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Une campagne d’échantillonnage de plomb dans l’eau en branle à Sherbrooke

De l'eau coule d'un robinet d'un évier de cuisine dans un verre.

Santé Canada a récemment fait passer de 10 à 5 microgrammes par litre la concentration maximale de plomb dans l’eau potable.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Sherbrooke prépare une campagne d'échantillonnage de plomb dans l'eau potable. Au cours des derniers jours, plusieurs citoyens ont reçu des dépliants de la Ville leur demandant d’y participer.

Les bâtiments construits avant 1980, qui pourraient contenir des entrées de service ou des éléments de plomberie en plomb, sont ciblés par cette initiative.

C’est plutôt à cette époque qu’on a utilisé de la robinetterie ou des entrées de service en plomb lors de la construction des réseaux d’aqueduc ou des résidences, explique le chef de division des eaux de la Ville de Sherbrooke, Jean-Pierre Fortier. Ce n’est seulement qu’en 1979-1980 qu’on a eu des règlements qui ont interdit la mise en place de ces éléments-là dans la plomberie.

« On parle de 24 000 bâtiments sur les 51 000 de la ville de Sherbrooke. Ça fait quand même une sollicitation importante de la population pour ces travaux-là. »

— Une citation de  Jean-Pierre Fortier, chef de division des eaux, Ville de Sherbrooke

Les personnes qui souhaitent s'inscrire peuvent le faire par téléphone ou en ligne sur le site web de la Ville. Des employés municipaux vont ensuite déterminer si l'échantillon recueilli dépasse cinq microgrammes de plomb par litre.

Si on est au-delà de la norme, les équipes prennent le dossier en main de façon plus approfondie afin de déterminer où pourraient se situer les éléments en plomb qui causent la problématique. [...] À partir de là, on détermine si les travaux doivent être faits du côté public ou privé, mentionne M. Fortier.

Un citoyen rencontré au hasard par Radio-Canada jeudi s'est dit impressionné par l'initiative de la Ville. Je trouve ça bien positif de recevoir une lettre qui dit qu’ils vont vérifier le teneur en plomb. Bravo, c’est une bonne idée, indique-t-il.

Des effets à long terme

D'après Jean-Pierre Fortier, ce sont surtout les femmes enceintes et les enfants de moins de six ans qui sont exposés à des risques à long terme. Ce n’est pas de boire un petit peu d’eau avec du plomb qui va être problématique, mais à long terme ça peut créer des problèmes chez ces types de personnes, soutient-il.

Il n’y a pas de niveau d’exposition au plomb qui est sans impact. Chaque fois qu’on est exposé un peu plus au plomb, on a un peu plus d’impact. Les impacts les plus probants et inquiétants sont vraiment dans le développement intellectuel des jeunes enfants, mais il y a aussi toute une série d’impacts sur la santé, même pour les adultes, ajoute le professeur en chimie environnementale à l'Université de Montréal Sébastien Sauvé.

Le plomb peut aussi s'ajouter aux autres contaminants auxquels il est possible d’être exposé au quotidien.

« On sait que dans certains cas, ça s’additionne et se multiplie. Il faut être particulièrement vigilant et minimiser à tout le moins les expositions de contaminants qu’on peut contrôler et qu’on peut minimiser. »

— Une citation de  Sébastien Sauvé, professeur en chimie environnementale à l'Université de Montréal

Comment savoir si son entrée de service est en plomb? Le chef de division des eaux de la Ville conseille aux Sherbrookois d’aller faire un tour dans leur sous-sol pour voir l'arrivée du tuyau dans le bâtiment. Souvent, c’est là qu’on va voir si c’est en cuivre ou un autre matériel. Si c’est en plomb, en général, on va observer un matériel qui est plus gris mat, qui ne résonne pas quand on le cogne et puis aussi qui s’égratigne sans toutefois donner un éclat métallique comme on verrait avec du cuivre ou d’autres types de conduites, indique Jean-Pierre Fortier.

Quant aux propriétaires de puits artésiens, il est de leur responsabilité de faire tester leur eau. Une récente enquête du Conseil de gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF) montre que des métaux lourds comme l’arsenic et le manganèse sont présents dans de nombreux puits de la région.

On évalue à 40 % des puits qui ont été échantillonnés qui ont un dépassement de critères pour l’arsenic entre autres. C’est important de vérifier. Ce sont des contaminants qu’on ne goûte pas, qu’on ne sent pas, on ne sera pas malade directement quand on boit cette eau-là, mais à long terme, ça peut avoir des effets, il peut y avoir des impacts sur la santé assez importants, souligne la directrice de projets du COGESAF Julie Grenier.

La campagne se déroulera du 1er juillet au 1er octobre prochain.

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