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Victoire pour les industries bovine et porcine sur la question de l’étiquetage des aliments

Une main empile des galettes de boeuf haché dans une usine aux États-Unis le 24 juin 2008.

La consommation de boeuf par habitant au Canada a baissé depuis 2012, selon Statistique Canada.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Santé Canada a publié la version finale de sa future réglementation imposant un étiquetage nutritionnel sur l'emballage des aliments riches en sodium, en sucre et en gras saturés. Le bœuf et le porc hachés étaient ciblés jusqu'à ce que l'industrie tape du poing et crie à l'injustice. Maintenant qu'ils ne le sont plus, les éleveurs sont soulagés.

On crée de la nourriture saine. Étiqueter le contraire n’est ni dans notre intérêt, ni dans celui des consommateurs, dit Jacob Bueckert, éleveur albertain, directeur général de l'Alberta Cattle Feeders' Association.

Dans sa famille, on mange de la viande tous les jours et on travaille entouré de 21 000 bovins. Il s’opposait fermement à cette nouvelle réglementation de Santé Canada qui comptait mettre une étiquette de mise en garde sanitaire sur les emballages de bœuf haché.

On était inquiet. En Alberta, nous exportons beaucoup notre bœuf, notamment vers les États-Unis. Qu’est-ce que les autres pays auraient pensé en voyant cette étiquette sur notre viande ?, se demande Jacob Bueckert.

Diminuer les dépenses de santé

Jeudi, le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a expliqué ce changement de cap. Ça permet d’éviter toute confusion, a-t-il dit. C’est pour clarifier le fait que la viande, qu’elle soit coupée ou hachée, c’est de la viande. Les gens savent déjà que la viande contient du gras.

Les entreprises ont jusqu’au 1er janvier 2026 pour mettre sur leurs produits un symbole simple et clair indiquant si un produit a une teneur élevée en gras saturés, en sucre et en sodium.

Le gouvernement veut réduire la consommation excessive d’aliments présentant un risque accru d’obésité et de maladies chroniques.

En Israël, où ces symboles sont déjà en place, la moitié des personnes interrogées ont affirmé avoir modifié leurs habitudes d’achat grâce à ce système.

C’est bien pour les consommateurs, pour l’industrie, pour la santé et pour le système de santé qui dépense des milliards de dollars à cause de maladies qui pourraient être évitées, résume le ministre fédéral.

Munie d'une spatule métallique, une personne cuit une galette de viande hachée sur un barbecue.

Près de 50 % du bœuf consommé au Canada est haché et plus de 90 % des Canadiens en consomment chaque semaine, selon les associations de l'industrie bovine.

Photo : Getty Images / Volha Shakhava

Éviter la confusion avec les produits transformés

Selon l’Association canadienne des éleveurs de bovins, la proposition de réglementation précédente mettait le bœuf haché naturel, le porc haché et les aliments hautement transformés dans la même catégorie.

D’ici trois ans et demi, si les viandes et volailles hachées n’auront donc pas de symbole d’avertissement, la majorité des charcuteries et des viandes transformées en auront un.

Il n’y a pas beaucoup d’épiciers qui voudraient vendre des produits étiquetés mauvais pour la santé, estime Sylvain Charlebois, de l’Université Dalhousie d'Halifax, qui rappelle que la viande hachée est une source de protéine animale peu chère et très appréciée des Canadiens, surtout pendant la période actuelle d'inflation.

Le Canada aurait été le premier pays au monde à adopter une telle politique pour les produits dans lesquels il n’y a qu’un seul ingrédient.

Un des risques pour l’industrie était de voir la baisse de leurs ventes. Pour Kirk Jackson, éleveur québécois au sud de Montréal, le gouvernement a pris une bonne décision pour nous et les citoyens car la viande a sa place dans une alimentation bien balancée et saine.

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