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Des villégiateurs exaspérés par les travaux d’Hydro-Québec

Un chemin complètement inondé par les déversements d'Hydro-Québec.

Pour remplacer les cinq vannes, des déversements seront effectués d’avril à la mi-août chaque année jusqu’à la fin des travaux, prévue en 2026.

Photo : La Presse canadienne / Camille Lacroix

Radio-Canada

Hydro-Québec va remplacer cinq vannes de garde à la centrale Bersimis-2, située à 70 kilomètres au nord de Forestville. Ces travaux auront des répercussions sur une quarantaine de villégiateurs établis à proximité puisque des déversements auront lieu d’avril à la mi-août au cours des quatre prochaines années, ce qui leur coupera tout accès à leur chalet.

À quelques pas de l'évacuateur, un seul chemin, habituellement sec, permet aux villégiateurs d'accéder à leurs chalets. Toutefois, ceux-ci devront être patients puisque les déversements auront lieu chaque année jusqu'en 2026, ce qui inondera le passage actuel.

Un chemin complètement inondé par les déversements d'Hydro-Québec.

À l'heure actuelle, le chemin qui permet aux villégiateurs d'accéder à leurs chalets est complètement inondé.

Photo : La Presse canadienne / Camille Lacroix

Pour les habitués du secteur, il s’agit d’un véritable problème. Henri-Paul Deschênes possède un chalet dans le secteur de la centrale Bersimis-2 depuis 31 ans. À la retraite depuis 12 ans, il passe plusieurs mois par année dans les bois. Il explique que les déversements posent un problème majeur lorsqu'il s'agit d'accomplir plusieurs tâches quotidiennes. C’est sûr que c’est un désagrément. Par exemple, ce matin, j’avais des prélèvements à l’hôpital et j’ai dû partir du chalet à 6 h pour être à 9 h à Forestville. En ce moment, ça prend trois heures pour se rendre à Forestville, mais ça prend une heure d'habitude, explique M. Deschênes.

Il ajoute qu’il doit même mettre son épicerie dans un sac à dos pour réussir à la transporter jusqu’à son chalet.

Les villégiateurs Steeven Tremblay (à gauche) et Henri-Paul Deschênes (à droite) sourient côte à côte.

Les villégiateurs Steeven Tremblay (à gauche) et Henri-Paul Deschênes (à droite) séjournent toujours dans leurs chalets malgré les risques.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Un autre villégiateur, Steeven Tremblay, continue de se rendre à son chalet malgré les risques. Maintenant, on essaye de s'organiser avec la rivière. On le sait qu’on va avoir 20 minutes de chaloupe, mais le problème, c’est qu’on peut monter la semaine suivante et que ça peut prendre une heure et demie. On le sait qu’on s’est risqués, mais on prend la chance, précise M. Tremblay.

Un petit chalet de chasse et de pêche en forêt.

Le chalet de Steeven Tremblay a été la proie des flammes en 2018 et son propriétaire peine à le reconstruire en raison des déversements.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Steeven Tremblay

Il indique qu’il est difficile de prévoir puisque le débit d'eau varie régulièrement.

Les travaux

Pendant le remplacement complet de chacune des cinq vannes de la centrale, l’eau doit complètement cesser d'y circuler. La crue du réservoir doit donc être déversée par l’évacuateur. Les vannes doivent être changées en raison de leur usure et de leur âge, explique Mathieu Pelletier, chef de projets et production pour Hydro-Québec. Présentement, les vannes de garde qu’on a en place ont été mises en service en 1959. On observe plusieurs problèmes pour ce qui est de l’exploitation, plusieurs problèmes aussi pour ce qui est de la maintenance, parce qu’il y a certaines opérations qu’on n’est plus capables de faire avec certaines vannes, déclare-t-il.

Un employé d'Hydro-Québec en plein travail.

Les travailleurs d'Hydro-Québec répareront une vanne de garde par année.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Des villégiateurs souhaitent qu’Hydro-Québec prenne les devants et trouve une solution aux problèmes liés aux travaux. Ils proposent notamment de construire un pont ou d'instaurer un horaire pour les déversements.

« On a essayé cette année de demander de baisser le débit. On peut faire des compromis, on peut commencer une fois par semaine ou même une fois par mois un samedi ou un dimanche pour qu’on puisse traverser du matériel ou s’approvisionner en produits essentiels. Ça a été refusé ça aussi. »

— Une citation de  Steeven Tremblay, villégiateur
La conseillère en relations avec le milieu pour Hydro-Québec, Andréanne Jean (à gauche), et le chef de projets et production pour Hydro-Québec, Mathieu Pelletier (à droite), en vêtements de travail d'Hydro-Québec.

La conseillère en relations avec le milieu pour Hydro-Québec, Andréanne Jean (à gauche), et le chef de projets et production pour Hydro-Québec, Mathieu Pelletier, expliquent que les travaux s'échelonneront sur cinq ans.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Pour Andréanne Jean, conseillère en relations avec le milieu pour Hydro-Québec, tout est une question de sécurité. En ce moment, ce qu’on leur dit, c’est qu’en raison de la nature des travaux, qui nécessitent un arrêt de la centrale, la circulation sur le chemin en aval de l’évacuateur de crue n'est malheureusement pas possible, annonce-t-elle.

Les villégiateurs refusent d’abandonner et de déménager. Non non et non! C’est un coin de pays que j’aime et ça fait plus de 30 ans que je suis ici. Alors je connais le pays. Je connais le territoire et je reste, conclut Henri-Paul Deschênes.

Avec les informations de Camille Lacroix

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