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Langue officielles : Blaine Higgs repousse l’échéancier qu’il s’était fixé

Les drapeaux du Canada, de l'Acadie et du Nouveau-Brunswick devant l'édifice de l'Assemblée législative

Fredericton remet à l'automne sa réponse aux recommandations du rapport sur la révision de la Loi sur les langues officielles.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Le premier ministre ne répondra pas au rapport sur la Loi sur les langues officielles avant l’automne.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a répété à plus d’une reprise depuis le mois d’avril qu’il s’engageait à répondre aux recommandations des commissaires Yvette Finn et John McLaughlin, contenues dans leur rapport Révision 2021 de la Loi sur les Langues officielles du Nouveau-Brunswick – Organisation, communication et engagement, au mois de juin.

Le 10 juin, il répétait encore cet engagement. Nous nous engageons à avoir une réponse ce mois-ci et nous le ferons, nous le ferons, avait-il répété.

Le premier ministre remet tout à l’automne

Blaine Higgs a attendu le tout dernier jour du mois de juin pour annoncer qu’il ne respecterait pas cet engagement.

En conférence de presse, il a expliqué que le dossier était complexe, et demandait plus de temps. Le premier ministre assure, toutefois, que cette décision ne signifie pas qu’il réserve de mauvaises surprises.

Le premier ministre Blaine Higgs parle au micro, devant les drapeaux du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, n'annoncera pas avant l'automne, au moins, ce qu'il compte faire des recommandations liées à la révision de la Loi sur les langues officielles.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Je tiens à assurer les francophones qu'il ne s'agit pas de réduction des droits, des obligations ou de respect de ceux-ci au nom de notre gouvernement, il s'agit de valoriser la culture bilingue, a-t-il expliqué.

Même si le rapport a été déposé il y a plus de six mois, le premier ministre n’a voulu donner aucune indication sur ses intentions.

Le seul élément qu’il a mentionné est l’importance, selon lui, de régler la question des tests de langue imposés aux candidats qui souhaitent occuper un poste bilingue dans la fonction publique.

Depuis de nombreuses années, des groupes anglophones, dont l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, ont critiqué ces tests, en disant qu’ils étaient trop difficiles, et qu’ils empêchaient des gens qui ne maîtrisent pas la seconde langue officielle d’obtenir des emplois. Ces tests, a souvent soutenu Kris Austin, l’ancien chef de l’Alliance et aujourd’hui député conservateur, ne sont pas justes.

Kris Austin se tient debout devant son véhicule de campagne.

Lorsqu'il était chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, aujourd'hui député conservateur sous Blaine Higgs, estimait que les tests linguistiques empêchaient des anglophones d'obtenir des postes dans la fonction publique.

Photo : Radio-Canada

Les tests linguistiques sont un [enjeu] que je mets au premier plan, car nous avons entendu maintes et maintes fois parlé du défi que représentent nos tests effectués par des personnes de l'extérieur de notre province plutôt que par des personnes de l'intérieur de la province, des tests qui ne sont pas liés à des emplois offerts, que ce soit le Nouveau-Brunswick francophone ou le Nouveau-Brunswick anglophone, a expliqué le premier ministre.

Il n’a toutefois pas précisé quels changements, précisément, il entendait adopter. Le ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale, Daniel Allain, a toutefois précisé qu’il y avait des questions de ressources humaines à régler.

Daniel Allain devant un micro.

Le ministre de la Gouvernance locale, Daniel Allain, le seul ministre francophone au Nouveau-Brunswick, approuve le report à l'automne de l'annonce sur la position du gouvernement en ce qui a trait aux langues officielles.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

J'appuie quand même qu’on prenne un peu plus de temps, s’il faut [...]. On travaille sur le dossier, pour faire sûr que, j’espère par l’automne, on a encore un meilleur produit, a-t-il dit.

Une nouvelle qui sème l’inquiétude

Par courriel, la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Shirley MacLean, a exprimé sa déception.

Shirley MacLean, pose, souriante.

La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Shirley MacLean, déplore la décision de Blaine Higgs de reporter à l'automne sa décision sur le sort réservé aux recommandations liées à la révision de la Loi sur les langues officielles.

Photo : CBC/Shane Magee

Je suis déçue de constater que le gouvernement n'est toujours pas en mesure de nous préciser ses intentions par rapport à la révision de la Loi sur les langues officielles, et ce plus de six mois après la conclusion du travail de consultation des commissaires Finn et McLaughlin. À quoi sert un processus de révision si le gouvernement ne fournit pas de réponse pour assurer que les recommandations résultant des consultations soient mises en œuvre en temps opportun? La Loi sur les langues officielles et les deux communautés linguistiques de notre province méritent mieux, estime la commissaire aux langues officielles.

« Faites-moi pas croire que ça prend six mois à analyser des recommandations et en donner suite. C’est clair que le bureau du premier ministre n’a pas ce dossier-là dans ses priorités. »

— Une citation de  Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick dénonce, elle aussi, la décision de Blaine Higgs de reporter à l’automne sa réponse à un rapport publié le 15 décembre 2021.

Alexandre Cédric Doucet au micro dans un studio de radio.

Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB, déplore le retard imposé par le premier ministre Higgs.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Il est clair qu’il y a un manque de leadership évident de la part du gouvernement provincial. Le dossier sur la révision de la Loi sur les langues officielles devrait être un dossier d’importance pour le gouvernement de la seule province officiellement bilingue au pays, et évidemment, on ne voit pas ça aujourd’hui, déplore Alexandre Cédric Doucet, le président de la SANB.

Que le premier ministre insiste surtout sur des enjeux comme les tests linguistiques pour obtenir un poste dans la fonction publique ne surprend pas Alexandre Cédric Doucet.

Ça a toujours été clair que le premier ministre est toujours plus préoccupé du bilinguisme chez les anglophones, que l’avancement des droits chez la communauté acadienne et francophone, et ça, ça démontre que le premier ministre a une conception que les Acadiens et francophones ne sont pas égaux au Nouveau-Brunswick, et ça envoie évidemment un message très négatif, selon le président de la SANB.

L’expert en droits constitutionnels et en droits linguistiques, Michel Doucet, s’inquiète de ce nouveau délai annoncé par Blaine Higgs.

Un homme en entrevue.

Michel Doucet, expert en droit constitutionnel et en droit linguistique, s'inquiète de l'attitude du gouvernement dans le dossier des langues officielles.

Photo : Radio-Canada

Ce que le premier ministre a dit aujourd’hui, à mon avis, c’est pas quelque chose pour apaiser mes craintes par rapport à l’avenir de la Loi sur les langues officielles, de l’impact sur le commissariat, et toutes ces choses-là, donc c’est très décevant, dit Michel Doucet.

Dès l’annonce par Fredericton de nouveau délai dans la réponse aux recommandations sur la révision de la Loi sur les langues officielles, la SANB a demandé une rencontre avec le bureau du premier ministre. Cette rencontre devrait se tenir à la fin du mois de juillet.

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