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Québec n’ouvrira pas le stade olympique pour accueillir les demandeurs d’asile

Le gouvernement Legault dénonce le « laxisme » d’Ottawa au chemin Roxham.

Le stade olympique avec des migrants.

Durant l'été 2017, des centaines de demandeurs d'asile ont été hébergés au stade olympique de Montréal. Une scène que l'on ne revivra pas cette année.

Photo : Radio-Canada / Vincent Champagne

Ottawa doit gérer l'afflux de demandeurs d'asile et ce n'est pas à Québec d'augmenter ses ressources. C'est, en substance, ce que clame le gouvernement de François Legault.

Les capacités d'accueil du Québec avaient été clairement transmises à Ottawa, explique le ministre de l'Immigration, Jean Boulet, qui dénonce avec vigueur le laxisme du fédéral depuis la réouverture du chemin Roxham, en novembre dernier.

Cette petite route séparant la Montérégie et l'État de New York fait l'objet d'un vif débat politique depuis des années, particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir de François Legault, en 2018.

L'année précédente, durant l'été, après l'arrivée de milliers de migrants dans la foulée de l'élection de Donald Trump aux États-Unis, le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait ouvert le stade olympique de Montréal pour les accueillir.

Cette année, malgré l'afflux record de demandeurs d'asile, une telle solution n'est clairement pas souhaitée par Québec.

« [Ouvrir le stade olympique] n'est pas une option qui a fait l'objet d'une réflexion à ce stade-ci. On a bien fait comprendre à Ottawa que nos capacités d'hébergement sont limitées. »

— Une citation de  Jean Boulet, ministre de l'Immigration du Québec

Le gouvernement fédéral, clame Jean Boulet, n'assume pas complètement ses responsabilités.

Jean Boulet s'exprime debout à l'Assemblée nationale, en gesticulant de la main.

Aux yeux du ministre Jean Boulet, Ottawa n'assume pas ses responsabilités.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Comme l'a révélé Radio-Canada, le nombre de demandeurs d'asile franchissant à pied cette voie d'entrée irrégulière ne cesse d'augmenter. Chaque jour, des dizaines de familles, couples et enfants sont interceptés par la Gendarmerie royale du Canada.

En mai, 3449 personnes ont utilisé ce passage pour demander l'asile au Canada. En juin, selon nos informations, durant certaines journées, près de 200 migrants ont été arrêtés. Et les hébergements manquent.

Les 1200 lits financés par Québec sont actuellement tous occupés. Une situation quasi similaire dans la dizaine d'hôtels réservés par le gouvernement fédéral dans la région de Montréal.

On est rendu à un niveau où on va finir par être en contradiction avec la qualité de l’accueil de ces demandeurs d'asile. Je veux qu’on soit capables d’être à la hauteur de notre réputation en matière d’accueil humanitaire, dans le respect et la dignité, soutient le ministre Boulet, qui souhaite la mise en place de mécanismes de transfert [des demandeurs d'asile] vers d'autres provinces, comme l'Ontario, pour soulager les ressources québécoises.

Des roulottes devant une voie de service.

Ottawa a décidé d'installer de nouvelles roulottes, à proximité de la frontière canado-américaine, afin d'augmenter sa capacité d'accueil.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Face à cette situation, Ottawa a prévu d'installer, dans les prochaines semaines, de nouvelles roulottes au bord d'une voie de service, à proximité de la frontière et du chemin Roxham, pour héberger temporairement ces demandeurs d'asile, avant qu'ils rejoignent un autre logement.

La capacité d'accueil de ce site fédéral grimpera de 297 à 477 places.

Jean Boulet grimace en évoquant ces structures. Les conditions humaines vécues par ces migrants dans ces installations sont certainement discutables, lance-t-il, tout en déplorant les longs délais pour l'obtention d'un permis de travail.

Ces délais se sont allongés. Maintenant, les demandeurs d'asile doivent attendre au-delà d'une année, regrette le ministre Boulet.

Selon ce dernier, Ottawa doit également convaincre les États-Unis de moderniser l'Entente sur les tiers pays sûrs dans les meilleurs délais possibles. Celle-ci force les migrants qui ont mis les pieds sur le sol américain à faire leur demande d'asile aux États-Unis, sauf s'ils arrivent à rentrer au Canada par une voie irrégulière, comme le chemin Roxham.

Un tel projet a déjà été évoqué par Justin Trudeau depuis plusieurs mois, mais les négociations avec le cabinet de Joe Biden n'ont pas encore abouti.

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