unis

En 2018, la Colombie-Britannique a lancé un recours collectif contre 40 fabricants et distributeurs d’opioïdes, dont Purdue Pharma, auquel se sont joints les autres provinces et le gouvernement fédéral.

Mais la multinationale, faisant face à une avalanche de poursuites aux États-Unis en lien avec l’analgésique OxyContin, a déposé le bilan en 2019.

Dans le cadre des procédures de faillite de l’entreprise appartenant à la famille Sackler, en 2020, les différents gouvernements canadiens réclamaient plus de 80 milliards de dollars.

Logo de la compagnie Purdue.

La société Purdue Pharma a déclaré faillite en 2019.

Photo : Associated Press / Douglas Healey

Selon le procureur général de la Colombie-Britannique, David Eby, ils faisaient toutefois partie d’un regroupement de créanciers considérés non prioritaires, qui risquaient de ne rien recevoir.

Dans ce contexte, c’est un accomplissement, affirme-t-il, que la province puisse mettre la main sur une part des recettes dues au marketing trompeur de Purdue. C’est la branche canadienne de la compagnie qui versera les 150 millions de dollars, une fois que le tribunal confirmera le règlement.

C’est une entente qui est à un très bas niveau par rapport à la valeur de la réclamation et à l’importance des dommages qui ont été faits, souligne cependant l’avocat en droit de la santé Patrick Martin-Ménard.

Un début, selon la province

David Eby affirme que le règlement avec Purdue Pharma est seulement un début.

Le recours collectif vise des dizaines d’autres fabricants et distributeurs, ce qui pourrait signifier que les provinces auront, à terme, droit à plus d’argent.

Les audiences sur la certification de l’action collective doivent avoir lieu en 2023.

L’avocat spécialisé en recours collectifs David Klein affirme que l’entente avec Purdue Pharma pourrait constituer ce qu’il appelle un règlement brise-glace.

Un règlement brise-glace se produit dans les cas où il y a des dizaines ou plus de possibles défendeurs, explique-t-il. Cela procure aux plaignants – les provinces dans le cas présent – l’accès à des documents et des informations qui pourront les aider dans leurs réclamations auprès des autres défendeurs.

L’entente, qui soustrait Purdue Pharme au recours, prévoit que la pharmaceutique donnera également accès aux documents et aux informations pertinents à la poursuite, selon la province.

Par ailleurs, l’entreprise pharmaceutique affirme, dans une déclaration reçue par CBC, que le règlement n’inclut aucune admission d’actes répréhensibles ou de responsabilité de la part de Purdue Canada ou de ses compagnies apparentées.

Cela constitue une affirmation typique pour une entente du genre, affirme David Klein.

Avec des informations d’Ali Pitargue, de Steve Zhang et de l’émission Panorama

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