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Risque accru de cancers du poumon à Rouyn-Noranda : un dépistage réclamé

« On ne devrait pas avoir de cancer causé par son code postal », dénonce un groupe de défense des malades.

Vue sur la fonderie Horne à partir de quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda.

Dans le quartier Notre-Dame, proche de la Fonderie Horne, un résident meurt en moyenne 5 ans plus tôt que le reste des Québécois et les bébés y naissent plus petits que la moyenne.

Photo : Radio-Canada

L'opposition officielle et la Coalition Priorité Cancer au Québec réclament le dépistage du cancer du poumon chez les résidents du quartier Notre-Dame, proche de la Fonderie Horne. Les craintes de la population et de la santé publique locale sont confirmées par une nouvelle étude au sujet des risques accrus causés par l'arsenic dans l'air.

Le directeur national de santé publique du Québec, Luc Boileau, doit se rendre à Rouyn-Noranda la semaine prochaine pour répondre aux préoccupations de la population et participer au dévoilement de l'étude, très attendue, de l'Institut national de santé publique (INSPQ).

Selon des sources qui ont eu accès à l’étude, les résultats confirment que l’arsenic cause un risque plus élevé de cancer du poumon dans le quartier Notre-Dame, proche de la Fonderie Horne.

C’est déjà ce que suggérait l’annexe d’un rapport de 2019, mais cette partie du document avait été retirée à la demande de l’ancien directeur national de santé publique Horacio Arruda.

Ces révélations de Radio-Canada ont choqué et accentué les inquiétudes à Rouyn-Noranda.

Le gouvernement n’a rien fait depuis trois ans, sauf cacher l’annexe, dénonce le porte-parole libéral en matière de santé, Monsef Derraji. Nous avons perdu trois ans.

« Il faut que quelqu’un paie pour le cafouillage, mais il faut aussi que le gouvernement agisse très rapidement. On ne doit pas tolérer les mêmes émissions [d'arsenic]. »

— Une citation de  Monsef Derraji, député du Parti libéral du Québec et porte-parole en santé

L' opposition officielle réclame un accompagnement des résidents du quartier Notre-Dame et que les autorités lancent une campagne de dépistage, en commençant par une cohorte du secteur.

La Coalition Priorité Cancer au Québec demande aussi un dépistage. On ne peut pas attendre des semaines ou des mois, exhorte la directrice générale, Eva Villalba.

Elle regrette l'attente durant trois ans : Si on savait qu’il y a plus de cas de cancer du poumon à Rouyn-Noranda qu’ailleurs, alors on avait le devoir d’agir.

Baisse des émissions d'arsenic réclamée

D’accord, on va avoir des chiffres sur la prévalence [du cancer], très bien, but so what, qu’est-ce qu’on va faire maintenant? demande Eva Villalba.

Elle demande à Québec d'imiter d'autres pays, comme la France, et de se doter d'un plan, avec des objectifs de réduction du cancer qui incluent des normes environnementales.

« On ne devrait pas avoir de cancer de gens qui ne fument pas, causé juste par le code postal où ils habitent. »

— Une citation de  Eva Villalba, directrice générale de la Coalition Priorité Cancer au Québec

C'est très troublant, réagit la députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien. Elle reproche au gouvernement de n'avoir jamais sorti les dents avec Glencore, la multinationale propriétaire de la fonderie.

Qu'est-ce que va faire la CAQ pour regagner la confiance des gens de Rouyn-Noranda? demande-t-elle. Son chef, Gabriel Nadeau-Dubois, promet, si son parti est élu, d'imposer la même norme de qualité de l'air [...] que partout au Québec.

Le double rôle du directeur national de santé publique

Pour le Parti québécois, il s’agit d’une autre preuve que la santé publique nationale n’est pas indépendante au Québec.

Où résidait l’intérêt de docteur Arruda de ne pas donner l’information, de la retenir, de ne pas la divulguer ? C’est problématique et sous ce gouvernement on dirait que la santé publique est une extension du politique, explique le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, qui rappelle avoir proposé en mai 2020  de séparer les fonctions de directeur national de santé publique et de sous-ministre.

Le Dr Boileau qui s’en va dans votre région sous peu est exactement dans la même situation , explique-t-il.

Un droit de polluer au-delà des normes québécoises

La Fonderie Horne bénéficie d’une autorisation du ministère de l’Environnement pour émettre jusqu’à 100 nanogrammes d’arsenic par mètre cube dans l’air, alors que la norme québécoise est de 3. C'est 33 fois plus.

Il s’agit en quelque sorte d’une clause de droits acquis, puisque l’usine était en exploitation bien avant la mise en place de la norme. Cette entente arrive toutefois à échéance en novembre.

Des études de la santé publique ont déjà démontré que, dans le quartier Notre-Dame, un résident meurt en moyenne 5 ans plus tôt que le reste des Québécois et les bébés y naissent plus petits que la moyenne.

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