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Pénurie de cadavres à l’Université de la Colombie-Britannique, la science pâtit

Photo des pieds d'une personne allongée sur une table recouverte d'un drap, avec une étiquette au pied.

Plusieurs programmes d'études de l'Université de la Colombie-Britannique utilisent les corps donnés à la science dans leur formation, en plus de chirurgiens et de chercheurs.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les dons de cadavres à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) sont à la baisse depuis que le programme a rouvert pendant la pandémie, si bien que l'entraînement des étudiants et des chirurgiens est compromis.

L'UBC reçoit généralement entre 80 et 120 dons de cadavres par année. Or, en ce moment, elle n’en obtient que la moitié, affirme Ed Moore, professeur et directeur du département des sciences cellulaires et physiologiques de la Faculté de médecine de l’université.

Nous ne savons pas vraiment pourquoi. Nous pensons que c’est une conséquence de la pandémie, avance-t-il. Les gens ne réalisent peut-être pas que nous sommes de nouveau ouverts.

Chaque année pourtant, un millier d’étudiants de l'UBC utilisent les cadavres dans leur apprentissage en laboratoire, que ce soit dans les programmes de médecine, de médecine dentaire, d’ergothérapie ou d'ingénierie biomédicale, explique Ed Moore.

Des chirurgiens et des chercheurs utilisent également ces dons à la science pour apprendre de nouvelles techniques et tester de nouveaux matériaux.

Si les chirurgiens ont un cas difficile, qu’ils ne peuvent pas approcher de la manière habituelle, ils peuvent d’abord venir faire des essais [sur un cadavre] et ensuite utiliser ces techniques dans les salles d’opération, explique Ed Moore. Tout cela est réduit à cause du manque de dons, dit-il.

À terme, les médecins et les étudiants devront se rabattre sur des livres et des vidéos, et leur apprentissage sera bien différent, déplore Ed Moore. Ils ne peuvent pas recevoir la même expérience d’apprentissage. [...] Apprendre les procédures chirurgicales en disséquant des cadavres, ça transforme les étudiants.

Un don pour les prochaines générations

Pour pouvoir offrir un corps à la science, il faut que le défunt soit âgé de plus de 30 ans et soit acheminé dans les 72 heures suivant son décès. D’autres critères peuvent également entrer en jeu, comme listés sur le site du Programme de l'UBC. Certaines maladies infectieuses, comme le SIDA ou l'hépatite B et C sont par exemple rédhibitoires pour éviter de mettre à risque les étudiants et les médecins.

Si vous avez déjà pensé à donner votre corps, s'il vous plaît, réfléchissez-y. [...] Je peux vous assurer que chaque don sera utilisé pour entraîner le plus de personnes possible, affirme Edwin Moore. Ces dons auront un impact sur la santé et le bien-être de milliers de personnes pour les décennies à venir.

« C’est un cadeau remarquable à faire pour les prochaines générations.  »

— Une citation de  Edwin Moore, directeur, département des sciences cellulaires et physiologiques de la Faculté de médecine de l'UBC

L'UBC indique que dans le Grand Vancouver, les familles donatrices n'auront pas de frais, car le transport du défunt et sa crémation seront encaissés par l'Université. Hors de ce secteur, les coûts d'acheminement reviendront au descendant ou au plus proche parent.

Le programme de dons de la Faculté de médecine de l'UBC est opérationnel depuis 1950. Il a été fermé temporairement au début de la pandémie, puis il a accueilli un nombre limité de dons, avant de rouvrir complètement ses portes à la fin de l’été 2021.

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