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Des paniers bios moins populaires en Estrie

Caroline Poirier récolte des légumes dans son champs.

La copropriétaire de la ferme Croque-Saisons à Lingwick, Caroline Poirier.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Radio-Canada

Des producteurs maraîchers risquent de se retrouver avec des récoltes en trop cet été. Certains notent une baisse de popularité de leurs paniers bio, malgré des investissements massifs pour répondre à la demande des dernières années.

Certains membres du Réseau des fermiers et fermières de famille enregistrent une diminution des abonnements allant jusqu'à 40 % cet été comparativement aux années précédentes. Dans l’ensemble du réseau, le retard est d’environ 12 % en moyenne.

Une situation qui a des échos auprès de Caroline Poirier de la ferme Croque-Saisons à Lingwick. L’an dernier, on faisait 380 paniers par semaine dans la région de Sherbrooke. Cette année, on espérait en faire 420, puis là on est bloqués à 355. C’est même un petit recul par rapport à 2021, se désole-t-elle.

« Après avoir aidé les gens à passer à travers la pandémie, on se sent un peu délaissés. »

— Une citation de  David Whiteside, propriétaire des Jardins de la Marmotte

Pour Caroline Poirier, ce désintérêt a un impact direct sur les finances de sa ferme.

Pour sa part, David Whiteside des Jardins de la Marmotte craint de se retrouver avec des légumes en trop. Je fais une surproduction de légumes parce que j'avais planifié la production pour nourrir 120 familles par semaine et j’en ai juste 72, mentionne-t-il.

Un engouement durant la pandémie

Pourtant, entre 2019 et 2021, la demande a augmenté de plus de 50 % auprès de ces producteurs, selon la Coopérative pour l'agriculture de proximité écologique (CAPÉ) qui chapeaute le Réseau des fermiers et fermières de famille.

Après la sécheresse, qui a causé bien des maux de tête aux maraîchers l'an dernier, le retour des voyages et l'inflation semblent mettre des bâtons dans les roues de ces producteurs. Nous, ce qu’on voit, c’est que les gens partent beaucoup cette année, ils voyagent beaucoup, ce qui représente un coût. Ils ont la perception qu’ils ne peuvent pas s’engager pour un panier bio pour la saison malgré le fait que presque toutes les fermes offrent de la flexibilité au niveau du calendrier de livraison des paniers, analyse Caroline Poirier.

« Je pense qu’il y a aussi l’incertitude économique qui fait que les gens ont l’impression qu'acheter un panier bio, c’est un luxe dans lequel ils peuvent couper, alors que nous, en ce moment, on a la perception qu’au contraire on est plus compétitif que jamais au niveau des prix. »

— Une citation de  Caroline Poirier, copropriétaire de la ferme Croque-Saisons

Le prix des paniers bio est garanti et n'augmente pas durant la saison, tient à rectifier la présidente de la CAPE, Émilie Viau-Drouin. Une fois qu’on a payé son panier, les légumes vont rester au même prix, donc sont à l’abri de l’inflation.

La CAPE souhaite que le gouvernement mette sur pied un programme pour soutenir l'agriculture de proximité, à l’image du Programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles.

Caroline Poirier voudrait, quant à elle, plus d’incitatifs de la part du provincial. Par exemple, un crédit d'impôt lié à l’achat direct à la ferme, propose-t-elle. On l’a vu quand le gouvernement crée des incitatifs, ne serait-ce que sous la forme du message "Achetez local" lancé en 2020, ça a un impact majeur sur les ventes.

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